Poisson-clown rose

Amphiprion perideraion | Bleeker, 1855

N° 2171

Océan Indien Est et Pacifique Ouest

Clé d'identification

Petit poisson-clown rose-orangé, ne dépassant pas 8 cm de long
Une bande blanche le long de la ligne du dos, du sommet de la tête jusqu’à la nageoire caudale
Une étroite bande blanche latérale de part et d’autre de la tête

Noms

Autres noms communs français

Amphiprion à collier

Noms communs internationaux

Pink anemonefish, pink skunk clown, false skunk striped clown, salmon clownfish, white-maned anemonefish (GB), Pesce pagliaccio rosa (I), Pez payaso rosado (E), Weisstirnanemonenfisch, Halsband-Anemonenfisch (D), Halsbandanemoonvis (NL), Halsbånd-klovnfisk (Danemark), Vitpannad clownfisk (Suède), Amfiprion zloty (Pologne), Rausvasis skunkinis jūrų klounas (Lituanie), Клоун розовый (Russie), Hanabira-kumanomi (Japon)

Synonymes du nom scientifique actuel

Amphiprion perideraeus Bleeker, 1855
Amphiprion peridaeraion (Bleeker, 1855)
Prochilus perideraion (Bleeker, 1855)
Amphiprion rosenbergi Bleeker, 1859
Amphiprion rosenbergii Bleeker, 1859
Prochilus rosenbergi (Bleeker, 1859)
Amphiprion amamiensis Mori, 1966

Distribution géographique

Océan Indien Est et Pacifique Ouest

Zones DORIS : ● Indo-Pacifique

On peut rencontrer Amphiprion perideraion dans l’est de l’océan Indien et l’ouest du Pacifique, depuis la Thaïlande et les îles Cocos (Keeling) aux îles Samoa, en passant par la Nouvelle-Calédonie et Wallis et Futuna. La limite nord-sud va des îles Ryükyü (Japon) à la Grande Barrière de Corail.

Biotope

Le poisson-clown rose vit dans les lagons et le long des pentes externes des récifs coralliens exposées à la houle, entre 3 et 30 m de profondeur. Il est toujours associé à une grande anémone (voir Reproduction et Vie associée, ci-dessous), qui héberge en général un couple reproducteur et 3 à 5 petits mâles immatures.

Description

Comme son nom l’indique il s’agit d’un poisson-clown de couleur rose-orangé, avec une étroite bande blanche latérale (moins large que l’œil) de part et d’autre de la tête et une autre le long de la ligne du dos, du sommet de la tête jusqu’à la nageoire caudale.
Le museau est souvent pâle et les nageoires transparentes, sauf la caudale qui est blanche.
C’est la plus petite espèce du complexe des poissons-clowns mouffettes : A. perideraion ne dépasse pas 8 cm de longueur, le mâle mature étant un peu plus petit que la femelle. Les mâles de plus de 35 mm de long présentent une fine marge orange le long de la partie postérieure de la nageoire dorsale et des bords supérieur et inférieur de la nageoire caudale.

Alors que les juvéniles de poissons-clowns sont souvent difficiles à identifier, ceux d’Amphiprion perideraion, comme des autres espèces du complexe des poissons-clowns mouffettes (voir Informations complémentaires, ci-dessous) le sont plus facilement, car leur robe ressemble généralement à celle des adultes.

Espèces ressemblantes

Amphiprion perideraion est très proche du poisson-clown des Maldives Amphiprion nigripes (Maldives et Sri Lanka), qui est cependant d’une teinte plus rouge avec le ventre noir et les nageoires pelviennes et anale noires. Il n’a pas de bande blanche dorsale.

Présent en Mélanésie, A. leukokranos présente des barres latérales plus épaisses et une barre sur la tête beaucoup plus large et courte, généralement en forme de goutte, n’atteignant pas l’avant de la nageoire dorsale.

A. akallopisos et A. sandaracinos ont une barre dorsale mais pas de barres latérales.

Alimentation

Rapidement après l’éclosion, les larves* d’Amphiprion perideraion ont une vision binoculaire et une acuité visuelle suffisantes pour chasser le zooplancton*.
Les adultes sont omnivores, se nourrissant principalement d’algues benthiques* ou planctoniques* (diatomées, Derbesia, Dictyota, Hypnea, Polysiphonia, Schizothrix), de zooplancton (copépodes, larves de tuniciers), de petits invertébrés benthiques (vers, larves de gastéropodes) ainsi que... d’œufs d’amphiprions !
Ils possèdent 30 à 38 dents incisiformes* par mâchoire, très rapprochées les unes des autres.

Reproduction - Multiplication

Comme tous les poisson-clowns, Amphiprion perideraion est hermaphrodite* protandre* et monogame. Chez cette espèce, le mâle reproducteur n’est pas beaucoup plus petit que la femelle, alors que chez la plupart des poissons-clowns cette différence de taille est importante. Tous les autres poissons sont des mâles subadultes immatures, plus petits mais pas forcément plus jeunes : ce statut social inférieur inhibe fortement leur croissance. La hiérarchie entre mâles est maintenue par la relation croissante entre taille et agressivité, le mâle reproducteur harcelant en permanence les mâles immatures. Si la femelle meurt, le mâle reproducteur (qui conserve des ébauches d’organes génitaux femelles) se transforme en femelle et le mâle immature le plus grand devient mâle reproducteur.
Lors d’une étude après un cyclone à Okinawa (Japon), on a observé que contrairement à Amphiprion clarkii et A. frenatus, les poissons-clowns roses qui ont perdu leur conjoint ne vont jamais en chercher un nouveau dans une autre anémone. Cela peut s’expliquer par les faibles différences de tailles entre la femelle et le mâle mature d’une part, et entre le mâle mature et le plus grand mâle immature d’autre part, qui font que le changement de sexe et la maturation sexuelle sont plus rapides chez le poisson-clown rose que chez les deux autres espèces.

Amphiprion perideraion
peut pondre toute l’année, en moyenne une fois par mois, le plus souvent dans les six jours qui précèdent la pleine lune. Le mâle prépare un ou plusieurs sites de ponte en nettoyant une petite surface de roche à proximité de l’anémone, où la femelle dépose ses œufs. Une femelle peut pondre entre 300 et 700 œufs d’environ 1 mm de diamètre, de couleur rose les premiers jours puis argentés en fin d’incubation. La durée d’incubation dépend de la température : 6 à 7 jours à 27 °C, 10 jours ou plus à 23-25 °C. Le mâle prend grand soin des œufs qu’il nettoie régulièrement et protège des éventuels prédateurs.
Après l’éclosion, qui a généralement lieu pendant la nuit, les larves dérivent dans le plancton jusqu’à ce que les alevins soient suffisamment âgés pour rejoindre une anémone et commencer la lente ascension de l’échelle hiérarchique.

Vie associée

Le poisson-clown rose vit toujours en association étroite (mutualisme) avec une grande anémone, le plus souvent Heteractis magnifica, mais aussi H. crispa, Stichodactyla gigantea ou Macrodactyla doreensis, dont il ne s’éloigne jamais à plus de 50 cm. Le poisson-clown s’immunise contre les cellules urticantes de l’anémone en se frottant progressivement contre les tentacules de l’anémone dès la fin du stade larvaire. Il ne s’agit pas d’une protection liée au système immunitaire du poisson mais plutôt à un changement de composition du mucus, qui contient moins de protides et davantage de glucides complexes, limitant la décharge des nématocystes* de l’anémone.

Le poisson-clown utilise l’anémone comme une barrière protectrice face à des prédateurs potentiels. Réciproquement, le poisson-clown protège les anémones des agressions de la part des poissons-anges, des poissons-papillons et des balistes, qui sont amateurs de tentacules d’anémones.
Les poissons-clowns consomment également leur nourriture au sein des tentacules, et l'anémone, carnivore (même si beaucoup hébergent aussi des algues symbiotiques), peut profiter des restes de ces repas. Enfin, les mouvements du poisson-clown pourraient favoriser l’élimination du mucus produit en permanence par l’anémone.

Amphiprion perideraion
partage parfois son anémone avec d’autres espèces de poissons-clowns, comme A. clarkii ou A. akallopisos.
Une étude menée à Okinawa a montré qu'A. perideraion peut cohabiter avec A. clarkii dans l’anémone Heteractis crispa. Le poisson-clown de Clark étant plus gros et plus agressif, seuls les poissons-clowns roses immatures sont tolérés dans la même anémone. Après quelques années certains poissons-clowns roses peuvent toutefois évoluer sexuellement (le plus grand devenant femelle), mais ils ne pourront se reproduire que quand les poissons-clowns de Clark seront morts ou auront changé d’anémone.

Des parasites externes ont été trouvés sur des poissons-clowns roses de la Grande Barrière de Corail en Australie : les vers plathelminthes digènes Hysterolecitha nahaensis et Thulinia microrchis (Hemiuroidés), ainsi que Schickhobalotrema pomacentri (Haplosplanchnidés).

Divers biologie

Les Amphiprions possèdent une particularité partagée par certains groupes de poissons : la capacité d’émettre des sons. Ces sons sont produits par un mouvement de tête vers l’arrière, qui entraîne d’abord une ouverture de la bouche puis un recul de la langue et la fermeture très rapide de la bouche. Le son est produit par le choc des dents de la mâchoire inférieure contre celles de la mâchoire supérieure.
Chez Amphiprion perideraion, les sons produits peuvent aussi bien être associés à des comportements d’agression que de soumission. On n’en connait à ce jour qu’un seul type : des bordées de 3 à 15 « clics » d'une durée moyenne de 35 à 45 ms chacun et d’une fréquence maximale d’un peu moins de 1000 Hz.

Le poisson-clown rose attaque rarement d’autres espèces, à l’exception notable des jeunes demoiselles à trois points Dascyllus trimaculatus. Les agressions intraspécifiques sont en revanche fréquentes et parfois violentes, peut-être pour compenser les faibles différences de tailles entre individus. Très ritualisées, elles ne provoquent cependant jamais de blessures : le dominé adopte rapidement une posture de soumission en présentant son dos, tête vers le bas, ce qui interrompt aussitôt les hostilités.

Informations complémentaires

Dans l’ancienne classification des poissons-clowns, Amphiprion perideraion faisait partie du sous-genre Phalerebus. Suivant la nouvelle classification en 5 complexes, il fait partie du complexe des clowns-mouffettes (en anglais « skunk complex » ou « akallopisos complex »), comprenant également A. akallopisos, A. leucokranos, A. nigripes, A. sandaracinos, A. thiellei et A. pacificus.

Le poisson-clown rose est assez rare en aquarium et sa reproduction réputée difficile. Des individus conservés à l’aquarium de Nancy ont cependant vécu plus de vingt ans.

Origine des noms

Origine du nom français

Poisson-clown rose : du fait de sa coloration générale.
Amphiprion à collier : traduction du nom scientifique.

Origine du nom scientifique

Amphiprion : du grec [amphi] = des deux côtés et [prion] = scie, en référence aux pointes présentes sur le bord des opercules (N.B. : Pomacentridés = « opercules épineux ») ;

perideraion : du grec [peri] = autour et [deraion] = collier, en raison des fines bandes blanches latérales entourant la tête.

Classification

Numéro d'entrée WoRMS : 278403

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Super classe Osteichthyes Ostéichthyens Vertébrés à squelette osseux.
Classe Actinopterygii Actinoptérygiens Ossification du crâne ou du squelette tout entier. Poissons épineux ou à nageoires rayonnées.
Sous-classe Neopterygii Teleostei Néoptérygiens Téléostéens Poissons à arêtes osseuses, présence d’un opercule, écailles minces et imbriquées.
Super ordre Acanthopterygii Acanthoptérygiens Rayons épineux aux nageoires, écailles cycloïdes ou cténoïdes, présence d'une vessie gazeuse et pelviennes thoraciques ou jugulaires, sans être systématiquement présents, sont des caractères que l'on ne rencontre que chez les Acanthoptérygiens.
Ordre Perciformes Perciformes Nageoires pelviennes très rapprochées des nageoires pectorales.
Sous-ordre Labroidei Labroïdes Une seule dorsale, dents molariformes formant un puissant appareil masticatoire.
Famille Pomacentridae Pomacentridés
Genre Amphiprion
Espèce perideraion

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