Doris diaphane

Diaphorodoris luteocincta | (M. Sars, 1870)

N° 448

Mer du Nord, Manche, Atlantique et Méditerranée

Clé d'identification

Nudibranche ovale, jusqu'à 12 mm de longueur
Couleur blanche des papilles dorsales, généralement sur un manteau pigmenté de rouge
Papilles de forme conique
Bande marginale jaune discontinue à l'intérieur d'une bordure blanche extérieure
Rhinophores lamellés en V
Panache branchial blanc jusqu'à sept feuillets

Noms

Autres noms communs français

Diaphorodoris

Noms communs internationaux

Diaphorodoris (GB, D), Diaforodoris (E), Doride orlato (I)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Onchidoris luteocincta (M. Sars, 1870)
Diaphorodoris luteocincta luteocincta
Doris beaumonti Farran, 1903

Distribution géographique

Mer du Nord, Manche, Atlantique et Méditerranée

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Cette espèce se rencontre en mer du Nord jusqu'en Norvège, en Manche, et dans l'Atlantique où elle est principalement connue dans les îles Britanniques et ne descend probablement pas au sud de la Bretagne sur les côtes françaises.
Elle est également présente en Méditerranée, dans laquelle elle est considérée comme rare.

Biotope

L'espèce évolue dans la zone infralittorale* sur les roches comme sur les zones couvertes d'algues.
On la rencontre jusqu'à 50 m.

Description

Diaphorodoris luteocincta est un nudibranche de petite taille de forme ovale mesurant 4 à 12 mm de longueur.
Le manteau* supérieur est bordé d'un liseré jaune discontinu et bordé à la périphérie par une bande blanche à transparente. La partie dorsale de l'animal comporte de courtes papilles blanches de forme conique peu prononcée. Le plus souvent, on observe la présence de taches irrégulières rouges sur le dos.
Les deux rhinophores* sont lamellés en V, et la partie postérieure de l'animal arbore un panache branchial portant jusqu'à sept branches entourant l'orifice anal.
Le pied* de l'animal est blanc et l'extrémité postérieure du pied montre une ligne centrale blanche iridescente.

Espèces ressemblantes

Diaphorodoris luteocincta et Diaphorodoris alba ont longtemps été considérées comme une seule espèce à papilles blanches mais présentant deux variétés :

  • D. luteocincta var reticulata (Portmann & Sandmeier, 1960), avec une pigmentation rouge du manteau supérieur, entre les papilles et
  • D. luteocincta var alba (Portmann & Sandmeier, 1960), au manteau dorsal blanc immaculé.

Thompson et Brown (1984) font remarquer qu'ils ont observé tous les intermédiaires entre les deux extrêmes ci-dessus dans le sud-ouest de la Grande-Bretagne. D'autres auteurs voyaient même deux stades différents dans la croissance.

Furfaro, Picton, Martynov et Mariottini ont recherché des critères morphologiques, anatomiques ainsi que des différences au niveau de certains gènes mitochondriaux et nucléaires afin de préciser s'il y a une ou deux espèces. Leur étude et leur publication de 2016 a montré qu'il y a bien deux espèces :
  • Diaphorodoris luteocincta, décrite dans cette fiche, qui présente des taches de pigment rouge sur le manteau, une bande marginale jaune discontinue et bordée en périphérie par une bande blanche à transparente. Certains rares spécimens ont perdu la couleur rouge et seule la présence de la bande jaune discontinue et de la bande blanche extérieure permettent de faire la distinction.
  • Diaphorodoris alba Portmann & Sandmeier, 1960 , qui est généralement caractérisée par l'absence de coloration rouge et surtout par la présence d'une bande jaune souvent ininterrompue sur le bord du manteau. Si certains spécimens présentent un peu de rouge sur le manteau, la bande jaune ininterrompue est le caractère déterminant. La queue, partie postérieure du pied, est souvent plus longue chez cette espèce.
Une troisième espèce de Diaphorodoris partage la distribution des précédentes :
  • Diaphorodoris papillata Portmann & Sandmeier, 1960 : le doris est toujours blanc mais les papilles dorsales sont rouges, arrondies et souvent plus longues. Sa distribution est plutôt méditerranéenne.

Alimentation

Diaphorodoris luteocincta mange des bryozoaires calcaires comme Smittoidea reticulata, Cellepora pumicosa ou Crisia spp. et semble plus sélectif sur sa nourriture que Diaphorodoris papillata. L'espèce est régulièrement rencontrée dans sa distribution britannique à proximité de bryozoaires du genre Nolella et il est fort probable que ces bryozoaires constituent également une source de nourriture privilégiée pour D. luteocincta.

Reproduction - Multiplication

Les Diaphorodoris sont hermaphrodites* synchrones. Lorsque les individus s'accouplent en position tête-bêche, leurs organes génitaux débouchant sur la droite de leur corps, ils échangent leurs spermatozoïdes* respectifs. Les ovules* sont fécondés lors de leur expulsion par chacun des individus, peu après la copulation.
Ils déposent leurs œufs sous forme d'une ponte blanche aplatie et spiralée.
Les œufs donnent ensuite naissance à des larves* planctoniques* qui évolueront vers le stade adulte benthique*.

Divers biologie

D. luteocincta présente également d'autres caractéristiques physiologiques qui lui sont propres. Celles-ci nécessitent une étude anatomique plus poussée (nombre de denticules de la première dent latérale de la radula*, détails concernant l'appareil reproducteur, etc.) et pour plus de précisions sur ces points précis, il convient de consulter l'article de [Furfaro & al. 2016].

Informations complémentaires

Comme Diaphorodoris luteocincta et D. alba ne formaient auparavant qu'une seule et même espèce, les noms vernaculaires (doris diaphane, diaphorodoris) et les synonymes (Onchidoris luteocincta, Diaphorodoris luteocincta luteocincta et Doris beaumonti) des deux espèces étaient les mêmes ! D. alba a dorénavant trouvé un nouveau nom vernaculaire, abandonnant doris diaphane à son aînée : D. luteocincta.

Origine des noms

Origine du nom français

Doris diaphane : évoque l'aspect translucide blanc du nudibranche.
A noter que les mouchetures rouges du dos ne sont pas reprises dans ce nom commun, qui lui reste de l'époque où D. luteocincta et D. alba, immaculée, n'étaient considérées que comme une seule et même espèce, avec deux variations.

Origine du nom scientifique

Diaphorodoris : du grec [diaphoros] = différent, remarquable ; et Doris, fille des dieux grecs Océanos et Thétys, mariée au dieu marin Nérée. Ensemble, Nérée et Doris eurent 50 filles, les néréides (nymphes marines). Doris a donné un nom commun générique à certains nudibranches doridiens (les "doris") et se retrouve également dans la composition de nombreux noms scientifiques de genre (Chromodoris, Acanthodoris, Peltodoris, Platydoris, Hypselodoris, Onchidoris, etc.).
Ce nom de Diaphorodoris pourrait donc désigner un doris qui sort de l'ordinaire, qui se distingue des autres.
A noter que les auteurs de ce nom de genre, Iredale et O'Donoghue en 1923, ne donnent, eux, pas d'explications quant à leur choix.

luteocincta : du latin [luteus] = jaune ; et [cinctus] = entouré de. C'est bien la bordure jaune du manteau qui est évoquée ici.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Mollusca Mollusques Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies.
Classe Gastropoda Gastéropodes Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules.
Sous-classe Opisthobranchia Opisthobranches Coquille présente, réduite ou absente. Branchies à l’arrière du cœur. Principalement marins ou d’eau saumâtre, rare en eau douce (une dizaine d’espèces, Ordre des Acochlidea).
Ordre Nudibranchia Nudibranches Cavité palléale et coquille absentes chez l’adulte. Lobes pédieux souvent absents aussi. Respiration cutanée, à l’aide de branchies, de cérates ou d’autres appendices. Tête portant une ou deux paires de tentacules, les tentacules postérieurs ou rhinophores peuvent parfois être rétractés dans des gaines. Principalement marins ou d’eau saumâtre.
Sous-ordre Doridina Doridiens Corps aplati. Anus dorsal entouré complètement ou partiellement par des branchies de remplacement ramifiées qui peuvent être rétractées (voire absentes). Mangeurs d’éponges, habituellement armés de spicules calcaires internes.
Famille Onchidorididae Onchidorididés Corps ovale aplati au manteau large contenant des spicules et portant des tubercules. Rhinophores à lamelles sans gaines, branchies simples en cercle autour de l'anus.
Genre Diaphorodoris
Espèce luteocincta

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