Didemne coccinelle

Didemnum coccineum | (Drasche, 1883)

N° 1863

Méditerranée nord

Clé d'identification

Ascidie coloniale formant de petites colonies (1 à 3 cm)
Forme bombée, convexe
Rouge vif ou rouge lie de vin ponctué de blanc
Siphons exhalants communs peu nombreux et cerclés de blanc

Noms

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Leptoclinum coccineum Von Drasche, 1883
Didemnum grassei Harant, 1930
Didemnum posidoniae Médioni, 1970

Distribution géographique

Méditerranée nord

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Identifiée avec certitude dans le nord de l'Adriatique, à Banyuls et à Port-Cros, cette petite ascidie coloniale y est décrite comme relativement abondante et semble limitée au nord de la Méditerranée. En Méditerranée française, on l'observera essentiellement à l'ouest du Rhône et au-delà, sur les côtes catalanes espagnoles.

Biotope

Espèce du coralligène* et des prairies de phanérogames, on retrouve ces colonies fixées à demeure sur la surface d’un substrat* solide (roches verticales, éponges, algues comme Codium bursa,...), ainsi que sur la base (rhizomes) des posidonies. Depuis la surface jusqu'à 50 mètres de profondeur.

Description

Les colonies de Didemnum coccineum sont parmi les plus petites dans la famille des Didemnidés ressemblants. Elles ne mesurent habituellement que 1 à 3 cm de diamètre. La texture des colonies est ferme et leurs formes convexes font penser à de petits mamelons. La couleur est soit rouge lie de vin taché de blanc, soit rouge vif ponctué de blanc.
Les colonies font deux à quatre millimètres d'épaisseur en moyenne. Les quelques orifices exhalants communs, 2 à 3 le plus souvent pour une colonie, sont cerclés de blanc. Ces zones claires correspondent à de fortes concentrations de spicules calcaires étoilés. Les zoïdes, matérialisés par leurs petits siphons à six languettes, sont régulièrement répartis à la surface de la colonie.

Espèces ressemblantes

Toutes les ascidies de la famille très homogène des Didemnidés sont très difficiles à identifier avec certitude sous l'eau ou sur photo. Sachant qu'aucune colonie n'a été prélevée pour identification microscopique, toutes les photos des fiches traitant ces espèces sont à considérer comme "pouvant ressembler in situ à cela".

D. coccineum
peut facilement être confondu avec de petites colonies de Didemnum commune (toujours orange), Didemnum fulgens, Didemnum pseudofulgens et Polysyncraton lacazei.

Alimentation

Ces animaux sont des filtreurs microphages*. Ils se nourrissent de petites particules, depuis les molécules en suspension, jusqu’aux débris et micro-organismes animaux et végétaux.
Les ascidies génèrent un courant d’eau (rentrant par les orifices inhalants individuels) pour capturer les particules en suspension. Les particules digérées et les déchets sortent ensuite par le siphon exhalant.

Reproduction - Multiplication

Didemnum coccineum est, de toutes les espèces du genre vivant dans la région de Banyuls, celle dont l'isolement génétique est le mieux assuré en raison de la période très restreinte de sa reproduction sexuée (mars, avril : gonades* mûres ; mai à juillet : présence de larves* et plus rarement de gonades mûres).

La reproduction peut être asexuée et sexuée.
Reproduction asexuée : formation et extension de la colonie par bourgeonnement* à partir de l’individu souche.
Reproduction sexuée : les représentants de la famille des Didemnidés sont hermaphrodites*, la fécondation est interne et le développement indirect.
Les gonades se trouvent dans le post abdomen et c’est là qu’a lieu la fécondation. Le développement embryonnaire amène à la différenciation des organes internes, de la chorde* et de la queue pour former une larve nageuse ressemblant à un têtard. Ces larves nageuses sont libérées dans le milieu par le siphon cloacal des zoïdes*. La vie pélagique est très courte et les larves se fixent au substrat par des papilles adhésives. A partir de là, commence la métamorphose* qui donnera un individu adulte.

Vie associée

Les ascidies coloniales de la famille des Didemnidés sont souvent parasitées par des copépodes de la famille des Notodelphyidae. Il existe une association stricte et fréquente (20%) avec le copépode Anoplodelphys galli pour Didemnum coccineum.

Divers biologie

Description microscopique de Didemnum coccineum :
Les spicules sont étoilés avec une vingtaine de rayons aux extrémités arrondies et leur distribution dans la tunique est dense.
Les organes spiculogéniques (responsables de la fabrication des spicules), situés au niveau de la quatrième rangée de stigmates*, sont surmontés d'un tube et en position verticale.
Les zoïdes mesurent 1 à 2 millimètres de long en extension et 0,3 mm de diamètre environ ; ils sont implantés verticalement dans l'épaisseur de la tunique.

Informations complémentaires

Détermination des Didemnidés :
Une dissection est toujours nécessaire pour une détermination fiable des ascidies. Pour les représentants de la famille des Didemnidés (Didemnidae), elle est basée sur la morphologie des larves et la forme des spicules calcaires étoilés présents le plus souvent dans la tunique. La seule observation des spicules n'est pas suffisante. Effectivement, leur forme proche d'une espèce à l'autre et leur densité parfois très variable au sein d'une même espèce rend ce critère insuffisant pour une bonne identification.

Les ascidies de la famille des Didemnidés sont caractérisées par les critères suivants :
- ascidie toujours composée (coloniale) dont les zoïdes sont inclus dans une tunique commune (cormus*),
- le corps est divisé en deux parties : branchie d'un côté (thorax) et tube digestif avec gonades de l'autre (abdomen),
- le tube digestif est situé sous la branchie,
- la totalité des gonades est incluse dans l'anse intestinale,
- la branchie est plane sans papilles internes ni sinus longitudinaux,
- estomac sans diverticules hépatiques,
- pas de vésicule rénale,
- le bourgeonnement se fait par la fusion de deux bourgeons œsophagiens (l'un est à l'origine de la branchie, l'autre de l'abdomen, voir le schéma dans la fiche Didemnum coriaceum).

Les espèces du genre Didemnum sont caractérisées par les critères suivants :
- quatre rangs de stigmates*,
- spermiducte courbé,
- 1 ou 2 testicules,
- siphon branchial à 6 lobes,
- présence de spicules calcaires (sauf exception).

Les espèces du genre Polysyncraton présentent les mêmes caractéristiques que celles du genre Didemnum, sauf :
- plus de deux testicules,
- languette bifide bien développée au siphon cloacal (le plus souvent).

Les espèces du genre Trididemnum sont caractérisées par les critères suivants :
- trois rangs de stigmates,
- spermiducte courbé,
- un testicule,
- nombreuses ouvertures cloacales communes surmontées d'un tube.

Les espèces des genres Diplosoma et Lissoclinum (très proches) sont caractérisées par les critères suivants :
- spermiducte droit,
- siphon cloacal avec simple trou, sans tube ni appendice (languette).

Origine des noms

Origine du nom français

Didemne coccinelle est une proposition du site DORIS et une traduction du nom scientifique.

Origine du nom scientifique

Didemnum : [di-] = deux et [demnion] = matelas, lit, dans le sens ici de "logette". En effet, dans le premier de ses "Mémoires sur les animaux sans Vertèbres", Savigny, le créateur de ce nom, décrit ainsi le genre Didemnum : "Polype occupant deux loges, abdomen pédiculé" ; par opposition au genre Aplidium : "Polype occupant une seule loge, abdomen et ovaire sessiles".
coccineum : de [coccus] = grain rouge ou/et du latin [coccinus] = écarlate. Par extension, semblable à une coccinelle (l'insecte).

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Urochordata / Tunicata Urochordés / Tuniciers Chordés marins fixés (ascidies) ou pélagiques (thaliacés), solitaires ou coloniaux. Epaisse tunique cellulosique. Deux siphons, pharynx bien développé, la chorde larvaire régresse chez l'adulte (sauf chez les Appendiculaires).
Classe Ascidiacea Ascidies / Ascidiacés Tuniciers fixés. Solitaires ou coloniaux (seuls capables de bourgeonnement). Chorde uniquement au stade larvaire. Siphon inhalant au sommet, proche du siphon exhalant latéral. Souvent en eau peu profonde.
Ordre Aplousobranchia Aplousobranches Ascidies coloniales.
Famille Didemnidae Didemnidés Aplousobranches avec thorax et abdomen. Zoïdes très petits et courts formant de fines colonies encroûtantes. Incrustations calcaires étoilées. (Ce n'est pas le cas du genre Diplosoma).
Genre Didemnum
Espèce coccineum

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