Littorine bleue

Melarhaphe neritoides | (Linnaeus, 1758)

N° 1576

Mer du Nord, Manche, Atlantique, Méditerranée, mer Noire

Clé d'identification

Espèce des anfractuosités rocheuses du haut de l'estran
Coquille turbinée* de 3 à 4 mm de long pour 2 de large
Ouverture ronde côté dernier tour, pointue côté apex
Couleur gris-bleuté (coquille sèche) ou noire (coquille humide)

Noms

Autres noms communs français
Mélarhaphe
Noms communs internationaux
Small periwinkle (GB), Kleine alikruik (NL)
Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides
Littorina neritoides (Linnaeus, 1758) est encore très fréquemment utilisé dans la littérature naturaliste. Citons aussi :
Littorina petraeus (Montagu, 1803)
Helix petraea (Montagu, 1803)
Turbo caerulescens (Lamarck, 1822)
Paludina glabrata (Pfeiffer, 1828)
Littorina insularum (Locard, 1892)

Certains sites de référence citent Melaraphe neritoides (avec un "h" en moins).

Distribution géographique

Mer du Nord, Manche, Atlantique, Méditerranée, mer Noire

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

La littorine bleue est présente sur l'ensemble de la façade atlantique européenne et sur les côtes nord-africaines jusqu'en Mauritanie, aux îles du Cap Vert et aux Açores. Elle est présente également en mer du Nord, en Manche, en Méditerranée et en mer Noire.

Biotope

La littorine bleue est une espèce caractéristique et indicatrice du supralittoral rocheux. Elle est commune sur les roches granitiques, observable surtout dans les fissures et anfractuosités à l'abri des grosses vagues. Elle est localement abondante dans les endroits humides bien exposés aux embruns, et d'autant plus abondante que le mode est battu, jusqu'à plusieurs mètres au dessus de la limite des plus hautes marées de vives eaux. Il est possible d'en rencontrer plus bas dans le haut du médiolittoral lors de grandes périodes de mer calme, notamment dans des carapaces de balanes vides.

Description

Melarhaphe neritoides est un petit gastéropode à coquille conique et à apex* pointu. Elle est turbinée*, à spire haute, et présente jusqu'à 6 tours séparés par une suture peu profonde. Sa longueur habituelle est de l'ordre de 3 à 4 mm (rarement 9 mm) pour un diamètre de 2 à 3 mm.
La couleur varie du gris clair au gris-noir (selon que la coquille est sèche ou humide) avec des reflets bleus pour les individus de l'Atlantique, ou brun clair avec des taches sombres ou des bandes claires à bleutées pour les individus de Méditerranée.
L'extérieur est finement sculpté de nombreuses et fines stries d'accroissement. Le labre est à peu près parallèle à la spire au point de jonction. L'ouverture est ronde côté dernier tour et pointue côté apex et est fermée par un opercule corné qui a donc la forme d'une goutte.
L'intérieur est brun foncé, poli, et brillant.
La tête porte un mufle renfermant une radula*, entouré de deux tentacules céphaliques translucides portant chacun un œil à sa base.
Le pied est blanc et la surface du corps est nettement plus sombre.

Espèces ressemblantes

Littorina saxatilis (Olivi, 1792) : la confusion peut être possible avec les jeunes individus, même si cette espèce vit légèrement plus bas.

Littorina punctata (Gmelin, 1791) : les tours sont un peu plus marqués et l'apex un peu plus pointu. Cette espèce est plus grande (6 mm) et ne vit qu'en Méditerranée.

Alimentation

La littorine bleue est herbivore. Elle se nourrit principalement de lichens, mais aussi d'autres végétaux.
Elle se déplace en rampant sur son pied sur de courtes distances à la recherche de nourriture dès que la mer se retire, en laissant derrière elle un reste d'humidité. Elle affectionne de préférence les lichens Verrucaria sp. et Caloplaca sp. dont elle râcle la surface au moyen de sa radula* mais aussi les diatomées, les cyanobactéries et quelques détritus végétaux. Le régime alimentaire de la littorine bleue est une adaptation secondaire aux conditions extrêmes de l'étage suppralittoral.
Elle cesse de s'alimenter durant les heures les plus chaudes et se réfugie au fond des crevasses.

Reproduction - Multiplication

Melarhaphe neritoides est une espèce gonochorique* c'est-à-dire à sexes séparés. La reproduction a lieu entre septembre et avril avec un pic à la fin de l'hiver. La fécondation est interne. Les œufs sont libérés en pleine eau. Leur éclosion donne des larves planctoniques qui dérivent pendant environ deux à trois semaines, puis retombent sur le substrat pour donner de jeunes littorines benthiques.

Vie associée

Il n'y a pas d'association particulière avec cette espèce, mais les zones rocheuses encroûtées par le lichen noir Verrucaria maura sont fort propices à sa présence.

Divers biologie

Un opercule corné étanche permet à l'animal se s'isoler dans sa coquille pendant les périodes de sécheresse.

Les mélarhaphes n'ont plus de branchies. C'est la cavité palléale très vascularisée qui permet les échanges gazeux. Il s'agit ici d'une adaptation à la vie quasi terrestre dans l'étage supralittoral.
Cette adaptation est poussée à l'extrême : les mollusques résistent au vent, à la déshydratation, à la pluie, et donc à de très fortes variations de température et de salinité !

Lors de grandes périodes de calme quelques individus peuvent se rencontrer dans le haut du médiolittoral à la recherche de nourriture. Ensuite ils se réfugient au fond des crevasses et sécrètent un mucus qui durcit au contact de l'air, ce qui permet de limiter les pertes en eau par évaporation. La perte de la branchie est un signe d'évolution. Elle montre le passage du milieu aquatique à la terre ferme. De ce point de vue Melarhaphe neritoides peut être considérée comme une forme de gastéropode prosobranche pratiquement terrestre !

Origine des noms

Origine du nom français

Littorine : francisation de l'ancien nom de genre Littorina ; ce gastéropode vit sur le littoral,
bleue : la coquille présente des reflets bleus caractéristiques.

Origine du nom scientifique

Melarhaphe : du latin [mela] = noir, et [rhaphe] ou [raphe] = suture,
neritoides : du grec [neritos] = coquillage marin, et suffixe [-oides] = en forme de, qui ressemble à...

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Mollusca Mollusques Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies.
Classe Gastropoda Gastéropodes Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules.
Sous-classe Caenogastropoda Caenogastropodes
Ordre Littorinimorpha Littorinimorphes
Famille Littorinidae Littorinidés
Genre Melarhaphe
Espèce neritoides

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