Faceline bleutée

Facelina auriculata | (Müller, 1776)

N° 567

Atlantique Nord-Est et Méditerranée

Clé d'identification

Première rangée de cérates bien séparée des autres
Pied étroit et cérates assez courts
Marques blanches sur les rhinophores, annelés, et sur les tentacules buccaux, très longs
Iridescence bleue sur les cérates et sur la tête
Autour de la bouche une teinte rose

Noms

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Facelina plumosa (Fleming, 1828)
Facelina coronata (Forbes & Goodsir, 1839)
Eolidia coronata Forbes & Goodsir, 1839
Facelina coronata Aider & Hancock, 1855

Distribution géographique

Atlantique Nord-Est et Méditerranée

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Facelina auriculata est présente en Atlantique depuis la Norvège jusqu'à la Méditerranée.

Biotope

La faceline bleutée vit dans l'infralittoral, à plus de 15 m, mais peut aussi être trouvée à marée basse à l'abri dans les cuvettes, très souvent sur le substrat dont elle se nourrit (hydraires), et sur les algues qui portent ces hydraires (laminaires...).

Description

Cette faceline peut atteindre 50 mm environ, son pied est étroit et ses cérates* sont assez courts (leur longueur dépasse rarement le quart de la longueur du corps, qui paraît assez élancé). Elle est surtout caractérisée par une première rangée de cérates bien séparée des autres. Son corps est translucide, mais autour de la bouche on peut observer une teinte rose assez caractéristique de cette espèce - mais non déterminante - tout comme l'est l'iridescence bleue qui se voit sur les cérates et sur la tête, particulièrement chez les individus des eaux plus profondes (quelques individus ne montrent que peu cette iridescence...). Derrière les rhinophores*, qui sont annelés, se devine par transparence à travers le tégument l'œsophage, rouge. Les tentacules buccaux sont longs. Sur ceux-ci, ainsi que sur les rhinophores, la partie terminale des cérates et la queue, on peut observer des marques blanches. La couleur interne des cérates peut beaucoup varier en fonction de la nourriture ingérée...

Entre 2017 et 2018, à Arcachon comme à Thau (voir photos) une variante blanche a été observée par plusieurs plongeurs.
En l'absence d'études poussées (ADN) elle est nommée Facelina cf. auriculata.

Espèces ressemblantes

Facelina bostoniensis (Couthouy, 1838), qui possède un pied large, souvent dissimulé par de longs cérates dorsaux qui recouvrent également la queue.



Facelina annulicornis (Chamisso & Eysenhardt, 1821), qui possède une ponctuation générale blanche sur tout le corps.

Alimentation

La faceline bleutée se nourrit de différentes espèces d'hydraires, mais plus particulièrement d'Obelia geniculata et de Tubularia sp. (le plus souvent Tubularia indivisa).

Reproduction - Multiplication

Ces mollusques sont hermaphrodites*, les individus s'échangeant simultanément leurs gamètes* pendant un accouplement croisé. La ponte est déposée sous la forme d'un cordon spiralé "à la grecque", ce qui est fréquent chez les éolidiens, sur la base de Tubularia sp. par exemple.

Divers biologie

Deux traits caractéristiques des éolidiens sont la présence de cérates* (les appendices dorsaux) ainsi que l'absence du panache branchial visible ou présent dans d'autres sous-ordres... En effet, la respiration des éolidiens se fait non pas au travers de branchies mais directement au travers de la membrane des cérates. On parle de respiration cutanée.



Les rhinophores* sont les organes "chimiques" des nudibranches. C'est entre autre grâce à eux que l'animal perçoit son environnement, reconnaît les signaux de ses congénères ou ses proies.
Ces rhinophores sont également utiles à l'orientation car sensibles aux paramètres physiques, comme le sens des courants, la luminosité, la température, etc...



Les tentacules buccaux sont, eux, plus précisément destinés à un rapport de contact avec l'environnement.



La radula*, pièce physique primordiale dans la nutrition de la plupart des mollusques opisthobranches, est une sorte de langue râpeuse, située dans le larynx et constituée de nombreux denticules acérés. La forme de la radula, des denticules, leur agencement, sont des éléments spécifiques d'une espèce donnée et sont discriminatifs quant à l'identification et la taxonomie de cette espèce. Son observation exige néanmoins du matériel optique de laboratoire.

Origine des noms

Origine du nom français

Francisation du nom de genre et proposition pour "bleutée" car c'est, de toutes les facelines, celle qui possède le plus cette caractéristique.

Origine du nom scientifique

Facelina vient du latin et désigne un aspect marqué de lignes. Ce terme a autrefois désigné les fagots dans lesquels Oreste aurait amené la statue de Diane de Scythie en Italie. Facelina est le surnom de Diane en Sicile.
L'adverbe latin facete concerne par ailleurs quelque chose d'élégant, de fin...

auriculata vient du latin et signifie auriculée, c'est à dire "à oreilles". Peut-être parce que la première rangée de cérates est séparée des autres et que Otto Frederik Müller a trouvé que cela ressemblait à des oreilles ?

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Mollusca Mollusques Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies.
Classe Gastropoda Gastéropodes Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules.
Sous-classe Opisthobranchia Opisthobranches Coquille présente, réduite ou absente. Branchies à l’arrière du cœur. Principalement marins ou d’eau saumâtre, rare en eau douce (une dizaine d’espèces, Ordre des Acochlidea).
Ordre Nudibranchia Nudibranches Cavité palléale et coquille absentes chez l’adulte. Lobes pédieux souvent absents aussi. Respiration cutanée, à l’aide de branchies, de cérates ou d’autres appendices. Tête portant une ou deux paires de tentacules, les tentacules postérieurs ou rhinophores peuvent parfois être rétractés dans des gaines. Principalement marins ou d’eau saumâtre.
Sous-ordre Aeolidiina Eolidiens Corps long et effilé portant des cérates simples, alignés ou non sur plusieurs rangées ou en bouquets. Tête avec deux paires de tentacules, la postérieure (rhinophores) sans gaine. Coins antérieurs du pied parfois effilés en tentacule. La majorité consomme des cnidaires mais certains mangent d’autres opisthobranches ou des œufs de poissons.
Famille Facelinidae Facelinidés Eolidiens au corps grêle, aux cérates groupés en faisceaux, sans pédoncule. En général tentacules pédieux, rhinophores à lamelles ou annelés.
Genre Facelina
Espèce auriculata

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