Zoanthaire-éponge grisâtre

Parazoanthus parasiticus | (Duchassaing & Michelotti, 1860)

N° 608

Atlantique tropical ouest

Clé d'identification

Colonies de polypes minuscules, gris jaunâtre
2 rangées de tentacules alternés
Hôtes spécifiques des éponges

Noms

Noms communs internationaux

Sponge-incrusting zoanthid (GB), Zoantario de esponjas (E), Schwamm-Krustenanemone (D)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Zoanthus parasiticus Duchassaing de Fonbressin & Michelotti, 1860 (combinaison originale)
Parazoanthus separatus Duerden, 1900

Distribution géographique

Atlantique tropical ouest

Zones DORIS : Caraïbes

Le genre Parazoanthus est répandu dans toutes les mers tropicales et tempérées. Parazoanthus parasiticus est endémique de la zone Caraïbe.

Biotope

Les Parazoanthus apprécient les eaux claires et non stagnantes : il leur faut un courant de renouvellement léger et constant.
Ils s'installent sur les éponges, dont l'activité de filtration leur procure ce mouvement d'eau permanent.

Description

Les zoanthaires-éponges sont de petits polypes coloniaux en forme d'anémones minuscules, avec 2 couronnes de tentacules alternés autour de la bouche fendue.
Parazoanthus parasiticus a une colonne d'un blanc verdâtre, coloration dûe à des dépôts siliceux ou calcaires, sur lequel se détachent le disque oral et les 28 tentacules gris ou brun clair. Les polypes de 4 mm environ sont régulièrement espacés à la surface de l'éponge-hôte.
Ces zoanthaires vivent en colonies encroûtantes sur certaines éponges. Les polypes sont reliés entre eux par un socle commun (coenenchyme*), qui forme des stolons. Ces stolons sont parcourus par des canaux qui font communiquer entre elles toutes les cavités gastriques des polypes.
La bouche, fermée par un sphincter, est munie d'un siphonoglyphe* (gouttière ciliée) en position ventrale. Cette caractéristique est très peu visible en plongée, vu la très petite taille des polypes.

Espèces ressemblantes

On trouve dans les Caraïbes plusieurs espèces de zoanthaires spongobiontes (c'est-à-dire vivant en association avec des éponges).
Parazoanthus catenularis a des polypes minuscules (3 à 4 mm), gris jaunâtre. Le disque oral est entouré de 20 tentacules, les colonies se présentent en chaînettes d'individus reliés par un stolon bien visible.
Parazoanthus puertoricense a des polypes de 1 à 3 mm, rougeâtres, marron, ou violacés, groupés en petites plaques et/ou en chaînettes à la surface de l'éponge.
Parazoanthus swiftii est d'un jaune orangé brillant, les polypes assez gros (6 mm). Le socle commun, charnu et épais, forme des cordons ou un manchon discontinu sur les branches de l'éponge hôte.

D'autres espèces de zoanthaires vivent sur certains Hydraires, et montrent également une grande spécificité avec leur hôte.

Alimentation

Les Parazoanthus des zones tropicales ont dans leurs tissus des algues appelées zooxanthelles*, qui leur apportent une partie de leur alimentation. L'autre partie leur est apportée par les petites proies qu'ils capturent dans le courant grâce à leurs tentacules munis de cnidocytes*.

Reproduction - Multiplication

Les Parazoanthus sont ovipares*, les sexes sont séparés. Il y a donc des colonies mâles et des colonies femelles.
Le cycle de reproduction est annuel. Les ovocytes* et spermatozoïdes* sont libérés pendant les mois les plus chauds, dans les 3 ou 4 jours autour de la pleine lune, et la fécondation a lieu en pleine eau.
Contrairement à ce qui se passe pour les Scléractiniaires ou Madréporaires (coraux à squelette calcaire), les zooxanthelles* ne sont pas transmises dans les œufs : la petite larve* de Parazoanthus devra les capturer dans le milieu ambiant.

Multiplication asexuée : la colonie s'agrandit par croissance horizontale, sur sa bordure où de nouveaux polypes bourgeonnent.

Vie associée

On constate généralement une forte affinité entre l'espèce du zoanthaire et celle de la ou des éponges hôtes.
Parazoanthus parasiticus est le moins spécialisé des zoanthaires-éponges, et se rencontre sur une assez large variété d'hôtes : presque systématiquement sur Cliona delitrix, Callyspongia vaginalis, Niphates digitalis, parfois aussi Niphates erecta, Xestospongia muta, Amphimedon viridis et bien d'autres.

L'association est stable, mais elle n'est obligatoire que pour le zoanthaire.

Divers biologie

Les polypes des zoanthaires sont profondément incrustés dans leur éponge et seuls de petits filaments du coenenchyme* (stolons), qui relient les polypes entre eux, restent visibles. Dans certains cas ils ne sont plus du tout visibles et les polypes semblent isolés, ce qui n'est pas le cas.

Dans la majorité des cas il semble que tous les polypes colonisant une même éponge sont un même clone* : ils proviendraient de la multiplication du premier polype installé sur la jeune éponge, et grandissant avec elle.

Informations complémentaires

L'aspect des polypes et des colonies est assez variable selon l'espèce et à l'intérieur d'une même espèce : l'identification visuelle reste donc approximative, les critères anatomiques déterminants ne sont pas accessibles au plongeur.

Origine des noms

Origine du nom français

Le terme Zoanthaire est le nom français de la sous-classe des Zoantharia ou Hexacorallia, regroupant les anémones, les cérianthes, les madrépores, les corallimorphaires et les antipathaires.
Le nom de zoanthaire est cependant passé dans le langage courant pour désigner, de façon restrictive, plusieurs familles appartenant à l'ordre des Zoanthides, c'est donc cette appellation que nous reprenons ici.
"Zoanthaire-éponge grisâtre" décrit la couleur des polypes et l'association habituelle avec une éponge.

Origine du nom scientifique

Parazoanthus : composé du grec [para-] = "à côté de", et [zo-anth -] (comme dans zoanthaires = animaux-fleurs) : signifie "proche de Zoanthus".
parasiticus : au sens propre : "qui boit à côté", à prendre ici au sens dérivé = parasite.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Cnidaria Cnidaires

Organismes aquatiques (marins pour la plupart) libres ou fixés, carnivores, principalement à symétrie radiaire, caractérisés par des cellules urticantes : les cnidocytes. Deux morphologies principales : le polype et la méduse. La larve est une planula.

Classe Anthozoa Anthozoaires Cnidaires exclusivement marins, solitaires ou coloniaux, uniquement sous la forme polype (jamais de phase méduse dans le cycle de vie).
Sous-classe Hexacorallia / Zoantharia Hexacoralliaires / Zoanthaires Anthozoaires coloniaux ou solitaires, tentacules lisses, polypes à symétrie d’ordre 6.
Ordre Zoanthidea Zoanthides Hexacoralliaires coloniaux pour la plupart tropicaux. Polypes de 1 mm à 2 cm de diamètre, souvent reliés par des stolons. Ce sont les anémones encroûtantes, qui peuvent coloniser de grandes surfaces.
Famille Parazoanthidae Parazoanthidés
Genre Parazoanthus
Espèce parasiticus

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