Mycale de Contarini

Mycale (Aegogropila) contarenii | (Lieberkühn, 1859)

N° 1927

Manche, Atlantique Nord-Est, Méditerranée

Clé d'identification

Eponge revêtante ou lobée
Consistance ferme
Douce au toucher
Couleur gris rosâtre à jaunâtre

Noms

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Spongia contarenii Martens, 1824
Esperia contarenii (Martens, 1824)
Mycale contareni (Martens, 1824)
Mycale contarenii (Martens, 1824)
Esperella aegagropila (Johnston, 1824)
Mycale aegagropila Johnston, 1842
Aegogropila varians Gray, 1867

Distribution géographique

Manche, Atlantique Nord-Est, Méditerranée

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Présente en Manche (de la Belgique à la Bretagne), sur les côtes de l’Atlantique Nord-Est (de l’Irlande au Portugal), sur les côtes nord-ouest de l’Afrique jusqu’aux îles du Cap Vert ainsi qu’en Méditerranée occidentale.

Biotope

Cette mycale habite les fonds rocheux et recouvre pierres, coquilles de bivalves ou stipes* d’algues de l’étage médiolittoral* inférieur jusqu’à une trentaine de mètres de profondeur. Elle préfère les sites abrités où les courants ne sont pas trop violents.

Description

La forme de cette éponge est variable, parfois revêtante et de faible épaisseur, elle peut se présenter également sous forme de lobes plus ou moins denses. Dans certains cas, ces lobes s’allongent, communiquent entre eux, donnant un aspect ramifié au spécimen. De quelques millimètres d’épaisseur, elle peut s’étendre sur quelques dizaines de cm². Sa couleur tend vers le gris rosâtre, le jaunâtre ou le jaune verdâtre. Sa consistance est ferme mais compressible et sa perception douce au toucher. Les oscules sont grands, peu nombreux et dispersés inégalement à la surface de l’éponge . L’ectoderme* est couvert de petits conules* donnant un aspect général réticulé*. Les principaux canaux exhalants menant aux oscules* sont plus ou moins visibles sous forme de veines translucides.

Espèces ressemblantes

Mycale macilenta : aspect plus velouté, nettement plus molle. Cependant une étude au microscope des spicules est fortement recommandée afin de différencier les deux espèces.

Alimentation

Les éponges sont des animaux filtreurs qui se nourrissent de microparticules : bactéries, algues unicellulaires, débris organiques, ne dépassant pas 3 micromètres en général. Le courant d’eau nécessaire est créé par le mouvement de cellules ciliées* spécifiques des éponges : les choanocytes*.

Reproduction - Multiplication

La reproduction peut être sexuée ou asexuée.
Sexuée
: les éponges sont en général hermaphrodites*, les gamètes* mâles et femelles d’une même éponge ne sont pas expulsés au même moment. Cette éponge est vivipare* et donne naissance à une larve* ciliée de type « parenchymella* », dernier stade embryonnaire, qui, libérée par l’oscule, se fixera sur son support après quelques jours de vie pélagique*. Les larves sont libérées en été (juin-juillet) au moment où la température de l’eau est la plus élevée.
Asexuée : par bourgeonnement* ou bouturage de fragments qui se détachent de l’éponge mère pour se fixer un peu plus loin.
La présence de gemmules externes caractéristiques a été observée au mois de mai en Méditerranée chez Mycale contarenii
La faculté de régénération de cette éponge a été mise en évidence lors d’expériences in vitro par Cl. Lévi et R. Borojevic dans les années 1964-1965.
On notera que les éponges ont une forte capacité de régénération.

Divers biologie

Comme tous les spongiaires, cette espèce est un animal très simple ne présentant pas de tube digestif et peu ou pas de cellules nerveuses. Elle ne se rétracte donc pas quand on la touche. Elle présente une couche de cellules externes (l’ectoderme) et une couche de cellules internes (l’endoderme), séparées par une sorte de gelée (la mésoglée). La cavité gastrique ou cavité interne (atrium*) est tapissée de cellules ciliées (les choanocytes*, caractéristiques des spongiaires) dont les flagelles créent un courant d’eau.
La respiration se fait par filtration de l’oxygène dissous dans l’eau.
Les spicules sont répartis en deux catégories : d’abord des mégasclères*, longues aiguilles typiques de 220 à 320 µm, pointues à une extrémité et munies d’une petite tête à l’autre, appelées tylostyles puis des microsclères parmi lesquelles ont observera des anisochèles* palmés, en forme de pinces à mors, de trois tailles différentes ainsi que des sigmas* de petites tailles, de forme lunaire, 16 à 22 µm et des toxes*, genres de petits vermicelles lisses et fins, de 20 à 70 µm.
Le squelette est constitué d’un ensemble de fibres disposées en réseau dense, dit réticulé.

Informations complémentaires

Lorsque, en 1859, Lieberkühn a repris les travaux de von Martens, il lui a attribué la paternité de cette éponge. Cependant il n’est mentionné aucune éponge du nom de Spongia contareni dans ce travail de Martens. En conclusion, on doit considérer Lieberkühn comme l’auteur de cette espèce.

Origine des noms

Origine du nom français

Mycale de Contarinii : francisation du nom scientifique.

Origine du nom scientifique

Mycale : du grec [mukê] = champignon, moisissure, aspect général que donne cette éponge.
contarenii : en hommage à Nicolò B. Contarini (1780-1849), naturaliste italien.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Porifera Spongiaires / Eponges Organismes exclusivement aquatiques, filtreurs, fixés au substrat, de formes variables, et percés d'orifices inhalants (ostioles ou pores) et exhalants (oscules).
Classe Demospongiae Démosponges

Eponges dont la charpente est constituée de spicules siliceux (différenciés en méga- et microsclères) et de collagène dispersé ou structuré en fibres de spongine. Ovipares ou vivipares, larve typique = parenchymula.

Ordre Poecilosclerida Poécilosclérides « Eponges à spicules variés ». Charpente de spicules siliceux (styles ou acanthostyles) renforcée de spongine. Plusieurs types de mégasclères et de microsclères (chèles, sigmas...).
Sous-ordre Mycalina Mycalines
Famille Mycalidae Mycalidés Squelette en réseau formé de styles ou tylostyles groupés en plumets. Nombreux types de microsclères, dont des anisochèles qui peuvent se grouper en rosettes.
Genre Mycale (Aegogropila)
Espèce contarenii

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