Badèche-tigre

Mycteroperca tigris | (Valenciennes, 1833)

N° 4152

Atlantique tropical Ouest

Clé d'identification

Corps robuste mais fuselé
Couleur blanc-beige, avec des marques brunes en nid d'abeilles, plus ou moins denses, plus ou moins foncées
Haut du corps barré de 9 à 11 fines lignes diagonales claires
Dorsale très en arrière de la tête, avec des rayons épineux bien développés

Noms

Autres noms communs français

Mérou-tigre, vierge morue (Martinique), vieille morue (Guadeloupe), jacouenda, maboute

Noms communs internationaux

Tiger grouper, tiger rockfish (GB), Bonaci gato, cabrilla gato, cuna tigre (E), Tiger-Zackenbarsch (D), Badejo-tigre (P)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Serranus tigris Valenciennes, 1833
Serranus camelopardalis Poey, 1860
Serranus felinus Poey, 1860
Serranus repandus Poey, 1860
Serranus rivulatus Poey, 1860
Trisotropis reticulatus Gill, 1865
Mycteroperca hopkinsi Jordan & Rutter, 1897

Distribution géographique

Atlantique tropical Ouest

Zones DORIS : Caraïbes

Dans la zone de l'Atlantique tropical Ouest, on retrouve ce mérou depuis le sud de la Floride et les Bermudes jusqu'aux côtes brésiliennes, y compris les Caraïbes et le golfe du Mexique.

Biotope

C'est un poisson benthique* typique, même s'il reste quelques mètres au-dessus du fond, fréquentant les aires abritées. Solitaire et plutôt diurne, il vit sur les zones rocheuses et les récifs coralliens, aussi bien les platiers que les pentes externes et les tombants. Dans les Caraïbes, on le rencontre entre 10 et 40 m de profondeur, alors qu'au Brésil, il semble vivre plutôt entre 60 et 110 m.

Description

Comme tous les mérous, la badèche-tigre présente un corps robuste, bien que fuselé, pouvant mesurer jusqu'à 1 m de longueur (longueur moyenne : 40 cm) et un profil à grande bouche prognathe*, garnie de grandes dents et de canines développées.
La couleur de fond du poisson est blanc-beige, entièrement recouvert de marques en nid d'abeilles, plus ou moins denses, brun-roux, parfois orangées, plus ou moins foncées et souvent fusionnées sur le dos. Aussi, la couleur générale peut apparaître claire ou foncée, parfois presque totalement noire, selon cette répartition ou l'état du mérou ou son environnement. Les deux tons se retrouvent sur la totalité des nageoires. D'autre part, le haut du corps est barré de 9 à 11 fines lignes diagonales claires, dirigées vers le bas et l'avant des flancs. Ce motif est unique chez les mérous des Caraïbes mais il n'est pas toujours visible et il peut disparaître chez les plus gros individus.
L'intérieur de la bouche et la commissure des lèvres sont orangés.
La nageoire dorsale démarre très en arrière de la tête, avec des rayons épineux bien développés. La nageoire caudale est tronquée et son extrémité est sombre, bordée d'un liseré blanc. Les épines operculaires* sont aplaties.
Son corps est entièrement recouvert de petites écailles cténoïdes* et la ligne latérale* continue est souvent repérable par des points plus foncés que leurs voisins.
Les juvéniles sont presque entièrement jaunes, avec une bande longitudinale brune sur la totalité des flancs.

Espèces ressemblantes

Dans la même aire géographique, la badèche-tigre peut éventuellement être confondue avec le mérou couronné, Epinephelus guttatus. Cependant, chez ce dernier, l'arrière de la nageoire dorsale, ainsi que la caudale et l'anale sont bordées de noir et d'un fin liseré blanc terminal. Les rayons épineux se terminent par une pointe jaune. La robe est maculée de pois orange. Enfin, les lignes diagonales sont absentes.

Alimentation

Carnivore, la badèche-tigre se nourrit de poissons et de crustacés qu'elle chasse à l'affût, au crépuscule. Lorsqu'un poisson passe à proximité, elle se précipite sur lui, bouche grande ouverte, et l'aspire rapidement. La proie est alors broyée par les nombreuses dents en râpe qui recouvrent les mâchoires, la langue et le palais. Ensuite, elle est avalée d'une traite.

Reproduction - Multiplication

Les mérous sont hermaphrodites* séquentiels, protogynes* (d'abord femelle, puis mâle). Par exemple, aux Bermudes, une étude de 1958 a montré que les individus de moins de 37 cm de longueur étaient tous des femelles et que ceux dont la taille dépassait 45 cm étaient tous des mâles.
Un léger dimorphisme* sexuel apparaît lors des parades : chez le mâle, les pectorales s'assombrissent alors que la tête pâlit ; chez la femelle, les pectorales deviennent orange ; chez les deux sexes, un point blanc apparaît à la base de l'anale.
Le frai a lieu dans la première partie d'une nuit, souvent juste après la pleine lune, de janvier à avril, avec de gros rassemblements de plusieurs centaines d'individus matures. Mais, contrairement aux autres mérous des Caraïbes, ces rassemblements sont peu nombreux.
Jusqu'à 6 millions d'œufs par nuit peuvent être produits, mais ils subissent de lourdes pertes avant de se transformer en larves* (1,4 à 1,7 mm à l'éclosion) courbées autour du vitellus*.

Vie associée

Elle aime se faire nettoyer et les espèces qui s'en chargent le plus souvent sont : la crevette de Pederson (Ancylomenes pedersoni), la crevette de Grabham (Lysmata grabhami), le manicou (Bodianus rufus) et des gobies dont Gobiosoma evelynae. Lorsqu'elle souhaite une intervention, ses ouïes et sa bouche deviennent nettement rouges.

Divers biologie

La composition des nageoires est de XI épines et 15 à 17 rayons mous pour la dorsale et de III épines et 11 rayons mous pour l'anale.

Informations complémentaires

Ce mérou, très répandu dans son aire mais en faible densité, est plutôt farouche.
Son espérance de vie est estimée à une quinzaine d'années.
Dans certaines régions, il est connu comme pouvant transmettre, lorsqu'on le mange, une intoxication de type ciguatera*.

Réglementation

Il est classé LC, soit Least Concern, dans la liste rouge de l'UICN*, c'est-à-dire dont le statut de conservation est jugé de préoccupation mineure.
Pourtant, dans les zones où il est pêché, ce sont plutôt les gros individus, donc les mâles, qui sont capturés (et notamment en période de reproduction). Localement, cela pourrait entraîner un déséquilibre sexuel de la population.

Origine des noms

Origine du nom français

Badèche : de l'espagnol [abadejo] = lieu jaune, probablement de [abad] = abbé ;
tigre : les motifs en diagonale sur le haut des flancs rappellent le pelage du tigre, mais aussi la robe de la morue, ce qui lui vaut son nom antillais (vieille morue ou vierge morue).

Origine du nom scientifique

Mycteroperca : du grec [mykter] = nez et du grec [perke] = perche ;
tigris : du latin [tigris] = tigre.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Super classe Osteichthyes Ostéichthyens Vertébrés à squelette osseux.
Classe Actinopterygii Actinoptérygiens Ossification du crâne ou du squelette tout entier. Poissons épineux ou à nageoires rayonnées.
Sous-classe Neopterygii Teleostei Néoptérygiens Téléostéens Poissons à arêtes osseuses, présence d’un opercule, écailles minces et imbriquées.
Super ordre Acanthopterygii Acanthoptérygiens Rayons épineux aux nageoires, écailles cycloïdes ou cténoïdes, présence d'une vessie gazeuse et pelviennes thoraciques ou jugulaires, sans être systématiquement présents, sont des caractères que l'on ne rencontre que chez les Acanthoptérygiens.
Ordre Perciformes Perciformes Nageoires pelviennes très rapprochées des nageoires pectorales.
Sous-ordre Percoidei Percoïdes Une ou deux nageoires dorsales dont les éléments antérieurs sont des épines aiguës. Nageoires pelviennes avec une épine, rayons mous.
Famille Serranidae Serranidés 1 à 3 épines sur l’arrière de l’opercule.
Genre Mycteroperca
Espèce tigris

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