Helobdelle des étangs

Helobdella stagnalis | (Linnaeus, 1758)

N° 2660

Cosmopolite des eaux douces

Clé d'identification

Taille maximum 15 mm
Couleur blanchâtre ou verdâtre
Une seule paire d'yeux
Petite plaque cornée dans le premier quart antérieur du dos

Noms

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Helobdella modesta (Verrill, 1872)

Distribution géographique

Cosmopolite des eaux douces

Zones DORIS : Eau douce, Indo-Pacifique, Caraïbes, Atlantique Nord-Ouest

H. stagnalis a été trouvée partout dans les eaux douces de la planète : Europe, Asie, Afrique, Amérique du Nord et du Sud, Australie.
Signalée dès 1924 au Québec.

Biotope

On la trouve aussi bien en lac qu'en rivière à courant faible. Elle préfère les zones riches en végétation qui lui fournissent un abri et un large choix de proies. Elle privilégie les substrats durs (pierres, branches, feuilles) et évite les zones de vase et de sable où ses ventouses ne peuvent adhérer.
Elle supporte bien les eaux polluées et faiblement oxygénées.
On l'a trouvée dans des lacs à plus de 3200 m d'altitude.

Description

Cette petite sangsue d'une taille maximale de 15 mm (cf. infra), de couleur blanchâtre ou verdâtre, possède une seule paire d'yeux. Le critère physique qui permet de la distinguer des autres sangsues est la présence sur son dos, dans le premier quart antérieur, d'une petite plaque cornée.
Elle se déplace comme des chenilles arpenteuses : elle détache la ventouse antérieure (la plus petite), étire son corps vers l'avant, et fixe cette ventouse, détache la ventouse postérieure (la plus grande) et en arquant le corps, la place près de la ventouse avant, et ainsi de suite.
C'est une des sangsues les plus fréquemment rencontrées.


(*) Lorsqu'elle s'allonge au cours d'un déplacement, elle peut doubler voire tripler la longueur de son corps donc atteindre 30 à 40 mm.

Alimentation

H. stagnalis est équipée d'une trompe dévaginable* ( = qu'elle peut sortir de son corps) qui lui permet de perforer les téguments pour aspirer l'hémolymphe* des invertébrés : en particulier des Chironomidés (vers de vase) mais aussi des cloportes et des Planorbidés. C'est donc un prédateur et non un parasite. Elle chasse à l'affût et frappe sa proie de sa trompe utilisée comme une lance.
Elle passe l'hiver pratiquement sans manger, engourdie et enfouie dans la vase.

Reproduction - Multiplication

Hermaphrodite*, ses organes sexuels se trouvent sur sa face ventrale au niveau du premier tiers de son corps : l'orifice génital mâle est situé un peu en avant de l'orifice femelle. La reproduction est exclusivement sexuée et croisée (pas d'auto-fécondation). L'accouplement en position tête-bêche permet la transmission d'un spermatophore* vers l'orifice génital femelle (ou à défaut de le coller au corps du partenaire). Les spermatozoïdes traversent alors la paroi du corps.
Les œufs sont déposés dans un cocon à paroi mince qui se forme après la reproduction (produit par le clitellum*). Entre mai et août, on trouve le cocon fixé au ventre de son géniteur qui va le transporter quelques semaines jusqu'à l'éclosion des œufs qui a lieu entre juin et septembre.
Les jeunes sangsues qui en sortent restent encore pendant un certain temps attachées à leur géniteur par leurs ventouses et profitent des restes de ses repas.


Rythme des générations :
- Les individus ayant passé l'hiver produisent une couvée en mai et meurent après la reproduction ;
- Les juvéniles croissent assez rapidement et atteignent la maturité sexuelle en deux groupes :
- le premier groupe (environ le tiers des juvéniles mais cette proportion peut varier) peut se reproduire dès juillet-août et meurt après la reproduction alors que sa progéniture passe l'hiver ;
- le deuxième groupe passe l'hiver et se reproduit au printemps suivant.
Les adultes mourant après la reproduction, l'espérance de vie est de l'ordre d'une année maximum.


Remarques
- les chercheurs supposent que la température de l'eau joue un rôle dans ce phénomène de double génération annuelle : il ne semble pas se produire dans les lacs aux eaux particulièrement froides (une seule génération par an) ;
- des études ont établi que les individus du lac Utah aux U.S.A., avaient deux portées successives en mai et juin. Ils ne mourraient donc pas après leur première reproduction. On n'a pu ni déterminer les causes (bien que l'influence de la température de l'eau soit suspectée) ni savoir si ce phénomène est limité à ce seul lac.

Origine des noms

Origine du nom français

Nom proposé par DORIS : traduction du nom scientifique.

Origine du nom scientifique

Helobdella : du grec [helo] = marécage et du grec [bdella] = sangsue
stagnalis : du latin [stagnalis] = d'étang.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Annelida Annélides Vers segmentés (annelés) à section cylindrique, à symétrie bilatérale constitués d’anneaux identiques. Le premier segment porte la bouche et le dernier l’anus. Nombreuses formes marines, dulcicoles ou terrestres, libres ou parasites.
Classe Clitellata Clitellates Annélides hermaphrodites, dont quelques segments sont enveloppés dans une enveloppe glandulaire.
Sous-classe Hirudinea Hirudinées / Achètes Annélides aquatiques, principalement d'eau douce, sans soies ni parapodes, mais possédant une ventouse postérieure et parfois une antérieure. Ectoparasites d'animaux aquatiques et de vertébrés terrestres.
Ordre Rhynchobdellida Rhynchobdelliformes

Sangsues sans mâchoires, à trompe dévaginable, marines ou d'eau douce. Appareil circulatoire différencié. Toutes sont aquatiques.

Famille Glossiphoniidae Glossiphoniidés

Sangsues au corps aplati avec une ventouse antérieure peu visible, vivant en eau douce et toutes parasites de mollusques ou d'amphibiens.

Genre Helobdella
Espèce stagnalis

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