Élodée du Canada

Elodea canadensis | Michx.

N° 356

Cosmopolite

Clé d'identification

Plante immergée sans racines
Fixée ou flottante
Feuilles allongées, finement dentelées et disposées en verticilles de 3 feuilles
Tiges grêles et ramifiées

Noms

Autres noms communs français

Peste des eaux, peste d'eau, mouron d'eau

Noms communs internationaux

Canada waterweed, american waterweed, broad waterweed, canadian waterweed (GB), Peste d'acqua, elodea (I), Peste de agua, elodea (E), Breitblättrige Wasserpest, kanadische Wasserpest, Wasserpest (D), Elódea, elódea-comum (P), Brede waterpest (NL)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Anacharis canadensis Planch.
Anacharis alsinastrum
Bab. ex Planch.
Serpicula canadensis
(Michaux) Eaton
Serpicula occidentalis
Pursh
Serpicula verticillata
Rostk. & W.L.E.Schmidt
Udora occidentalis
(Pursh) W.D.J.Koch

Distribution géographique

Cosmopolite

Zones DORIS : Eau douce d'Europe, Atlantique Nord-Ouest

Originaire d'Amérique du Nord, l'élodée s'est installée en Amérique centrale et en Amérique du Sud ; introduite vers 1836 en Irlande, elle s'est répandue dans toute l'Europe.
Elle s'est naturalisée en France entre 1867 (première constatation dans la Haute-Vienne) et 1875 où on l'indique simultanément comme très abondante à Nantes, dans l'Aube, le Berry.
En Suisse, cette espèce c'est également naturalisée dans les lacs du Jura et du Plateau. Elle est plus rare dans les Alpes.
Elle est également présente en Afrique, en Asie, en Australasie ainsi que dans les îles Hawaï.

Biotope

La lumière étant réduite, la photosynthèse est également réduite et E. canadensis pousse près de la surface là où la lumière est suffisante. Elle préfère les eaux fraîches, bien éclairées et moyennement riches en éléments nutritifs. Toutefois, elle est capable de s'adapter à diverses conditions écologiques : eaux profondes ou non, différents types de sédiments. Elle peut même prospérer non enracinée, en flottant entre deux eaux.
Elle est fréquente et en grandes quantités dans les cours d'eau lents.

Description

Elodea canadensis fait partie des plantes à fleurs dont les ancêtres terrestres sont retournés à l'eau. Cette espèce est complètement immergée, à l'exception des petites (3 à 7 mm) fleurs blanc-rosé ou violacées qui éclosent à la surface de l'eau. Elle peut être fixée ou flottante.
L'eau étant surabondante, les vaisseaux conducteurs sont peu développés et les racines sont absentes. Elles sont remplacées par des rhizoïdes qui apparaissent sur les tiges et qui fixent la plante.
Les feuilles sont de couleur vert sombre, larges de 1,5 à 3,5 mm et longues de 6 à 20 mm (soit 2 à 5,5 fois plus longues que larges), plus ou moins rigides, finement dentelées et disposées en verticilles de 3 feuilles. Les tiges sont grêles et ramifiées, et peuvent atteindre 3 m de long.
Les extrémités des racines adventives sont de couleur blanchâtre à verdâtre.

Espèces ressemblantes

Elodea nuttallii (Elodée de Nutall) : provient d'Amérique du Nord. Alors que Elodea canadensis se rencontre le plus souvent dans des cours d'eau, E. nuttallii, plus résistante à l'ammoniac et au phosphore, à vitesse de croissance supérieure, tend à la supplanter dans les eaux stagnantes. Les feuilles, verticillées par 3 (parfois par 4 ou 5), sont longues d'environ 10 mm et larges d'au plus 2 mm (3,5 à 10 fois plus longues que larges). Elles sont lancéolées, pointues et recourbées à l'extrémité (voire « tire-bouchonnées »). Les extrémités des racines adventives sont de couleur rougeâtre.

Lagarosiphon major : originaire d'Afrique du Sud. Cultivé en aquarium, il s'en échappe dès les années 1940. Il a une photosynthèse très efficace qui lui confère une grande capacité à coloniser les eaux profondes ou troubles. Les feuilles sont alternées sur la tige et recourbées vers l'arrière. Leur longueur maximale est de 20 mm pour une largeur maximale de 2 mm.

Egeria densa : provient d'Amérique du Sud. Largement utilisée par les aquariophiles, elle s'est propagée partout dans le monde. Signalée en France dans la seconde moitié du XXème siècle, elle a une photosynthèse très efficace qui lui confère une grande capacité à coloniser les eaux profondes ou troubles. Les feuilles en verticilles (le plus souvent de 4) sont plus grandes avec une longueur de 20 mm pour une largeur de 5 mm. Les bords en apparence lisses, ont une trentaine de petites indentations.

Alimentation

Comme tous les végétaux, cette plante est autotrophe grâce à la photosynthèse. Elle fabrique sa propre matière organique grâce à l'eau, au dioxyde de carbone et à l'énergie lumineuse. Les feuilles et les rhizoïdes absorbent l'eau et les minéraux car les racines ont disparu.

Reproduction - Multiplication

Espèce dioïque (pieds mâles et femelles séparés) mais un seul sexe est connu dans nos régions (pieds femelles).
Reproduction sexuée:
Cette reproduction n'existe pas en Europe où seuls des pieds femelle sont présents. La floraison est rare et se déroule de juin à fin août. Les fleurs sont petites (2,5 à 7 mm) et n'attirent pas l'attention. Situées au bout d'un long pédicelle, elles viennent affleurer la surface. Les pétales sont blanc-rosé ou violacé.
Reproduction asexuée:
En Europe, elle se reproduit uniquement de manière végétative, par fragmentation et bouturage des tiges. Elle produit en outre des hibernacles* : pendant l'automne, les extrémités des tiges latérales cessent de s'allonger et portent des feuilles vert foncé, densément groupées, formant ainsi un bourgeon ; ces bourgeons finissent par se détacher et former une nouvelle plante.

Vie associée

Les herbiers à élodées abritent souvent des gastéropodes, des petits crustacés, et des bryozoaires. C'est aussi le refuge de petits poissons. Ces plantes servent aussi d'ancrage à de nombreux micro-organismes.

Divers biologie

Les éléments nutritifs étant dissous dans l'eau, ils ne sont pas absorbés par les racines (absentes) mais par toute la plante et en particulier par les feuilles.
L'oxygène se dissout moins dans l'eau que dans l'air et pour y pallier, la plante stocke de l'air dans les espaces intracellulaires (voir : L'espace gazeux des végétaux). De ce fait, dans l'eau, cette plante n'a guère besoin de tissus de soutien et les parties ligneuses ont disparu.

L'élodée peut se fixer sur n'importe quel support grâce à ses rhizoïdes (fausses racines).

Elle peut développer des herbiers denses atteignant une biomasse de 450 g de poids sec/m² au mois d'août. Et on a relevé une production nette annuelle de 500 g de poids sec/m².

Informations complémentaires

L'élodée du Canada a surtout créé des nuisances par son intense développement à l'époque de sa rapide extension géographique (au 19e siècle).

Dans les plans d'eau fréquentés par les plongeurs (généralement eaux stagnantes), E. canadensis est plutôt en régression au profit de E. nutallii.

L'élodée est une plante qui se développe très bien en aquarium. Elle est vendue partout et recommandée à cause de son fort pouvoir d'oxygénation (photosynthèse importante) et parce qu'elle absorbe les nitrates et empêche la prolifération des algues par émission de molécules toxiques.
De plus elle sert de protection aux alevins.
En aquarium sa prolifération peut être envahissante si on ne la contrôle pas régulièrement.

C'était une plante médicinale pour les Iroquois.

Origine des noms

Origine du nom français

Elodée = traduction directe du nom scientifique.

Origine du nom scientifique

Elodea : du grec [helôdês] = des marais,
canadensis : de son pays d'origine, le Canada.
L'espèce a été décrite par Michaux en 1803.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Magnoliophyta Angiospermes Plantes à fleurs dont les graines fécondées sont renfermées dans un fruit.
Classe Liliopsida Monocotylédones Un seul cotylédon* dans la graine. Les nervures des feuilles sont parallèles.
Sous-classe Alismatidae Alismatidées
Ordre Hydrocharitales Hydrocharitales
Famille Hydrocharitaceae Hydrocharitacées
Genre Elodea
Espèce canadensis

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