Madrépore-coupe

Polycyathus muellerae | (Abel, 1959)

N° 2743

Méditerranée, Atlantique Nord Est

Clé d'identification

Polypiérites circulaires jamais ramifiés de 6 mm de diamètre
Cavité sombre au centre du calice
Septes de taille plus ou moins régulière
Tentacules de 3-4 mm de long avec de petites verrues blanches

Noms

Noms communs internationaux

Madrepora di Muller (I)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Cladocora cespitosa mülleri Abel, 1959
Polycyathus banyulensis Best, 1968
Polycyathus mediterraneus Best, 1968

Distribution géographique

Méditerranée, Atlantique Nord Est

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Polycyathus muellerae est présent dans toute la Méditerranée et dans l'Atlantique proche, comme au Portugal et en France dans le golfe de Gascogne et en Bretagne. La présence à Madère et aux îles Canaries est encore sujette à confirmation.

Biotope

Polycyathus muellerae est une espèce sciaphile*, que l'on rencontre dans les grottes et les surplombs où les colonies peuvent couvrir plusieurs mètres carrés, de quelques mètres à 30 m de profondeur.

Description

Polycyathus muellerae est un madrépore colonial formé de polypiérites* cylindriques courts reliés par une lame basale encroûtante. Le diamètre des polypiérites est de 6 mm pour une hauteur de 10 mm. Le bourgeonnement se fait au niveau de la lame basale et il n'y a donc pas de colonie ramifiée. Souvent, les polypes sont espacés, ont perdu tout contact les uns avec les autres et la lame basale les reliant est envahie par d'autres organismes. La colonie apparaît alors comme un tapis de polypes solitaires, mais même s'ils ne sont plus liés, il s'agit bien d'une colonie formée à partir d'un seul individu. Les polypiérites ont des côtes peu marquées et sont de couleur brunâtre. Les calices* présentent jusqu'à 4 cycles de 48 septes* disposés régulièrement ne rejoignant pas le centre du polype. Cela se traduit par la présence d'une cavité au centre du calice très marquée. Le bord des septes comporte de nombreuses petites dents.
La coloration des polypes varie du brun dans les zones les plus éclairées à transparent au fond des grottes.
Les tentacules mesurent de 3 à 4 mm. Il sont translucides avec de petites verrues blanches et terminés par une petite boule blanche.

Espèces ressemblantes

Phyllangia mouchezii : diamètre plus large (10 mm contre 6 mm), tentacules plus longs (10 mm contre 3-4 mm), polypiérites souvent ramifiés, milieu du calice occupé par une columelle claire conique au lieu d'une cavité sombre. Phyllangia mouchezii affectionne plutôt les parois verticales alors que Polycyathus muellerae se rencontre préférentiellement au plafond des grottes.

Caryophyllia sp. : les espèces de ce genre sont très difficiles à différencier. Contrairement à Phyllangia mouchezii, ce sont des madrépores solitaires. Les septes du 1er et 2ème tour, soit 12 au total, sont de même taille, arrondis, blancs et plus développés que les autres.

Hoplangia durothrix : diamètre plus petit (< 6 mm), les colonies ont souvent une forme plus ou moins sphérique et les tentacules sont plus courts.

Cladocora caespitosa : colonies souvent de forme massive pouvant atteindre 50 cm. Présence d'algues symbiotiques (zooxanthelles*) dans les tissus ce qui explique que c'est une espèce photophile* que l'on ne trouvera pas dans les grottes ou sous les surplombs.

Alimentation

Il n'y a pas de donnée sur la nutrition de Polycyatus muellerae, mais il doit se nourrir de petites proies apportées par le courant et qui sont capturées par les tentacules des polypes. Les proies sont paralysées par le venin des cnidoblastes*, cellules urticantes présentes sur les tentacules.

Reproduction - Multiplication

Polycyathus muellerae est un madrépore colonial. La reproduction asexuée se fait uniquement par bourgeonnement à partir de la lame basale encroûtante. Les polypes sont séparés les uns des autres et peuvent même perdre le contact entre eux chez les colonies âgées où la lame basale disparaît.
La reproduction sexuée n'a jamais été étudiée, mais il semblerait logique qu'elle puisse exister et cela serait conforté par le fait qu'il existe des colonies isolées sur une vaste aire géographique.

Vie associée

Il n'y a pas de zooxanthelle symbiotique chez cette espèce.
Polycyathus muellerae peut être parasité par de petits crustacés cirripèdes Boscia angelicum.

Origine des noms

Origine du nom français

Madrépore-coupe est une proposition du site DORIS. Ce nom dérive directement du nom scientifique de genre et fait référence à chaque polype dont la forme, avec sa cavité centrale sombre, rappelle celle d'une coupe.

Origine du nom scientifique

Polycyathus : du grec [polus] = plusieurs, beaucoup et du grec [cyatos] = coupe, verre. La colonie ressemble à de nombreuses petites coupes posées sur le substrat.

muellerae : en référence à Müller. Il existe de nombreux Müller dont le nom fût utilisé pour nommer des espèces, mais dans le cas de Polycyathus muellerae, l'information manque.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Cnidaria Cnidaires

Organismes aquatiques (marins pour la plupart) libres ou fixés, carnivores, principalement à symétrie radiaire, caractérisés par des cellules urticantes : les cnidocytes. Deux morphologies principales : le polype et la méduse. La larve est une planula.

Classe Anthozoa Anthozoaires Cnidaires exclusivement marins, solitaires ou coloniaux, uniquement sous la forme polype (jamais de phase méduse dans le cycle de vie).
Sous-classe Hexacorallia / Zoantharia Hexacoralliaires / Zoanthaires Anthozoaires coloniaux ou solitaires, tentacules lisses, polypes à symétrie d’ordre 6.
Ordre Scleractinia Scléractiniaires / Madréporaires Hexacoralliaires coloniaux (quelques espèces solitaires) produisant un exosquelette calcaire abritant de petits polypes.
Sous-ordre Caryophylliina Caryophylliinés
Famille Caryophylliidae Caryophylliidés
Genre Polycyathus
Espèce muellerae

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