Foraminifère-massue

Halyphysema tumanowiczii | Bowerbank, 1862

N° 2858

Atlantique Nord-Est, Manche, mer du Nord, Méditerranée

Clé d'identification

Couleur blanche
Moins de 1mm
Forme de massue
Disque basal
Pédoncule tordu

Noms

Autres noms communs français
Foraminifère agglutinant
Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Haliphysema tumanowiczii (Bowerbank, 1862)
Squamulina scopula Carter, 1870
Halyphysema primordiale Haeckel, 1877
Gastrophysema dithallamium Haeckel, 1877

Distribution géographique

Atlantique Nord-Est, Manche, mer du Nord, Méditerranée

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Cette espèce a été décrite originellement autour des îles Britanniques, signalée aussi en Norvège et en Corse.
Elle est probablement répandue dans toutes les mers tempérées.

Biotope

L'espèce est signalée depuis la zone de battement des marées jusqu'à 45 m, on la retrouve dans la zone des laminaires.
Elle apprécie les zones exposées aux courants, facilitant à la fois la capture de nourriture et la récupération des éléments utilisés pour la construction de la structure.
On a une chance de voir ces foraminifères le plus souvent fixés sur des hydraires dressés (comme Halecium halecinum, Hydrallmania falcata) mais aussi sur des algues rouges comme Solieria chordalis. On les a observés aussi sur d'autres espèces, par exemple sur le pédoncule de l'ascidie Aplidium punctum).

Description

Le foraminifère-massue est de couleur blanche et mesure moins de 1 mm, ce qui ne facilite pas son observation en plongée. Les observations détaillées doivent se faire en laboratoire, avec une loupe binoculaire.
Il est fixé par un petit disque basal. La partie supérieure, de section cylindrique s'élargissant vers le haut, forme une sorte de massue.
Le pédoncule est tordu irrégulièrement chez les individus les plus grands, mais il est droit chez les plus jeunes individus. La structure est composée de grains de sable et de nombreux fragments de spicules*, agglutinés grâce aux pseudopodes*. Des spicules entiers, ou les gros fragments, sont le plus souvent orientés dans l'axe du cylindre, excepté à l'extrémité, où ils sont disposés en "pelote d'aiguilles". Ces divers éléments sont soudés par un ciment calcaire.
Quelques grains de sable relativement gros sont fréquemment coincés entre les spicules dressés à l'extrémité. Les pseudopodes s'étirent vers l'extérieur, pour capturer nourriture et éléments exogènes pour la structure.

Espèces ressemblantes

Halyphysema ramulosa Bowerbank, 1862 est une espèce très proche, qui forme des colonies ramifiées. H. tumanowiczii n'est pas ramifiée, bien que Carter, 1870 ait défini pour Squamulina scopula une "variété branchue".

On pourrait facilement confondre ce foraminifère avec une éponge, de par sa forme et la présence de nombreux spicules. Lors de la description de cette espèce, Bowerbank l'avait d'ailleurs classée parmi les éponges, tout en précisant qu'il n'avait jamais pu observer de pores ou d'oscules.

Sur les hydraires où il vit fixé, ce foraminifère pourrait être confondu avec les gonothèques* de forme plus ou moins semblable (confusion liée à la petite taille). Néanmoins, la couleur franchement blanche du foraminifère devrait permettre d'éviter cette confusion. Un examen à la loupe reste cependant utile (voire indispensable…).

Alimentation

Comme tous ses cousins, le foraminifère-massue utilise ses pseudopodes collants pour capturer ses proies : d'autres animaux microscopiques (des ciliés, des actinopodes) ou des algues microscopiques (diatomées). Occasionnellement, il peut capturer des larves planctoniques : nématodes ou crustacés.

Reproduction - Multiplication

Elle est très peu connue.
Il semble que la reproduction des foraminifères (5 000 espèces actuelles connues) soit complexe, faisant alterner des générations haploïde* et diploïde*, avec chez certaines espèces de forts dimorphismes sexuels.

Vie associée

On trouve le foraminifère-massue fixé le plus souvent sur des hydraires dressés. Il ne s'agit pas d'une véritable association mais de l'utilisation opportuniste d'un support élevé qui permet à cette petite espèce de ne pas être ensevelie sous le sédiment et qui facilite également la capture de nourriture.

Divers biologie

Ce foraminifère agglutinant utilise ses pseudopodes* (petits appendices collants) pour récupérer dans le courant grains de sable et spicules* d'éponges, débris ou éléments entiers, pour construire sa structure. La nature exogène des spicules est nettement confirmée par l'examen au microscope : on trouve de très nombreux débris et des spicules caractéristiques d'espèces très différentes, provenant donc de plusieurs espèces d'éponges.

Informations complémentaires

Dès la description de l'espèce, Bowerbank avait émis des doutes en classant cette espèce parmi les éponges, car il n'avait pu observer ni pores ni oscules.
C'est Carter en 1870 qui le décrit comme étant un foraminifère.

Ces animaux de petite taille doivent souvent passer inaperçus des plongeurs. Sur les sites où ils ont été observés, ils constituent pourtant des populations très nombreuses.

Origine des noms

Origine du nom français

Foraminifère-massue est une proposition du site DORIS, en rapport (toutes proportions gardées...) avec la forme de ce foraminifère agglutinant.

Origine du nom scientifique

Halyphysema : à l'origine, ce genre a été créé par rapport à des genres utilisés pour les éponges (cf. première description, par Bowerbank). Du grec [hal-] : en rapport avec le sel, la mer ; et [physema] = gonflement, ce qui correspond à la forme renflée vers l'extrémité.

tumanowiczii : en hommage à C.I. Tumanowicz ou Tumanovicz, qui a publié plusieurs études sur les algues.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Foraminifera Foraminifères

Les Foraminifères sont exclusivement aquatiques, on en trouve dans les océans, les eaux saumâtres, les eaux douces. Les espèces sont planctoniques ou benthiques (dans ce cas, le test est libre ou fixé sur un substrat). La plupart produisent un test organique ou minéral composé d'une ou plusieurs loges, communiquant entre elles par des ouvertures appelées foramens. L'arrangement des loges est extrêmement varié. Les ouvertures de la dernière loge permettent à l'animal d'interagir avec son environnement en émettant des pseudopodes.

Ordre Astrorhizida Astrorhizidés

Foraminifères benthiques de formes variées, dont le test est formé d'éléments agglutinés par un ciment organique.

Famille Dendrophryidae Dendrophryidés
Genre Halyphysema
Espèce tumanowiczii

Nos partenaires