Roseau

Phragmites australis | (Cav.) Steud.

N° 446

Cosmopolite

Clé d'identification

Tige très grande et dressée
Feuilles grandes et pointues, perpendiculaires à la tige, nervures parallèles
Inflorescence en forme de plumeau

Noms

Autres noms communs français

Phragmite, grand jonc, roseau à balai, canne à balais, roseau commun

Noms communs internationaux

Common reed, reedgrass (GB), Cannuccia d'acqua, cannuccia palustre (I), Carrizo, canyís, cañete, senill (E), Gewöhnliches Schilf, Schilf, Schilfrohr (D), Riet (NL)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Phragmites australis var. berlandieri (Fourn.) C.F. Reed
Phragmites communis Trin.
Phragmites communis var. berlandieri (Fourn.) Fern.
Phragmites communis ssp. berlandieri (Fourn.) A.& D. Löve
Phragmites phragmites (L.) Karst.

Distribution géographique

Cosmopolite

Zones DORIS : Eau douce, Atlantique Nord-Ouest

Régions tempérées et tropicales du monde entier.
Au Canada, ses populations progressent en de nombreux endroits.
Présent dans toute la France.

Biotope

Phragmites australis forme des roselières plus ou moins denses sur le bord des eaux stagnantes ou à courant lent (lacs, bras morts des rivières). De préférence dans les endroits bien éclairés (espèce héliophile), dans une profondeur d'eau ne dépassant pas 1,5 m. On peut le rencontrer jusqu'à environ 2 200 m d'altitude.

Description

Phragmites australis peut atteindre une taille de 6 m.
La tige est très grande et dressée. Elle persiste en hiver et s'affaisse progressivement au printemps suivant.
Les feuilles engainant la tige, sont très grandes et pointues (30 à 70 cm ou plus), perpendiculaires à la tige et ont des nervures parallèles. Elles sont caduques l'hiver.
L'inflorescence d'une couleur brun-violet-argenté, est très grande (10 à 30 cm) et en forme de plumeau.
Elle est fixée et enracinée par un rhizome profondément ancré dans la vase (50 à 130 cm ou plus).

Espèces ressemblantes

Phalaris arundinacea Linneus : la baldingère. Cette espèce est plus petite à pratiquement tous points de vue.
Miscanthus sp. : les roseaux de Chine. Espèces ornementales importées.

Alimentation

Comme tous les végétaux, cette plante est autotrophe* grâce à la photosynthèse*. Elle fabrique sa propre matière organique grâce à l'eau, au dioxyde de carbone et à l'énergie lumineuse.

Reproduction - Multiplication

Plante hermaphrodite* et vivace. La reproduction est majoritairement asexuée.
Reproduction sexuée :
La floraison se produit d'août à octobre (parfois novembre). La pollinisation se fait par le vent (anémogame*). Les graines sont également dispersées par le vent (anémochore*). Peu d'entre-elles sont viables.
Reproduction asexuée :
Par le rhizome et par des stolons. Si les conditions sont favorables, un stolon peut s'étendre de plus de cinq mètres par an.

Vie associée

En conditions favorables, le roseau forme des peuplements très denses (jusqu'à 325 tiges par mètre carré) et ne laisse que peu ou pas de place aux autres espèces végétales. Sinon, il peut être supplanté par Typha sp. (massettes), Scirpus sp. (grands scirpes) ou Phalaris arundinacea (baldingère).
Si la roselière n'abrite pas une grande diversité végétale, elle joue pour la faune, des invertébrés aux oiseaux, en passant par les batraciens et les poissons, un rôle très important pour la survie de nombreuses espèces.

Divers biologie

Les roselières constituent un extraordinaire réservoir pour la faune. De plus, elles jouent un rôle écologique dans la rétention des sédiments et dans l'épuration des eaux.

Informations complémentaires

Industrie
Dans le passé, les roseaux étaient utilisés localement, dans les toitures des maisons, les palissades, les bateaux antiques, les paniers, les nasses, les flûtes, les fouets, les balais et pour fournir de la litière aux animaux. Actuellement, l'intérêt des roselières, au niveau économique, est très faible.
Agent épurateur
Le roseau est fréquemment utilisé dans les marais filtrants artificiels comme agent épurateur. Il est très efficace pour soutirer des eaux de drainage l'azote et, dans une moindre mesure, le phosphore.
Plante envahissante
Suite à des études récentes (2002), on a séparé en sous-espèces les populations originelles d'Amérique du Nord et d'Eurasie :
- Phragmites australis subsp. americanus Saltonstall, Peterson, et Soreng ;
- Phragmites australis subsp. australis.
La sous-espèce eurasienne a probablement été introduite en Amérique du Nord par les ballasts des bateaux transocéaniques. Plus vigoureuse que la sous-espèce américaine, non seulement elle la supplante dans ses territoires traditionnels mais elle envahit de nouvelles zones.
Des chercheurs suisses et américains étudient un projet de lutte biologique contre la prolifération de la sous-espèce eurasienne en Amérique du Nord par l'utilisation d'un lépidoptère européen Archanara geminipuncta.
Au Québec, elle est présente depuis au moins 1916, mais elle était rare avant les années 1970. Son expansion coïncide avec le développement des infrastructures autoroutières entre 1963 et 1984. La construction des autoroutes semble donc avoir contribué à sa prolifération par la création de corridors de dissémination et d'habitats propices à son établissement. Le long du Saint-Laurent, sa progression rapide a été très marquée aux îles de Boucherville (absente des inventaires à la fin des années 1970, cette plante occupe maintenant près de 25 hectares). Désormais 95 % des colonies de roseaux au Québec sont eurasiennes.
NB : la sous-espèce eurasienne ne semble pas former d'hybrides avec la sous-espèce américaine.
Citations
Blaise Pascal, 1670, PENSÉES : "L'homme est un roseau pensant."
Jean de La Fontaine, 1668, Livre Premier, Fable XXII, LE CHÈNE ET LE ROSEAU : "Je plie et ne romps pas."

Origine des noms

Origine du nom français

Roseau est un mot d'origine germanique.

Origine du nom scientifique

Phragmites : du grec [phragmitês] = roseau,
australis : du latin [australis] = du sud.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Magnoliophyta Angiospermes Plantes à fleurs dont les graines fécondées sont renfermées dans un fruit.
Classe Liliopsida Monocotylédones Un seul cotylédon* dans la graine. Les nervures des feuilles sont parallèles.
Sous-classe Commelinidae Commélinidées
Ordre Poales Poales
Famille Poaceae Poacées Graminées.
Genre Phragmites
Espèce australis

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