Petite tubulaire

Ectopleura larynx | (Ellis & Solander, 1786)

N° 911

Possiblement cosmopolite en eaux froides et tempérées

Clé d'identification

Colonies denses de plusieurs dizaines d'individus
Axes (tiges) blancs à bruns normalement non ramifiés
Petits polypes de 2 à 3 mm de diamètre, 30 à 60 tentacules filiformes
Gonophores rouge brique
Gonophores femelles avec 4 projections digitiformes (loupe binoculaire)

Noms

Noms communs internationaux

Flower head polyp, ringed tubularia (GB), Rörhenpolyp (D), Gorgelpijpje, gorgelpijppoliep (NL)

Distribution géographique

Possiblement cosmopolite en eaux froides et tempérées

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord, Atlantique Nord-Ouest

Ectopleura larynx est possiblement cosmopolite dans des eaux tempérées et froides, certaines mentions géographiques sont toutefois à confirmer. L'espèce est commune le long des côtes européennes, de l'Arctique jusqu'à la péninsule Ibérique. En Méditerranée, elle semble moins répandue.
En Amérique du Nord, elle est présente dans l'estuaire moyen du St Laurent, en Gaspésie dans la baie des Chaleurs, ainsi que dans l'archipel de St Pierre et Miquelon

Biotope

En Manche-Atlantique, les petites tubulaires affectionnent les substrats durs (parois rocheuses, blocs, éboulis, épaves...) exposés aux courants. En Méditerranée, l'espèce peut se rencontrer sur substrat dur, le plus souvent des bio-concrétions, mais elle a également été observée poussant en « pelotes » autour des rhizomes de cymodocées (Cymodocea nodosa).
Elle est normalement observée entre 1 et 30 mètres, mais elle a également été trouvée par 3 000 mètres de fond.

Description

Les petites tubulaires forment des colonies parfois denses, comprenant plusieurs dizaines d'individus. Elles sont fixées au substrat grâce à un réseau complexe et ramifié de tubules (appelés stolons*), qui donnent naissance à des tiges individuelles portant chacune à son sommet un grand polype*. Les tiges ne sont normalement pas ramifiées ; dans certains cas, elles peuvent donner l'impression de l'être, mais ceci est dû à la fixation de ses propres larves sur la colonie parentale (phénomène appelé auto-épizoïsme). Les tiges sont de forme tubulaire, longues de 1 à 2 cm, de diamètre constant d'une extrémité à l'autre (environ 0,5 mm), et de constitution rigide puisque composées d'une substance chitineuse et inerte (le périsarc*) qui protège les tissus vivants qu'elle recouvre (appelés coenosarc*). Le périsarc se termine brusquement à la base de chaque polype, ceux-ci étant nus (caractéristique du groupe des Hydraires Athécates). Chaque polype, ayant un diamètre de 2-3 mm, est vasiforme, avec une couronne tentaculaire à sa base (de 16 à 29 tentacules aboraux*, filiformes, chacun d'environ 5 mm) et un hypostome* (structure tubulaire portant la bouche) à l'extrémité opposée. La bouche est entourée d'une couronne très serrée composée de 14 à 28 courts tentacules oraux de 0,5 mm. Les tiges sont blanches à faiblement brunâtres (selon l'âge), les polypes sont blancs, avec un hypostome parfois jaunâtre à l'intérieur (surtout après s'être nourri), et les gonophores rouge brique à l'intérieur.

Comme chez pratiquement toutes les espèces d'hydraires, un examen de la structure de la colonie à la loupe binoculaire voire du cnidome au microscope est requis pour s'assurer d'une bonne détermination.
Dans le cas d'Ectopleura larynx il faut observer les gonophores femelles (voir paragraphe "Reproduction" plus bas). Ils possèdent quatre projections digitiformes.

Espèces ressemblantes

Tubularia indivisa est la principale espèce avec laquelle la confusion est possible, mais cette dernière est bien plus grande, avec en général une taille de 15 cm, et parfois plus. Pour cette raison, on la nomme grande tubulaire, en opposition à Ectopleura larynx.



Ectopleura crocea
(L. Agassiz, 1862), de taille similaire, et Ectopleura wrighti Petersen, 1979, nettement plus petite, sont des espèces proches qui se distinguent de la petite tubulaire par des critères non visibles en plongée.

Alimentation

Le régime alimentaire de Ectopleura larynx est carnivore microphage*. Les polypes de la colonie possèdent des tentacules* classiquement garnis de nombreux cnidocytes*, qui servent à la capture des petites proies du zooplancton. Les nutriments issus de la digestion sont distribués dans l'ensemble de la colonie, grâce aux hydrocaules* (tiges) et aux stolons*.

Reproduction - Multiplication

Dans l'Atlantique, où l'espèce est plus commune, la reproduction a lieu entre mai et octobre.

Les individus fertiles produisent des grappes de gonophores* (contenant les gamètes*) juste au-dessus des tentacules aboraux. Les gonophores sont des structures ovoïdes à sphériques ; ceux du sexe femelle possèdent à l'extrémité libre 4 proéminences digitiformes, absentes chez le sexe mâle. Les sexes sont séparés, les gonophores de chaque sexe produisant respectivement des spermatozoïdes et des ovocytes. La fécondation a lieu à l'intérieur du gonophore femelle. Suite à des divisions successives du zygote*, une larve particulière est formée, appelée actinula*. A son expulsion du gonophore, l'actinula possède environ 8 tentacules aboraux et éventuellement 4 tentacules oraux. Sa fixation sur un substrat adapté entraîne sa métamorphose en un polype dit primaire, porté par sa propre tige et fixé à un début de réseau stolonal, capable de former d'autres polypes à proximité.

Vie associée

Ectopleura larynx figure au menu de certains nudibranches éolidiens, comme Facelina annulicornis et Cumanotus beaumonti.

Origine des noms

Origine du nom français

Tubulaire est la traduction directe de l'ancien nom de genre de cette espèce, Tubularia. Petite, en opposition à la grande tubulaire, Tubularia indivisa, d'aspect semblable mais de taille supérieure.

Origine du nom scientifique

Ectopleura : du grec [ekto] = externe, extérieur, et du grec [pleuron] = membrane. Ceci doit probablement faire référence au fait que le pédicelle* du polype est engainé par du périsarc* chitineux, qui forme donc une "membrane externe" ;
larynx : du grec [larynx] = larynx, vraisemblablement en référence à l'allure de l'hypostome* du polype.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Cnidaria Cnidaires

Organismes aquatiques (marins pour la plupart) libres ou fixés, carnivores, principalement à symétrie radiaire, caractérisés par des cellules urticantes : les cnidocytes. Deux morphologies principales : le polype et la méduse. La larve est une planula.

Classe Hydrozoa Hydrozoaires Cnidaires dont le cycle de vie est alterné, mais de façon inconstante, par deux phases différentes : le polype et la méduse. Présence d’un velum dans la méduse (dite craspédote), gonades ectodermiques, perte des septes, perte des cnidocytes endodermiques. Coloniaux ou solitaires. Quelques espèces d’eau douce.
Sous-classe Hydroidolina Hydroïdes Hydrozoaires dont le cycle de vie présente toujours une phase polype.
Ordre Anthoathecata Anthoathécates

Hydraires dont la phase polype est dépourvue de thèques protectrices rigides. Phase polype presque exclusivement benthique, quelques espèces tropicales sécrétant un exosquelette calcaire (coraux de feu). Méduse avec ombrelle haute possédant des ocelles, les gonades se développent autour du manubrium.

Sous-ordre Capitata Capités

Tentacules des polypes le plus souvent capités (avec des nématocystes groupés en « boutons »), parfois seulement chez les juvéniles. Longs pédoncules fixés ou ancrés dans le sédiment. Anthoméduses. Quelques espèces sécrètent un squelette calcaire.

Famille Tubulariidae Tubulariidés Grands hydraires solitaires en forme de fleurs.
Genre Ectopleura
Espèce larynx

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