Phoque commun

Phoca vitulina | (Linnaeus, 1758)

N° 869

Atlantique Nord, Est et Ouest, Pacifique Est et Ouest

Clé d'identification

Petites narines rapprochées et en forme de V
Tête ronde avec un museau court apparent
Taille entre 1,40 m et 2 m
Poids entre 65 et 125 kg
Couleur gris bleuâtre à jaunâtre avec des taches sombres
Ventre clair

Noms

Autres noms communs français

Phoque veau-marin, loup marin, loup marin d'esprit, chien de mer

Noms communs internationaux

Common seal, harbour seal (GB), Foca comune (I), Foca comùn (E), Gemeinsamer Seehund (D)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Phoca vitulina concolor
Phoca vitulina richardii
Phoca vitulina mellonae
Phoca vitulina ssp. stejnegeri
Phoca vitulina ssp. vitulina

Distribution géographique

Atlantique Nord, Est et Ouest, Pacifique Est et Ouest

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord, Atlantique Nord-Ouest

Il est présent dans l'Atlantique et le Pacifique Nord, Est et Ouest. Le phoque commun de l'Atlantique Ouest, vit entre New York au sud et Uppernavik (au Groenland) en continuant jusqu'à la côte occidentale de la Terre de Baffin, au nord. C'est entre le Labrador et la province du Nouveau-Brunswick qu'on le rencontre le plus couramment.

On l'aperçoit beaucoup sur les côtes de la Nouvelle-Ecosse, de Terre-Neuve, dans le golfe du Saint-Laurent, sur l'île du Prince-Édouard et sur les îles de la Madeleine.

Le phoque commun de l'Atlantique Est vit près des côtes britanniques, allemandes, hollandaises et danoises. La plus importante colonie française, toutefois modeste comparée à d'autres colonies européennes, se trouve en baie de Somme. D'autres baies, notamment en Normandie, comportent de petites populations.

Le territoire phoque commun du Pacifique Ouest s'étend de la péninsule Nemuro (Japon) au sud, jusqu'aux îles Kouriles, à la côte orientale du Kamtchatka et aux îles du Commandeur.

Le phoque commun du Pacifique Est est présent en Basse-Californie, dans les îles Anacapa, dans l'État de Washington en Colombie britannique et en Alaska. Phoca vitulina mellonae vit à l'intérieur des terres en eau douce, dans les lacs aux Loups-Marins (les lacs des Loups-Marins sont un chapelet de lacs aux contours indéfinis et situé au nord du Québec et du Labrador).

La population mondiale de phoques communs s'élève jusqu'à quelques 500 000 individus.

Biotope

Le phoque commun est une espèce côtière habituellement sédentaire. Nous le trouvons aussi près des estuaires. En effet il ne s'éloigne que très rarement des rives. Il est également présent dans les eaux du littoral. Des spécimens vivent à l'année dans le fleuve Saint-Laurent.

Description

Le phoque commun est généralement trapu et dodu. C'est la plus petite des quatre espèces de pinnipèdes que l'on retrouve dans l'estuaire et le golfe du Saint-Laurent. La taille des veaux marins varie entre 1,4 m et 2 m. Habituellement, ce sont les femelles les plus petites. Elles sont également plus légères, leur poids varie entre 45 et 77 kg. Les mâles quant à eux, pèsent de 60 à 125 kg maximum.
Il n'y a pas de distinction de couleur entre les femelles et les mâles. Les phoques communs sont de couleur gris bleuâtre à gris jaunâtre avec des taches plus ou moins grandes, et plus ou moins foncées, surtout sur le dos. Le ventre est généralement plus clair et de couleur plus uniforme.

Le veau marin a une tête différente des autres phoques. Son front est assez marqué de profil ; il a une tête ronde avec un museau court apparent. A la différence des autres phoques, il possède un nez légèrement retroussé et des narines rapprochées appelées choanes *. Elles forment un V vues de dessus et permettent à l'air inspiré de passer du nez à la gorge. C'est aussi grâce à ce V qu'on le distingue du phoque du Groenland, du phoque tacheté ou du phoque gris.

Phoca vitulina possède de très bonnes dents. Ses dents jugales* sont relativement grandes. Chez les adultes, la mandibule * est plus épaisse et plus robuste. Ses yeux sont grands et à équidistance de son nez et de ses oreilles.

Ses membres antérieurs sont petits et pointus; ils sont palmés et se terminent par 5 doigts munis de longues griffes aplaties, comme les membres postérieurs. Ces derniers sont proportionnellement petits et à extrémités carrées.

Sa face ressemble à celle d'un chien. D'ailleurs, le nom attribué aux petits de l'espèce, est celui de « chiots ».

Espèces ressemblantes

Le veau marin peut être confondu avec un très gros phoque : Phoca groenlandica le phoque du Groenland qui mesure 2 m et peut atteindre jusqu'à 180 kg. Il est également confondu avec le phoque gris Halichoerus grypus. Le phoque gris se distingue du veau marin par son long museau, ses narines disposées parallèlement et à la verticale, sa couleur grise.

Alimentation

Le veau marin est principalement piscivore, il semblerait qu'il soit assez opportuniste et mange tous les poissons adaptés à sa taille abondants dans sa zone d'alimentation.



En une seule journée, il consomme environ 5% de son poids uniquement en poisson frais. Parmi ces poissons, on retrouve le hareng, le lançon, le capelan, l'éperlan et les plies. Il se nourrit également de crustacés et de mollusques : crevettes et calmars. Le chiot (bébé du phoque commun) se nourrit essentiellement d'invertébrés et poissons de plus petite taille, peu avant le sevrage et jusqu'à l'âge de un an environ.



La technique principale de chasse du phoque veau marin consiste à capturer ses proies en plongeant profond (généralement moins de 35 mètres, mais pouvant aller jusqu'à 500 mètres), juste en-dessous d'un gros banc de poissons et à les rabattre vers la surface pour ensuite les dévorer. En général, plus le banc est conséquent, plus les phoques sont nombreux. Comme il est un prédateur opportuniste, il semble privilégier les endroits et moments de la journée où ses proies sont présentes en grand nombre et proches de la surface, soit la nuit (cas du capelan, lançon et hareng), ou à proximité des embouchures et des baies à certaines périodes du cycle vital de ces poissons. Les plongées profondes semblent essentiellement liées à la recherche d'espèces benthiques comme les plies notamment, et sont effectuées en conformité avec la période d'activité de celles-ci, c'est-à-dire plutôt la journée.



Les spécialistes semblent s'accorder sur le fait que les vibrisses (« moustaches », une quarantaine de chaque côté, d'une dizaine de centimètre chacune) jouent un rôle important dans la recherche alimentaire et la capture de proies. Ces dernières (les proies) sont généralement de taille inférieure à 30 cm de long, bien que certains spécimens de taille supérieure aient été observés entre les pattes antérieures de phoques communs, en surface, où ils les ingéraient par morceaux, grâce à leurs dents pointues (18) et relativement espacées.

Reproduction - Multiplication

Le mâle atteint sa maturité sexuelle vers l'âge de 5 ou 6 ans. Pour la femelle, c'est plus tôt vers l'âge de 3 ou 4 ans. Les veaux marins choisiront des endroits peu profonds pour se reproduire : sur des bancs de sables ou des récifs. On nomme ces endroits des échoueries. Le mâle féconde souvent plus d'une femelle.

La période d'accouplement se situe entre juillet et septembre. La gestation, est d'environ 10-11 mois entre l'accouplement et la mise bas, avec un délai d'implantation de l'embryon de 2 à 3 mois (après l'accouplement) que l'on appelle « diapause ». La croissance de l'embryon, après implantation différée ne dure donc que 8 à 9 mois. Habituellement le phoque veau marin n'a qu'un seul petit par an. La mise à bas a lieu habituellement sur terre mais peut aussi s'effectuer en eau peu profonde. Lorsque le chiot naît, il mesure 75 cm en moyenne et pèse environ 10 kg. Les chiots peuvent évoluer dans l'eau dès leur naissance.

Même sur la glace d'un iceberg, le bébé peut nager dans l'eau glaciale en compagnie de sa mère à peine six heures après l'accouchement. La durée de l'allaitement varie entre 24 et 33 jours. Des cas de jumeaux ont déjà été signalés.

Vie associée

Il n'est pas rare de voir le phoque gris se mêler à des groupes de veaux marins.

Divers biologie

Les femelles peuvent adopter un chiot orphelin en cas de décès de leur progéniture.
L'âge maximum pour un phoque commun en captivité enregistré à ce jour est de 38 ans, cet âge pouvant être déterminé par la dentition.

De juillet à le mi-septembre l'animal mue. Il va donc passer beaucoup plus de temps sur la terre ferme. Le phoque veau marin peut descendre à plus de 200 m de profondeur et rester en apnée pendant une dizaine de minutes en déplacement, en utilisant des adaptations physiologiques et comportementales assez proches des autres mammifères marins, dont les cétacés. Cela étant, la grande majorité de ses plongées sont de courte durée, et à faible profondeur. La durée des apnées peut aller jusqu'à 30 minutes lorsqu'il dort sous l'eau.
Lorsqu'il plonge, il stocke de l'oxygène et en consomme un minimum, tout en résistant à la pression de l'eau. Il ralentit son rythme cardiaque et contracte même certaines de ses artères pour diriger l'oxygène du sang vers les organes primordiaux: le cerveau et la moelle épinière. Le veau marin stocke des réserves de globules rouges riches en oxygène dans sa rate.

Le phoque commun a principalement 2 ennemis dangereux : l'orque Orcinus orca, appelé aussi épaulard, et le requin qui ne représentent toutefois qu'un risque minime pour les populations de phoques du Saint-Laurent. Mais rien n'est comparable à son ennemi le plus destructeur, l'homme responsable de la chasse, de la dégradation des habitats et de la pollution.

Informations complémentaires

Ce phoque est de nature méfiante et farouche au sol. En mer, seule sa tête est visible hors de l'eau, faisant penser à un ballon en surface. Sur les sites d'échouerie, il adopte une position caractéristique dite en forme de « banane », c'est-à-dire la tête dressée et les membres postérieurs relevés et serrés ensemble.

Le phoque commun, étant donnés sa population réduite et sa faible taille, ne semble pas avoir d'impact important sur les stocks de poissons commerciaux. Certains filets utilisés pour la pêche commerciale dans l'estuaire du Saint-Laurent sont difficiles à détecter par les phoques et plusieurs s'y prennent et s'y noient chaque année.

Les activités d'observation commerciales de phoques communs sont parfois intensives en saison estivale. Elles sont une source de dérangement pour l'espèce et pourraient être critiques à certains moments de leur cycle de vie notamment pendant la période des naissances.

La pollution du Saint-Laurent est une menace pour les veaux marins. Des études sont actuellement en cours pour maintenir un suivi sur l'évolution de la contamination des phoques communs de l'estuaire du Saint-Laurent notamment au niveau des substances organochlorées. Cependant, des résultats partiels semblent suggérer que son cas est moins critique que celui du béluga par exemple. Bien qu'étant tout deux situés en fin de chaîne alimentaire au niveau du St-Laurent (peu de prédateurs naturels –orques- dans le secteur, ou de manière épisodique), il semblerait que le phoque commun ait des proies et des techniques de prédation plus « saines » (sur le plan de la pollution chimique) et soit donc moins contaminé que le béluga.

Jusque dans les années 70, la chasse aux phoques communs était autorisée dans certains pays européens. Lorsqu'on se promenait sur les plages en Hollande ou en Allemagne, on pouvait voir des tireurs de phoques. Leurs victimes : les phoques égarés en mer, des adultes habituellement, mais aussi quelques petits qui étaient abandonnés sur les reposoirs et qui mouraient de faim.

En France, la chasse en baie de Somme était une activité "touristique" : elle a été abandonnée à partir du moment où passer toute une journée à pratiquer cette chasse ne donnait plus la garantie de tirer un individu. Donc au moment de la quasi-extinction de la colonie....

Réglementation

Dans l'est du Canada, la chasse aux phoques communs est interdite depuis le début des années 80. En avril 1999 le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) chargé d'évaluer les espèces sauvages du pays a attribué le statut « Données insuffisantes » au phoque commun en raison du fait que peu de données scientifiques sur l'état de sa population existaient.

La population de cette espèce ayant initialement été réduite en raison d'un programme de chasse à primes, elle est aujourd'hui interdite de chasse. Elle subit actuellement plusieurs menaces telles que son taux de contamination élevé, les prises accidentelles dans les engins de pêche, le dérangement sur les sites d'échouerie * et le braconnage. La Table de concertation sur le phoque commun de l'estuaire du Saint-Laurent a rédigé un plan d'action pour la protection et la mise en valeur de l'espèce.

L'abattage de phoques communs au Canada correspond à un acte de braconnage et des sanctions pourraient s'appliquer lors d'une telle situation.

En Europe, le phoque veau-marin figure dans les annexes II et V de la directive 92-43 CEE "Habitats, faune, flore".

Origine des noms

Origine du nom français

Le mot phoque vient du mot latin [phocae]qui vient lui du mot grec [phoké], terme qui désignait le phoque dans l'antiquité. Désigné comme «commun» car fréquemment observé sur les côtes françaises à une époque lointaine.

Origine du nom scientifique

L'étymologie du nom scientifique Phoca vitulina est issue d'un mot grec que l'on retrouve dans les langues romanes.
Vitulina du latin [vitulina]= veau.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Classe Mammalia Mammifères Vertébrés possédant des poils et des glandes mammaires produisant du lait.
Sous-classe Theria Thériens La paroi latérale du crâne est constituée de deux os particuliers: l'alisphénoïde et le squamosal.
Super ordre Eutheria Euthériens Présence d'une dentition lactéale et d’un développement embryonnaire effectué entièrement dans l'utérus (mammifères placentaires).
Ordre Carnivora Carnivores Présence de dents carnassières et de crocs. Pour la plupart carnivores.
Sous-ordre Pinnipeda Pinnipèdes Carnivores amphibies. Tête globuleuse, corps fusiforme adapté à la nage, membres transformés en palettes natatoires, les postérieurs plus courts que les antérieurs et flanquant une queue très brève.
Famille Phocidae Phocidés Les membres postérieurs ne se replient pas sous le ventre. L’animal progresse sur la terre (ou la glace) en rampant et en ondulant.
Genre Phoca
Espèce vitulina

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