Doris de Villefranche

Felimare villafranca | (Risso, 1818)

N° 70

Méditerranée et Atlantique du Maroc à la Manche

Clé d'identification

Couleur générale bleu indigo
Rhinophores et branchies bleu clair grisonnant
Réseau de fines lignes jaunes ou orange ou blanches sur tout le corps
Pied et flancs bien visibles

Noms

Noms communs internationaux

Villafranca-Doris (D, GB, E, NL), Doride di Villafranca (I).

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Le nom de genre Felimare a remplacé celui d'Hypselodoris chez certaines espèces, après une étude de Johnson et Gosliner en 2012 de typage des Chromodorididés par l'ADN mitochondrial. Tous les sites scientifiques de référence n'ont pas encore intégré cette modification récente (et peut-être transitoire). Le nom de genre Hypselodoris est donc encore provisoirement utilisé sur la présente fiche et les photos, dans l'attente d'une harmonisation des sites et d'une pérennisation du nom de genre.

Anciennement appelé Glossodoris gracilis, Hypselodoris gracilis ou Chromodoris villafranca.
Il faut noter que la description trop succincte des premiers auteurs ne permettait pas une identification (détermination ??) fiable de cet Hypselodoris bleu. Cependant la révision précise faite par les auteurs espagnols Ortea J., Valdés A., et García-Gómez J.C en 1996 de la famille des Chromodoridés bleus d'Atlantique, permet une détermination beaucoup plus précise de ce groupe.

Doris caerulea Risso 1826
Doris gracilis Rapp 1827
Doris pulcherrima Cantraine 1835
Doris tenera Costa O.G. 1848
Doris schultzii delle Chiaje 1841
Doris villae Vérany 1846
Doris pasini Veraby 1846
Chromodoris messinensis Ihering 1880
Hypselodoris villafranca (Risso, 1818)

Distribution géographique

Méditerranée et Atlantique du Maroc à la Manche

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Felimare villafranca est l'espèce européenne de Chromodoris bleus à la plus large distribution. On le retrouve dans toute la Méditerranée jusqu'à Chypre et les côtes israéliennes et sur les côtes de l'Atlantique proche, de la Manche au Maroc. Mais aucune observation n'a été faite dans les îles : du Cap Vert (confusion avec Hypselodoris pinna Ortea, 1988), des Canaries, de Madère et des Açores. (Voir « reproduction » pour avoir l'explication).

Biotope

Ce nudibranche est présent, plutôt à l'abri de la lumière, sur des algues calcaires dès les premiers mètres (zones calmes), jusqu'aux zones de coralligène* vers 40 mètres. Surtout rencontré dans les dix premiers mètres, sur les fonds durs secondaires*, et principalement sur les éponges du genre Dysidea, Ircina et Spirastrella dont il se nourrit. Il est également commun dans les lagunes littorales de Méditerranée.

Description

L'allure générale de ce nudibranche est svelte, lisse et allongée. La couleur générale est bleu indigo à l'aspect velouté (mais parfois plus clair). Le manteau est bordé de jaune sur sa face dorsale. De nombreuses fines lignes dorsales jaune fauve ou jaune orangé et/ou blanches forment des dessins irréguliers représentant un réseau de lignes plus ou moins interrompues et à orientation principale longitudinale. On note également une série de taches faisant le tour du manteau et du pied, de couleur bleu clair iridescent. Ce nudibranche présente une variation de couleur en fonction de sa zone géographique et probablement en fonction de son âge.
Le pied et les flancs sont bien dégagés -et bien visibles- par un manteau court et aux limites peu soulignées. Pied et flancs sont également parcourus par de fines lignes jaunes et/ou blanches. Le pied est néanmoins plus étroit que le manteau.
Les lignes dorsales jaunes forment un cercle autour du panache branchial.
Les feuillets* branchiaux* (pennés)*, au nombre de huit, présentent une ligne jaune pâle longitudinale interne et externe.
Les branchies et rhinophores sont bleu pâle grisonnant. Ils peuvent tous deux se rétracter si l'animal est dérangé, et ne plus laisser apparaître que de petits cercles jaunes à leur emplacement.
Les rhinophores montrent une vingtaine de lamelles. Une ligne longitudinale blanche parcourt l'arrière des rhinophores à la jonction de ces lamelles.
Certains jeunes adultes peuvent avoir 3 lignes parallèles sur le dos, comme F. picta.
Taille habituelle : 25 à 36 mm environ, suivant les auteurs.

Espèces ressemblantes

F. tricolor présent dans le bassin méditerranéen occidental, l'Adriatique et dans l'Atlantique Est adjacent ;
F. fontandraui en Méditerranée et proche Atlantique ;
F. bilineata et F. cantabrica en Atlantique.
(Voir le tableau comparatif sur les Chromodoris bleus sur le site : www.nembro.info.)

Alimentation

Ce sont des éponges du genre Dysidea (en particulier Dysidea fragilis), Ircina et Spirastrella dont se nourrit le Doris de Villefranche.
Les gastéropodes râpent leurs aliments avec leur radula* (sorte de râpe constituée de rangées de dents calcaires).

Reproduction - Multiplication

Les mollusques se reproduisent uniquement par voie sexuée et sont ovipares* (pondent des œufs fécondés). Les nudibranches sont hermaphrodites* (mâle et femelle). Ils possèdent les organes reproducteurs du mâle et de la femelle, tous deux fonctionnels. Mais l'autofécondation n'a jamais été prouvée, ainsi, l'accouplement est nécessaire pour l'échange de gamètes* et la fécondation*.
Un orifice génital est souvent bien visible sous le manteau, à l'avant droit de l'animal. Cette disposition latérale des orifices génitaux, explique la position tête-bêche adoptée par les doris lors de l'accouplement pour s'entre-féconder.
F. villafranca:
Dans le nord de l'Espagne, la reproduction a lieu d'avril à juin pour des individus matures de 25 mm de longueur. Chez cette espèce, la ponte est un ruban enroulé sur deux tours et d'environ 12 mm de diamètre. Elle contient environ 400 à 500 œufs orangés. La section du ruban est grossièrement rectangulaire.
La larve* donnera un adulte par métamorphose*. Les rares observations semblent montrer que le développement soit direct (pas de phase pélagique). Ces pontes avec un développement direct expliqueraient pourquoi cette espèce n'a pas colonisé les îles du proche Atlantique.

Divers biologie

La forme des dents de la radula, particulière à chaque espèce, est un critère majeur dans l'identification des espèces. Chez F. villafranca la radula* à une 1ère dent latérale tricuspidée, toutes les autres sont bicuspidées.

Origine des noms

Origine du nom français

Francisation du nom latin.

Origine du nom scientifique

Felimare : du latin [felis] = chat et [mare] = mer : chat de mer. L'origine de ce nom de genre, originellement créé par les malacologues brésiliens Eveline et Ernst Marcus en 1971, est une hypothèse. Le couple Marcus était habitué des dénominations "bizarres" et ne donnait jamais d'explications sur le sujet. On peut sans doute chercher cette origine dans la sympathie appuyée d'Eveline Marcus (1901-1990) pour les chats.

villafranca : de Villefranche. Dès 1809, l'Observatoire Océanologique de Villefranche-sur-Mer (06) montre une vocation à la recherche océanologique. Le nom vient du fait que le découvreur de l'espèce (et donc qui donne le nom) l'a découvert à Villefranche, ce qui ne veut pas dire que l'on ne la trouve qu'à Villefranche-sur-Mer !

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Mollusca Mollusques Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies.
Classe Gastropoda Gastéropodes Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules.
Sous-classe Opisthobranchia Opisthobranches Coquille présente, réduite ou absente. Branchies à l’arrière du cœur. Principalement marins ou d’eau saumâtre, rare en eau douce (une dizaine d’espèces, Ordre des Acochlidea).
Ordre Nudibranchia Nudibranches Cavité palléale et coquille absentes chez l’adulte. Lobes pédieux souvent absents aussi. Respiration cutanée, à l’aide de branchies, de cérates ou d’autres appendices. Tête portant une ou deux paires de tentacules, les tentacules postérieurs ou rhinophores peuvent parfois être rétractés dans des gaines. Principalement marins ou d’eau saumâtre.
Sous-ordre Doridina Doridiens Corps aplati. Anus dorsal entouré complètement ou partiellement par des branchies de remplacement ramifiées qui peuvent être rétractées (voire absentes). Mangeurs d’éponges, habituellement armés de spicules calcaires internes.
Famille Chromodorididae Chromodorididés Doridiens au corps mou allongé et étroit, à coloration vive. Dos en général lisse, bord du manteau développé à l’avant. Pied effilé à l’arrière, dépassant du manteau. Rhinophores lamellés, tentacules buccaux courts et coniques, branchies pennées.
Genre Felimare
Espèce villafranca

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