Philinopsis à lignes bleues

Philinopsis speciosa | Pease, 1860

N° 483

Océans Indien et Pacifique Ouest. Peut-être aux Caraïbes et dans la Méditerranée selon synonymies

Clé d'identification

Atteint 120 mm, voire 140 mm. Corps large
Bouclier céphalique carré à l’avant et bouclier postérieur terminé en 2 courts lobes arrondis
Arrière bouclier céphalique redressé en forme de tube
2 parapodes recouvrant les côtés
Coloration très variable

Noms

Noms communs internationaux

Blue lined philinopsis (GB)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Selon Marshall & Willan (1999) :
Doridium cyaneum Martens, 1879
Doridium nigrum Martens, 1879
Doridium guttatum Martens, 1880
Doridium marmoratum E.A. Smith, 1884
Aglaja iwasai Hirase, 1936
Philinopsis cyanea (Martens, 1879)

Le scientifique Bill Rudman, avance qu'il est possible que les espèces ressemblantes citée dans le § dédié soient aussi des synonymes.

Distribution géographique

Océans Indien et Pacifique Ouest. Peut-être aux Caraïbes et dans la Méditerranée selon synonymies

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord, Indo-Pacifique, Caraïbes

De la mer Rouge et la Tanzanie jusqu’au Japon, Hawaï et la Nouvelle-Calédonie. Peut-être plus répandue selon les avancées de Rudman concernant la synonymie de l'espèce.

Biotope

Plutôt dans les zones intertidales de très faible profondeur mais aussi dans les zones infra-littorales jusqu’à 20 m ; dans les zones de phanérogames marines et d’algues, et sablo-vaseuses.

Description

Opisthobranche assez grand dont le corps est large comparé à sa longueur : composé d’un bouclier céphalique dont l’avant est carré et l’arrière est effilé, d’un bouclier postérieur qui se termine en deux courts lobes arrondis (les deux boucliers étant à peu près de la même longueur), et de deux parapodes* qui ne recouvrent que les côtés de l’animal. Peut atteindre 120 mm, exceptionnellement 140 mm.
Le bouclier céphalique qui l’aide à s’enfouir et de glisser dans les fonds de sable ou sablo-vaseux, se termine dans un « tube » toujours redressé.
La coloration est très variable : de brun clair à brun foncé à noir tacheté d’orange, de jaune/crème/blanc, et de bleu ; les dimensions, les formes et la quantité de ces taches sont aussi très variables. Très souvent des bandes longitudinales orange terne se trouvent de chaque côté de la ligne médiane du bouclier céphalique. L’avant du pied, les parapodes et les lobes caudaux sont contournés d’une bande ou de taches bleu vif et aussi parfois blanc/crème/jaune.

Espèces ressemblantes

Philinopsis gardineri (Eliot, 1903) dont la tête est plus pointue et arrondie avec une « bosse » due au système buccal différent, et dont l’arrière du bouclier céphalique n'est généralement pas redressé en pointe.

Selon le spécialiste Bill Rudman, les espèces suivantes de colorations très similaires ne présentent pas de différences anatomiques internes et il est possible qu’elles soient toutes la même espèce qui devait être nommée Philinopsis depicta (Renier, 1807) vu que celui-ci serait son premier nom :
- Philinopsis depicta (Renier, 1807) qui se trouve en Méditerranée ;
- Philinopsis gigliolii Tapparone-Canefri, 1874 qui se trouve dans le nord-ouest du Pacifique ;
- Philinopsis taronga (Allan, 1933) qui se trouve dans le sud-est de l’Australie et le nord de la Nouvelle-Zélande ;
- Philinopsis troubridgensis (Verco, 1909) qui se trouve dans le sud-est de l’Australie.

Alimentation

Tous les Aglajidés sont des prédateurs carnivores ; Philinopsis speciosa se nourrit d’autres opisthobranches bulloïdes (Atys, Bulla, Haminoea) et d’autres opisthobranches (Stylocheilus entre autres). Son système buccal, qui n’a pas de radula*, est composé d’un grand bulbe musculaire partiellement dévaginable qui lui permet d’engouffrer et d’aspirer sa proie d’un seul coup (comme on avale des spaghettis) ; une fois sa proie digérée, il régurgite la coquille intacte.

Reproduction - Multiplication

Espèce hermaphrodite*.
Chez Philinopsis, le pénis se trouve au niveau de la tête du côté droit et les organes femelles à l’arrière du corps du côté droit. L’accouplement s’effectue entre deux individus formant un cercle ou bien par plusieurs en ligne, le premier en rôle de femelle, celui/ceux au centre en rôles de mâle et femelle en même temps et le dernier en rôle de mâle.
La ponte est composée d’un fin filament de mucus transparent qui contient les œufs blancs. P. speciosa enroule ce filament autour de sa tête formant un tube de filaments embrouillés. Lorsqu’il termine de pondre, il enlève sa tête du cylindre ainsi produit et ancre le bout du filament dans les fonds sablo-vaseux.

Divers biologie

Comme beaucoup d’Aglajidés, P. speciosa se déplace assez vite et suit les traces de mucus d’autres Philinopsis et de ses proies.

C'est une espèce principalement nocturne.

Les Philinopsis ont perdu leur vrai pied original laissant à sa place un pied secondaire qui s’est développé à partir d’une partie de l’arrière manteau. Pour se déplacer et creuser un chemin dans les fonds sabo-vaseux, des milliers de cils battent dans un tube de mucus produit par des glandes près de la tête.

Au lieu de rhinophores, P. speciosa, comme toutes les espèces de cette famille, est équipée de poils sensoriels de chaque côté de sa bouche pour explorer son environnement.

Comme tous les Aglajidés, P. cyanea possède une glande qui émet une sécrétion jaune capable de paralyser et de tuer d’autres organismes. Pourtant, ces substances toxiques ne sont pas toujours produites et, au vu la position de cette glande à l’arrière du corps, il n’est pas encore déterminé si ces sécrétions sont utilisées pour attaquer ou pour se défendre [Rudman (1972)].

Dans le bouclier postérieur se trouve une fine coquille très réduite.

Origine des noms

Origine du nom français

Francisation du nom anglais.

Origine du nom scientifique

Philinopsis : du grec [Philine] = nom de femme donné à un genre de céphalaspidé ; et du grec [ops-] = aspect. Donc, à l'aspect d'une Philine (le genre).

speciosa : du latin [speciosa] = de bel aspect, splendide.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Mollusca Mollusques Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies.
Classe Gastropoda Gastéropodes Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules.
Sous-classe Opisthobranchia Opisthobranches Coquille présente, réduite ou absente. Branchies à l’arrière du cœur. Principalement marins ou d’eau saumâtre, rare en eau douce (une dizaine d’espèces, Ordre des Acochlidea).
Ordre Cephalaspidea / Bullomorpha Céphalaspides / Bullomorphes Coquille externe ou interne, spiralée, très fine et réduite. Tête élargie en bouclier. Yeux développés. Pas de rhinophores. Cavité palléale à droite avec une branchie plissée. Parfois des parapodes. Marins et fouisseurs sur les fonds de sédiments.
Famille Aglajidae Aglajidés Coquille à dernier tour étalé couverte par le manteau, bouclier céphalique, bouclier dorsal postérieur, et 2 parapodies relevées. Pas de tentacules (sauf Navanax).
Genre Philinopsis
Espèce speciosa

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