Langoustine

Nephrops norvegicus | Linnaeus, 1758

N° 3447

Atlantique Nord-Est et Est, Manche, Méditerranée

Clé d'identification

Carapace rose orangé
Longue paire de pinces dentées
Vit cachée dans son terrier pendant la journée
Céphalon (la tête) avec deux gros yeux noirs
Long rostre pointu avec deux paires d'antennes
Thorax avec deux pinces principales et 4 paires de pattes marcheuses (péréiopodes)
Abdomen à 6 segments cartilagineux et articulés, portant les pléopodes

Noms

Autres noms communs français

Cacahouète, scampi (dans les régions méditerranéennes), demoiselle (en Bretagne)

Noms communs internationaux

Scampi, true scampi, langoustine, Norway lobster, Dublin (Bay) prawn (GB), Scampo, scampolo (I), Cigala, maganto (E), Kaiserhummer, Kaisergranat, Buchstabenkrebs (D), Lengustina (Ligurian), Escamarlà (Catalan)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Cancer norvegicus (Linnaeus, 1758)
Astacus norvegicus (Fabricius, 1775)
Homarus norvegicus (Weber, 1795)
Astacus rugosus (Rafinesque, 1814)
Nephropsis cornubiensis (Bate & Rowe, 1880)

Distribution géographique

Atlantique Nord-Est et Est, Manche, Méditerranée

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Les langoustines sont présentes de manière irrégulière (en fonction de la nature des fonds et de la température de l'eau) depuis le sud de l'Islande jusqu'au nord de la Norvège pour la limite nord, et jusqu'aux côtes du Maroc pour la limite sud.
On les retrouve également dans la partie ouest de la mer Méditerranée ; elles sont théoriquement absentes des côtes méditerranéennes situées à l'est de 25° de latitude.

Biotope

Nephrops norvegicus peut se rencontrer à des profondeurs variant entre 15 et 800 mètres. Principalement sur des fonds vaseux ou sablo-vaseux, suffisamment meubles pour qu'elle puisse y creuser son terrier. Ces terriers sont composés de tunnels enfouis 20-30 cm sous la surface. Ces tunnels peuvent atteindre jusqu'à 1 m de longueur pour 10 cm de diamètre pour les plus gros. La majorité des terriers possède deux ouvertures vers la surface mais ce nombre peut varier (une femelle sexuellement mature aura un terrier avec plus d'ouvertures pour une meilleure oxygénation des œufs).

La langoustine Nephrops norvegicus est un crustacé sédentaire, elle reste la plupart du temps cachée dans son terrier. Elle n'en sort qu'au lever ou au coucher du soleil pour aller se nourrir car, dès lors que ses yeux ont été exposés au soleil, elle devient aveugle. Il est toutefois possible que cette habitude soit inversée chez les individus vivant à plus grande profondeur, là où les rayons solaires sont trop atténués pour lui être nocifs.

En France elle est très abondante dans la grande vasière du sud Bretagne où elle est pêchée pour le commerce.

Description

Les langoustines ont une longévité moyenne aux alentours de 8-9 ans ce qui leur attribue une taille adulte moyenne comprise entre 18-20 cm du telson (queue) à l'extrémité des pinces. Certains individus peuvent néanmoins atteindre l'âge record de 15 ans pour une longueur de 25 cm.

Les côtés et le dessus de la carapace* peuvent varier du orange au rose chair et sont parfois finement tachetés d'orange ou de rouge. Le dessous de la carapace est plus clair, il est généralement teinté d'un blanc jaune plus ou moins translucide.

On peut décomposer le corps de Nephrops norvegicus en trois parties.
- Le céphalon* (la tête), qui porte deux gros yeux noirs en forme de rein au bout de deux pédoncules* blancs. Elle se termine par un long rostre* pointu encadré de deux paires d'antennes (une petite paire côté centre et une longue paire côté externe).
- Le thorax, c'est la partie du corps qui porte les pattes et les pinces. La langoustine possède deux pinces principales aussi longues que son corps, et sur lesquelles se dressent des rangées de petites épines blanches. Ces deux pinces sont accompagnées de 4 paires de pattes marcheuses (péréiopodes*) longues et fines et dont les extrémités des deux premières paires sont terminées par des petites pinces.
La tête et le thorax sont soudés et forment le céphalothorax*, il est recouvert par la même portion de carapace.
- Enfin l'abdomen, il est composé des 6 segments cartilagineux et articulés qui forment la partie comestible de la langoustine. Chacun des 5 premiers segments porte deux petits appendices articulés, les pléopodes*. Ce sont ces appendices qui portent les œufs lorsque la femelle est grainée, ils sont alors constamment agités pour favoriser l'oxygénation des œufs. La 6e paire de pléopodes (les uropodes*) forme avec le telson* la queue de la langoustine. Cette queue lui permet de fuir rapidement en nageant à reculons lorsqu'elle se trouve face à un danger.

Espèces ressemblantes

Nephropsis aculeata : la langoustine de Floride vit comme son nom l'indique uniquement dans le golfe du Mexique. Elle possède l'extrémité des pattes rouges, ce qui tranche avec son corps plus pâle que Nephrops norvegicus.

Metanephrops binghami : la langoustine des caraïbes, en rapport à son lieu de vie, possède des pinces plus fines et plus allongées que notre langoustine européenne.

Palinurus elephas : la langouste rose, 30 à 50 cm, antennes très longues, carapace bombée latéralement et recouverte de tubercules pointus, couleur rouge à brun-violet, plus ou moins sombre, avec des marbrures plus claires, cinquième paire de pattes locomotrices bien plus courte que les autres.

Munida rugosa : la galathée rose, aux grandes pinces grêles, pattes recouvertes de soies et d'épines, tête avec deux yeux protégés par la carapace et surmontée d'un rostre avec une épine supra-orbitale de chaque côté. Corps de six centimètres au maximum.

Homarus gammarus : le homard européen (appelé en France, homard breton), à couleur bleue, à rostre lisse et taille moyenne (60 cm sans les pattes, poids de 9 kg).

Il est également possible de confondre la langoustine avec des espèces du genre Axius (dont Axius stirynchus) ou Upogebia (dont Upogebia pusilla ou Upogebia deltaura). Même s'ils s'apparentent à de "petites langoustines", la longueur de leurs pinces est toujours inférieure à celle de leur corps.

Alimentation

La langoustine est un prédateur qui se nourrit principalement de crustacés mais aussi de mollusques et dans une moindre mesure de polychètes et d'échinodermes. Bien qu'un régime à base de crustacés fournisse moins d'énergie que les autres animaux il est riche en minéraux essentiels à la reconstitution de l'exosquelette après chaque mue. Il existe cependant des différences de régime alimentaire semblant plus être liées à l'abondance en proies qu'à une préférence pour certaines de ces proies. Nephrops norvegicus est donc qualifiée de prédateur opportuniste.

Reproduction - Multiplication

La maturité sexuelle de la langoustine s'établit vers l'âge de 4 ans pour les mâles et 3 ans pour les femelles.
L'accouplement a lieu directement après la mue* de la femelle qui se déroule à la fin du printemps en Atlantique et pendant l'hiver en Méditerranée. Alors que la carapace de la femelle est encore molle, les deux individus s'accolent face à face et le mâle, dont la coquille est encore dure, introduit son sperme sous forme de spermatophore* dans l'orifice génital de la femelle à l'aide du pléopode* 1 qui est modifié en organe sexuel. Le sperme peut être stocké plusieurs mois dans la spermathèque* de la femelle (située entre les périopodes 3 et 4), le spermatophore* est donc éliminé avec l'exuvie* lors de la mue.

La fécondation a lieu lors de l'émission des quelques milliers d'œuf qui sont aussitôt fixés sur les pléopodes de la femelle (les appendices sous l'abdomen). Ils vont y rester fixés pendant une période de 8-9 mois selon la température de l'eau, durant lesquels les femelles vont très peu sortir du terrier. Pour garantir une bonne qualité oxygénation des œufs, leurs terriers possèdent un plus grand nombre d'ouvertures vers l'extérieur pour que l'eau y circule plus facilement. C'est pendant cette période que va se dérouler le stade larvaire nauplius* au sein de l'œuf. L'éclosion va marquer l'entrée des larves dans le stade zoé* qui vont alors passer un mois de vie à l'état planctonique* avant de retomber sur le fond marin pour mener leur vie benthique* de langoustines.

Vie associée

La langoustine peut vivre en association de deux manières.
- La première association est un partage possible de son terrier avec d'autres organismes, soit avec un petit poisson, le gobie à grandes écailles Lesuerigobius friesii, soit avec Gonneplax rhomboïdes un petit crabe des fonds marins.
- La seconde association possible est beaucoup plus spécifique. Il s'agit de l'association avec Symbion pandora, un organisme de quelques dixièmes de mm qui ne peut se développer que sur les pièces buccales de Nephrops norvegicus. Il passe sa vie fixé sur ces dernières par un disque basal. Il se nourrit des microparticules mises en suspension lors de l'alimentation de la langoustine. Son cycle de vie complexe lui confère son nom latin pandora qui signifie "doté de tous les dons". En effet, son cycle de vie présente une alternance de phases mobiles et de phases fixes. Cela lui permet de quitter l'exuvie (ancienne carapace) lors de la mue pour aller se fixer sur la nouvelle carapace.

Réglementation

La pêche à la langoustine est principalement réalisée avec des chaluts de fonds ou des dragues tractées par des chalutiers. Elle peut aussi être menée avec des casiers posés sur le fond mais cette méthode de pêche est largement minoritaire (aucun bateau ne pratique cette pêche dans le golfe de Gascogne).

Comme la majorité des espèces marines commercialisées, la pêche de la langoustine est soumise à une réglementation qui vise à protéger le gisement. Premièrement, il existe au niveau européen un quota de pêche qui est réparti entre les différents pays producteurs. Ce quota est aux alentours de 70 000 tonnes de prises par an (1 000 tonnes pour la France), il diminue un peu plus chaque année. De plus, la taille minimale des captures est également fixée au niveau européen. Elle varie de 4 cm en Méditerranée jusqu'à 12 cm dans la mer Baltique et est de 7 cm dans le golfe de Gascogne (la règlementation française fixe cette taille minimale à 9 cm).

Origine des noms

Origine du nom français

Le mot langoustine est le diminutif de langouste, provenant du provençal "langosta", dérivé du latin populaire "lacusta", dérivé du latin [locusta] qui désignait à la fois la sauterelle et la langouste. Ce diminutif traduit le fait que les langoustines ressemblent à des petites langoustes, la langouste n'ayant pas de pinces ni de rostre.

Origine du nom scientifique

Nephrops : du grec [nephros] = rein, et [opsis] = faisant référence à la vision. Ce nom de genre de la langoustine provient donc du fait qu'elle est dotée de deux gros yeux noirs en forme de rein.

norvegicus (adjectif) = Norvège. On retrouve également cette construction dans le nom courant anglo-saxon Norway lobster, littéralement, le homard de Norvège.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Arthropoda Arthropodes Animaux invertébrés au corps segmenté, articulé, pourvu d’appendices articulés, et couvert d’une cuticule rigide constituant leur exosquelette.
Sous-embranchement Crustacea Crustacés Arthropodes à exosquelette chitineux, souvent imprégné de carbonate de calcium, ayant deux paires d'antennes.
Classe Malacostraca Malacostracés 8 segments thoraciques, 6 segments abdominaux. Appendices présents sur le thorax et l’abdomen.
Sous-classe Eumalacostraca Eumalacostracés Présence d’une carapace recouvrant la tête et tout ou partie du thorax.
Super ordre Eucarida Eucarides Présence d'un rostre.
Ordre Decapoda Décapodes La plupart marins et benthiques. Yeux composés pédonculés. Les segments thoraciques sont fusionnés avec la tête pour former le céphalothorax. La première paire de péréiopodes est transformée en pinces.  Cinq paires d'appendices locomoteurs (pinces comprises).
Sous-ordre Astacidea Astacoures Les Astacoures regroupent des crustacés allongés possédant une puissante paire de pinces : homards, langoustines (avec larves) et écrevisses (développement direct).
Famille Nephropidae Néphropidés .
Genre Nephrops
Espèce norvegicus

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