Huîtrier pie

Haematopus ostralegus | Linnaeus, 1758

N° 1737

Cosmopolite

Clé d'identification

Taille : 40 à 45 cm
Envergure : 80 à 86 cm
Tête, cou, haut de poitrine et dos noir
Ventre blanc
Bec long et rectiligne, rouge orangé
Pattes roses

Noms

Autres noms communs français

Huîtrier de mer, pie de mer, cipaille

Noms communs internationaux

Eurasian oystercatcher (GB), Beccaccia di mare (I), Ostrero (E), Austernfischer (D), Scholekster (NL)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Selon Alan P. Peterson, on distingue quatre sous-espèces :
Haematopus ostralegus ostralegus Linnaeus 1758
Haematopus ostralegus osculans Swinhoe 1871
Haematopus ostralegus longipes Buturlin 1910
Haematopus ostralegus buturlini Dementiev 1941
D'autres auteurs en décrivent davantage.

Distribution géographique

Cosmopolite

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord, Eau douce d'Europe, Atlantique Nord-Ouest

Cet oiseau est répandu dans presque toutes les parties du monde, sauf en Amérique centrale et du Sud ainsi qu'en Océanie.
En Europe il est présent sur toutes les côtes de la Norvège jusqu'aux côtes de l'Afrique du Nord. Les populations nordiques sont migratrices et hivernent au sud de l'Europe et sur les côtes du Maghreb ; les populations les plus au sud sont sédentaires. Au nord de la mer Noire et en Asie centrale, il niche autour des lacs salés.
En France, on recense une population d'huîtriers pie sédentaires, en Normandie, Bretagne, autour du bassin d'Arcachon et en Camargue. En hiver, ils sont rejoints par un grand nombre venant des Pays-Bas ou de Scandinavie, ce qui augmente considérablement la population d'huîtriers pie sur notre littoral.

Biotope

Cet oiseau limicole* fréquente essentiellement le littoral, avec une préférence pour les étendues sableuses des baies et les rivages plats des estuaires. Depuis quelques années, on le rencontre aussi sur les prairies côtières.

Description

L'huîtrier pie est la seule espèce d'huîtrier vivant en France. Il se présente comme un échassier assez robuste ; la taille varie entre 40 et 45 cm de longueur, pour une envergure de 80 à 86 cm et un poids de 400 à 700 g. C'est un oiseau entièrement bicolore, noir sur le dos, la poitrine, la tête et le cou, et blanc sous le ventre, avec les ailes et la queue noir et blanc.
Les pattes sont entièrement rouge rosé ; le bec long, droit et rouge orangé s'accorde avec l'œil, rouge lui aussi. Le mâle et la femelle sont strictement identiques.
Les juvéniles, brun noirâtre, portent un bec orangé clair avec un large bout noir et les pattes grisâtres.

Espèces ressemblantes

Il n'y a guère d'oiseau ressemblant à l'huîtrier pie sur nos côtes.



Les sous-espèces diffèrent sur la distribution géographique, la longueur du bec et la taille des barres alaires* blanches.
- Haematopus ostralegus ostralegus Linnaeus 1758 : nord-ouest de l'Europe
- Haematopus ostralegus buturlini Dementiev 1941 : zone désertique du Kazakhstan.
- Haematopus ostralegus longipes Buturline 1910 : Eurasie principalement au Kazakhstan
- Haematopus ostralegus osculans Swinhoe 1871 : Chine du Nord, bec très long, rouge en partie haute et marron gris sur la pointe.
- Haematopus ostralegus finschi G.H. Martens, 1897 : Nouvelle Zélande, bec très long et rouge.

Alimentation

Il est capable d'ouvrir la plupart des bivalves (moules et coques), dont il est très friand. Grâce à son bec robuste en forme de lame, il coupe les muscles qui relient les valves.
Il ne dédaigne pas non plus les littorines, les crevettes, les petits crabes, ou les vers marins.
Dans les prairies de bord de mer, il mange aussi les vers de terre, et très rarement des petits poissons.

Reproduction - Multiplication

Au printemps, en général la femelle choisit le site de nidification. Le mâle construit alors un nid rudimentaire dans une dépression de terrain, qu'il garnit de débris végétaux, de coquillages ou de cailloux. La femelle vient y déposer deux à cinq œufs, mesurant entre 50 et 70 mm par 35 à 50 mm, chamois ocre, décorés de filaments brun noir. Ils sont couvés par les deux parents pendant 24 à 30 jours.
Les poussins sont nidifuges* et trottinent derrière leurs parents. Ils prennent leur envol après un mois mais peuvent rester avec les parents jusqu'à six mois. Les deux adultes prennent en charge l'éducation des petits.
La nidification se fait en couples séparés et le mâle défend vigoureusement son territoire et sa famille.
La maturité sexuelle est atteinte à l'âge de 3 ans pour les femelles et 4 ans pour les mâles.
C'est un oiseau monogame, les couples sont fidèles à leur partenaire et à leur site de nidification.

Vie associée

Cet oiseau vit en bandes, hormis pendant la nidification. Couramment, ce sont des groupes de 30 à 80 individus qui se déplacent au ras de l'eau en vol irrégulier très rapide. Ce vol droit et rapide rappelle un peu celui des canards.
Le vol nuptial dit "de papillon" est complétement différent du vol habituel, plus lent, plus lourd.

Divers biologie

C'est un oiseau bruyant dont le cri varie en fonction de la situation.
Pendant la parade nuptiale, il utilise des trilles sifflants pour dissuader l'adversaire éventuel ou pour défendre le territoire. En temps normal, il émet des "pic-pic-pic" sonores qui servent aussi à établir les hiérarchies dans la colonie.
Cette espèce a une activité aussi bien diurne que nocturne.
En France on compte entre 700 et 800 couples nicheurs, principalement en Bretagne et Normandie.
L'espérance de vie de cet oiseau est de 36 à 40 ans.

Informations complémentaires

Cette espèce est menacée par la diminution de son alimentation qu'elle trouve sur l'estran* à marée basse du fait de la surexploitation des coquillages par les pêcheurs à pied, la disparition naturelle des sites de moules sauvages et des bancs de coques.
Autre source d'inquiétude, la dégradation des sites d'hivernage par la pollution ou l'activité humaine.
L'espèce est sensible à la grippe aviaire.

Réglementation

Communautaire :
- Directive Oiseaux : Annexe II/2
International :
- Convention de Berne : Annexe III
- Convention de Bonn : Accord AEWA [1999]
De portée nationale :
- Oiseaux protégés : Article 5

Origine des noms

Origine du nom français

L'origine du nom d'Huîtrier se rapporte à son régime alimentaire à base de coquillages. Cependant, il n'a pas encore été prouvé qu'il était capable d'ouvrir une huître adulte ou même juvénile.
L'appellation pie indique une couleur noire et blanche, comparable à celle de la pie.

Origine du nom scientifique

Haematopus : du grec [hémato] = sang et du grec [podos] = pied : soit à pattes rouges.
ostralegus : du latin [ostrea] = huître et du latin [lego] = ramasser, cueillir, recueillir en référence à son alimentation à base d'huîtres et de moules.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Classe Aves Oiseaux Vertébrés à plumes, ovipares. Les membres antérieurs sont transformés en ailes.
Ordre Ciconiiformes Ciconiiformes Grands oiseaux échassiers avec de longues pattes et un long cou, vivant en général dans des lieux humides, d'où ils extraient leur nourriture.
Sous-ordre Charadriiformes Charadriiformes

Oiseaux plus ou moins aquatiques, au bec pointu et aux pattes fines.

Famille Haematopodidae Haematopodidés
Genre Haematopus
Espèce ostralegus

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