Lucernaire à quatre cornes

Lucernaria quadricornis | O.F. Müller, 1776

N° 1633

Atlantique Nord-Est et Nord-Ouest

Clé d'identification

Petite méduse en forme d'entonnoir, fixée par une ventouse
Pédoncule situé au centre de l'ombrelle
Couleur allant du jaune clair au blanc, du brun au gris vert
Taille moyenne de 75 mm
8 bras organisés par paires, de 100 à 140 tentacules par bras

Noms

Autres noms communs français

Lucernaire à quatre rayons

Noms communs internationaux

Horned stalked jellyfish, stalked jellyfish (GB), Vierhorn Becherqualle (D), Begermanet (N)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Lucernaria fascicularis Fleming, 1814
Lucernaria pyramidalis Haeckel, 1880

Distribution géographique

Atlantique Nord-Est et Nord-Ouest

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord, Atlantique Nord-Ouest

La lucernaire à quatre cornes est présente dans le Saint-Laurent, le fjord du Saguenay, dans l'archipel de Saint-Pierre et Miquelon et sur la côte atlantique, de l'Arctique au Cap Cod. On relève sa présence également en mer de Norvège, en Manche, ainsi qu'aux abords des côtes irlandaises et écossaises.

Biotope

Les lucernaires affectionnent les eaux infra- et circalittorales* peu profondes ; on les trouvera essentiellement fixées sur les rochers et sur les algues comme les laminaires.

Description

Lucernaria quadricornis est une petite méduse en forme d'entonnoir caractéristique, fixée par une ventouse. Un petit pédoncule* relie la ventouse à la couronne qui possède huit bras organisés par paires et garnis chacun par un bouquet d'environ 100 à 140 tentacules*. Ces bras sont reliés par une membrane transparente sur le bord de laquelle on observe, entre chaque bras, une petite papille ovoïde à rôle adhésif, l'ancre, caractéristique du genre. Sa taille est en général de 75 millimètres de hauteur, pour un diamètre de 50 millimètres. Sa couleur est variable, elle varie du jaune clair au blanc, du brun au gris vert. La bouche mène à un estomac à 4 alvéoles contenant chacune une paire de gonades*.

Espèces ressemblantes

- Haliclystus salpinx, la grande lucernaire à boutons, qui atteint 60 mm, et dont les ancres ont une forme de trompette,
- Lucernariopsis campanulata, espèce très proche, mais qui ne possède pas de boutons ou d'ancres à l'aisselle des bras.
- Haliclystus auricula, la petite lucernaire à boutons, qui atteint 40 mm, et dont les boutons ou ancres sont sphériques ou réniformes,
- Manania atlantica, la lucernaire atlantique, les huit bras sont disposés symétriquement;

c'est-à-dire non réunis deux par deux.

Alimentation

Cette méduse se nourrit de zooplancton* (essentiellement des petits crustacés : amphipodes, copépodes, mais aussi des petits vers et des petits mollusques) qu'elle capture à l'aide des cnidocytes* qui garnissent ses huit bouquets de tentacules. Ces petites proies sont ensuite dirigées vers le manubrium* transparent au centre de l'entonnoir, puis digérées au sein de la cavité gastrique qui se trouve dans le pédoncule. Les restes non digérés (coquilles, carapaces) sont évacués par la bouche.

Reproduction - Multiplication

La reproduction est sexuée et les sexes sont séparés. Les méduses mâles et femelles libèrent leurs gamètes* en pleine eau où a lieu la fécondation. Une larve* planula* pélagique* finit par tomber et se fixer sur un végétal. Elle se développe directement en une petite lucernaire.

Divers biologie

Les lucernaires sont fixées mais, comme les comatules, elles sont capables de se détacher de leur substrat* pour aller se fixer plus loin. L'ombrelle* est alors animée de contractions, comme toute méduse digne de ce nom.

Informations complémentaires

Des études récentes sur la physiologie et le développement des lucernaires démontreraient qu'elles forment un groupe bien à part au sein des scyphozoaires. Comme cela s'est déjà produit pour les cuboméduses, qui sont devenues les cubozoaires, il est question que les stauroméduses soient à leur tour regroupées dans la classe des staurozoaires ! Certaines classifications ont déjà adopté cette modification.

Origine des noms

Origine du nom français

Traduction directe du nom scientifique. La lucernaire de par sa forme évoque une lampe de chevet.
Quatre cornes : en lien avec les 4 paires de bras.

Origine du nom scientifique

Lucernaria : du latin [lucerna] = lampe,
quadricornis : du latin [quadricornis] = quadricorne.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Cnidaria Cnidaires

Organismes aquatiques (marins pour la plupart) libres ou fixés, carnivores, principalement à symétrie radiaire, caractérisés par des cellules urticantes : les cnidocytes. Deux morphologies principales : le polype et la méduse. La larve est une planula.

Sous-embranchement Medusozoa Médusozoaires Cnidaires présentant une phase méduse acraspède (le plus souvent libre et pélagique) dans leur cycle de reproduction. Scyphoméduses, cuboméduses et stauroméduses.
Classe Staurozoa Staurozoaires Lucernaires, ou stauroméduses. Méduses sessiles (perte de la génération planctonique), ombrelle surmontée d'un pédoncule de fixation. Bouquets de petits tentacules capités, perte des statocystes, manubrium de section carrée.
Ordre Stauromedusae Stauroméduses Unique ordre de Staurozoaires.
Sous-ordre Eleutherocarpida Eleuthérocarpides Gonades* alignées étroitement sur huit rangées. Estomac non cloisonné.
Famille Lucernariidae Lucernariidés
Genre Lucernaria
Espèce quadricornis

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