Lièvre de mer verruqueux

Dolabrifera dolabrifera | (Rang, 1828)

N° 2887

Circumtropical

Clé d'identification

Corps en forme de demi poire atteignant 10 cm
Manteau couvert de petits tubercules
Parapodes soudés sauf dans la partie postérieure du corps où ils laissent libre un orifice respiratoie
Coloration très variable
Sillon spermique
Rhinophores et tentacules buccaux en forme de tube évasé
Yeux assez gros

Noms

Autres noms communs français

Doladola

Noms communs internationaux

Common sea hare, warty seahare, warty seacat (GB), Seehase (D)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Aplysia dolabrifera Cuvier, 1817 est un "nomen nudum" c'est à dire un nom attribué par Cuvier en 1817 mais sans aucune description. Il faudra attendre Rang en 1828 qui va reprendre ce nom accompagné d'une vraie description.

Aplysia dolabrifera
Rang, 1828 (basionyme)
Aplysia ascifera
Rang, 1828
Dolabrifera ascifera (Rang, 1828)
Aplysia oahouensis Souleyet, 1852
Dolabrifera cuvieri H. Adams & A. Adams, 1854
Dolabrifera olivacea Pease, 1860
Dolabrifera maillardi Deshayes, 1863
Dolabrifera sowerbyi G.B. Sowerby II, 1868
Dolabrifera nicaraguana Pilsbry, 1896
Dolabrifera swiftii Pilsbry, 1896
Dolabrifera virens A.E. Verrill, 1901

Distribution géographique

Circumtropical

Zones DORIS : Indo-Pacifique, Caraïbes

C'est une espèce que l'on rencontre dans la zone tropicale et intertropicale de tous les océans : Atlantique, mer Rouge, océan Indien et Pacifique.
Elle est présente dans tous nos territoires d'outre mer.

Biotope

Le lièvre de mer verruqueux se rencontre dans les récifs coralliens et les zones rocheuses de la zone intertidale* entre 0 et 5 m. A marée basse, cette espèce se trouve souvent sous les pierres émergées ou dans les flaques.

Description

Dolabrifera dolabrifera est un petit lièvre de mer au corps en forme de demi poire et atteignant 10 cm de longueur. Le corps s'évase et s'épaissit dans sa partie postérieure. Le manteau* est recouvert de petits tubercules* portant une papille rétractile alors que le pied* est large et lisse. Sa coloration est très variable : grise, brune, verte, rouge, rose ..., unie ou mélangeant ces couleurs. En fait l'animal est mimétique* du substrat* sur lequel il se trouve. Contrairement aux aplysies (ou vrais lièvres de mer) les parapodes* sont fusionnés sur la quasi totalité de leur longueur. Seule une petite zone sur la ligne médiane du dos à l'arrière du corps, reste ouverte et sert d'orifice respiratoire (inhalant et exhalant) donnant sur la chambre palléale* (ou parapodiale) où se trouve les branchies et une petite coquille en forme de moule.

Sur le côté droit du corps, court un sillon spermique bien marqué reliant l'orifice génital dans la cavité parapodiale à l'arrière du corps, au pénis situé à la base du tentacule oral droit.

La tête porte une paire de rhinophores* en forme de tube évasé et dressé ainsi qu'une paire de tentacules* buccaux, également en forme de tube évasé et dirigés vers l'avant. Les yeux, assez gros et bien visibles, sont situés en avant des rhinophores.

Espèces ressemblantes

Dolabrifera brazieri G.B. Sowerby II, 1870 : a une taille plus grande (jusqu'à 15 cm) et des gros tubercules coniques sur le manteau. Elle est endémique* du New South Wales (Australie).

Dolabella auricularia (Lightfoot, 1786) : a une taille plus importante, jusqu'à 50 cm. Le corps est plus élevé et sa partie postérieure a la forme d'un disque. Les parapodes fusionnés laissent libres 2 siphons (inhalant et exhalant). C'est une espèce de l'Indo-Pacifique, capable de sécréter une encre violette.

Il est possible que de futures études génétiques montrent que ce qui est regroupé sous le nom de D. dolabrifera soit en fait un complexe de plusieurs espèces, comme cela semble être le cas pour l'espèce de Polynésie française.

D. dolabrifera se distingue des autres lièvres de mer par un corps plus aplati et des parapodes fusionnés sur pratiquement toute la longueur du corps, ne laissant libre qu'un petit siphon.

Alimentation

C'est une espèce herbivore qui se nourrit de cyanobactéries et d'algues vertes formant le "gazon algal" qui recouvre les pierres et substrats par petits fonds.

Reproduction - Multiplication

Le lièvre de mer verruqueux est une espèce hermaphrodite* mais la reproduction nécessite 2 partenaires. L'accouplement se fait à la queue leu leu car le pénis est sur le côté droit de la tête, mais le pore génital est dans la cavité palléale et donc accessible uniquement par le siphon à l'arrière du corps. Le pénis pénètre dans l'autre partenaire et la fécondation est interne.
Contrairement aux autres Aplysiidés qui ont une ponte en pelote entremêlée, celle de Dolabrifera dolabrifera a la forme d'un ruban en zigzag transparent. Les larves* ont une vie pélagique*.

Vie associée

Anthessius proximus Stock, Humes & Gooding, 1963, un copépode ectoparasite, est parfois associé au lièvre de mer verruqueux.

Divers biologie

Le mode de locomotion de cette espèce est caractéristique. A la manière d'une sangsue, elle se déplace par petits "sauts". En effet, alors qu'elle reste fixée au substrat par une large partie postérieure de son pied, elle redresse la tête et l'étire exagérément vers l'avant pour la fixer au substrat un peu plus loin. Elle décroche alors l'arrière de son corps et le rapatrier vers la tête et ainsi de suite.

Les lièvres de mer ont développé un système de défense original. Ils disposent de 2 glandes spécifiques dans la cavité parapodiale, près des branchies. La glande opaline sécrète un liquide blanc collant (= opaline) alors que la glande pourpre produit un colorant violet (= encre). Cette encre pourpre dérive des pigments d'algues rouges servant de nourriture aux lièvres de mer. En cas de danger, l'animal est capable d'expulser un mélange de ces 2 substances chimiques (ou soit l'une ou soit l'autre), qui aveugle, désoriente et inhibe les sens du prédateur.

Chez Dolabrifera dolabrifera la glande opaline est bien fonctionnelle mais la glande pourpre est vestigiale* et inactive. Ceci est probablement une conséquence de l'alimentation de D. dolabrifera qui ne consomme pas d'algues rouges. Cette espèce ne peut donc pas rejeter d'encre colorée mais est quand même capable d'émettre la substance blanche collante.

La peau de Dolabrifera dolabrifera contient également des substances toxiques qui dissuadent les prédateurs.

Informations complémentaires

Plusieurs composés chimiques actifs ont été trouvés dans la glande digestive de Dolabrifera dolabrifera. Ces substances ont un effet contre certains parasites tropicaux affectant les humains comme ceux responsables de la leishmaniose (maladie chronique parasitaire à manifestation cutanée et/ou viscérale).

C'est une espèce grégaire* que l'on retrouve souvent en petit groupe sous une même pierre.

Origine des noms

Origine du nom français

Lièvre de mer verruqueux est une proposition du site DORIS et correspond à la traduction du nom anglais. Le nom de lièvre de mer fait référence à la tête de ce mollusque, qui avec ses rhinophores enroulés et allongés ressemble à une tête de lapin (ou de lièvre). Verruqueux correspond à l'aspect du manteau.

Origine du nom scientifique

Dolabrifera : du latin [dolabra] = qui porte une dolabre, outil avec une face servant de hache et une servant de pic. La forme du corps a certainement inspiré Rang en 1828 pour le nom d'espèce et Gray en 1847 pour donner le nom de Genre.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Mollusca Mollusques Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies.
Classe Gastropoda Gastéropodes Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules.
Sous-classe Opisthobranchia Opisthobranches Coquille présente, réduite ou absente. Branchies à l’arrière du cœur. Principalement marins ou d’eau saumâtre, rare en eau douce (une dizaine d’espèces, Ordre des Acochlidea).
Ordre Anaspidea / Aplysiomorpha Anaspides / Aplysiomorphes Coquille petite (ou absente) généralement recouverte par le manteau (parapodes). Présence ou non d’une branchie plissée, tête portant des tentacules et des rhinophores. Cavité palléale située à droite. Mangeurs de végétaux. Tous marins, zones côtières.
Famille Aplysiidae Aplysiidés
Genre Dolabrifera
Espèce dolabrifera

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