Grande lutraire

Lutraria oblonga | (Gmelin, 1791)

N° 3338

Atlantique Nord-Est, Méditerranée

Clé d'identification

Coquille à forme arquée sur l'arrière
Coquille régulière, épaisse, bâillant de chaque côté
Sommet jaunâtre jusqu'au brun sombre sur les bords
Deux longs siphons réunis qui s'écartent presque à angle droit hors du substrat

Noms

Autres noms communs français

Pied-de-couteau, lutraire soleniforme, patagau, lacogne

Noms communs internationaux

Oblong otter shell (GB), Lange slijkschelp (NL)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Mya oblonga Gmelin, 1791
Lutraria magna
(da Costa, 1778)
Lutraria solenoides Lamarck, 1801
Mactra hians Montagu, 1803

Distribution géographique

Atlantique Nord-Est, Méditerranée

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

On trouve la grande lutraire depuis la mer du Nord et les îles Britanniques jusqu'aux côtes d'Afrique du Nord. Elle vit aussi en Méditerranée et en mer Rouge.
Cette espèce est assez rare.

Biotope

Cette lutraire vit dans les petites poches de sable grossier, légèrement vaseux, de l'infralittoral*, mais aussi dans les estuaires ou les vasières des marais salants. Elle s'installe depuis le niveau de la basse mer jusqu'à 22 m de profondeur.
Ses longs siphons lui permettent de s'enfouir très profondément dans le sable (de 15 à 40 cm).

Description

Ce bivalve, de grande taille (jusqu'à 15 cm de longueur et 7 de large) présente un profil ovoïde et elliptique. Sa coquille est équivalve, régulière, épaisse, bâillant à chaque extrémité pour laisser passer le pied*. Elle a la particularité que sa forme s'incurve sur l'arrière et présente en surface de très fines lignes concentriques. Elle est peu renflée. La charnière est courte, composée d'un creux en triangle sur la valve gauche et d'une plaque en relief (chondrophore) sur la valve droite. Chaque valve comporte une dent cardinale en "V" renversé et deux lamelles latérales sommaires. Le crochet est obtus, peu saillant et situé au tiers de la longueur.
La couleur du périostracum* est jaunâtre sur le sommet et fonce sur les bords jusqu'à devenir brun sombre. L'intérieur de la coquille est blanc et se distingue par une ligne palléale* confondue, sur toute sa longueur, avec la partie inférieure du sinus* palléal.
L'animal est jaunâtre alors que le haut des siphons est blanchâtre, parfois terminé par un liseré roux ou pourpre. Il est attaché à la coquille par un ligament court et central, exclusivement interne. Les deux longs siphons sont réunis dans une gaine commune et permettent un enfouissement profond dans un substrat* meuble. Hors du substrat, les deux siphons s'écartent presque à angle droit. Ils se rétractent rapidement en laissant un trou ovale. Sur ses bords, le siphon inhalant se distingue par 9 longs tentacules* découpés et des plus petits intercalés entre eux. Le siphon exhalant est plus court et plus étroit, avec une série de tentacules fins.
Le pied* est grand, comprimé. Les lobes du manteau* sont fermés.

Espèces ressemblantes

Lutraria lutraria, la lutraire elliptique, est l'espèce la plus répandue sur les côtes françaises. Elle vit sur les plages de sable fin. Sa longueur peut atteindre 13 cm. La coquille est blanche, plus fine, avec un périostracum* verdâtre et son côté postérieur n'est pas arqué. On trouve très souvent ses valves en laisse de mer. L'extrémité des siphons est blanc laiteux, taché de rougeâtre. Ces siphons sont reliés presque jusqu'à leur bord.
Lutraria angustior, la lutraire étroite, a une longueur de 10 cm. Sa coquille est épaisse, allongée, avec le bord inférieur rectiligne. Le bord des siphons montre une bande brun rouge, une bande blanchâtre, puis des taches rouges. Ces siphons sont légèrement séparés avant leur extrémité.
Mya arenaria, la mye des sables, vit dans les fonds vaseux ; le ligament interne est beaucoup plus net et saillant ; il s'avance vers l'intérieur des valves.

Alimentation

Ce bivalve filtreur* suspensivore* crée un courant d'eau ; celle-ci entrant par le siphon inhalant est filtrée avant de ressortir par le siphon exhalant. Ce circuit d'eau permet au bivalve d'assurer les fonctions de nutrition, de respiration et d'excrétion. La lutraire se nourrit de phytoplancton* et de matière organique en suspension.

Reproduction - Multiplication

La reproduction est sexuée. Chez cette espèce gonochorique*, les sexes sont séparés sans dimorphisme* sexuel. Bivalve ovipare*, la lutraire expulse ses gamètes* mâles ou femelles dans l'eau de mer quand cette dernière a une température suffisamment élevée (été). Après quelques jours de vie planctonique*, les œufs fécondés vont donner naissance à des larves* qui se déposeront sur le fond.
Ces bivalves vivent là où la larve s'est posée, en s'enfouissant petit à petit.

Divers biologie

Les coquilles de cette lutraire sont souvent présentes comme laisses de mer. On a d'ailleurs remarqué que le périostracum, et même le ligament, restent très longtemps présents sur la coquille, après la mort de l'animal (peut-être plus d'un siècle).

Informations complémentaires

Cette espèce comestible est mangée crue ou cuisinée comme les couteaux, mais sa chair est coriace et peu goûteuse.

Origine des noms

Origine du nom français

Grande : c'est la plus grande des lutraires ;
Lutraire : traduction littérale du mot latin.

Origine du nom scientifique

Lutraria : du latin [lutarius] = qui vit dans la vase ;
oblonga : du latin [oblongus] = allongé, oblong.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Mollusca Mollusques Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies.
Classe Bivalvia / Lamellibranchia / Pelecypoda Bivalves / Lamellibranches / Pélécypodes Mollusques aquatiques, filtreurs, au corps comprimé latéralement. Coquille composée de 2 valves articulées disposées de part et d’autre du plan de symétrie. Absence de tête, de pharynx, de radula et de glande salivaire.
Sous-classe Heterodonta Hétérodontes Charnière à dents dissociées. Siphon bien développé permettant aux organismes de se nourrir et de respirer tout en restant enfouis.
Ordre Veneroida Vénéroïdes Coquille mince, allongée, dure et costulée, bâillante à une ou aux deux extrémités. Ligament à la fois interne et externe.
Famille Mactridae Mactridés Coquille équivalve, mince, porcelanée. Charnière à dents principales en forme de V. Ligament externe avec resilium, logé dans un chondrophore. Siphons entièrement ou partiellement unis. Sinus palléal arrondi, profond. Pas de byssus.
Genre Lutraria
Espèce oblonga

Nos partenaires