Pastenague commune

Dasyatis pastinaca | (Linnaeus, 1758)

N° 745

Méditerranée, Atlantique Est

Clé d'identification

Forme de losange, avec museau pointu
Queue en fouet avec épine dentelée
Dos lisse (absence de tubercules)
Face dorsale grise, face ventrale claire

Noms

Autres noms communs français

Raie pastenague, terre, lancette (Marseille)

Noms communs internationaux

Common stingray, blue stingray (GB), Pastinaca comune, ferracia pastinaca (I), Raya látigo común, pastinaca, pastenaga, raja-vaca, serrata (E), Gemeiner Stechrochen (D), Pijlstaartrog (NL), Uge (P)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Dasybatus pastinaca (Linnaeus, 1758)
Trygon pastinaca (Linnaeus, 1758)
Trygon vulgaris Risso, 1827
Pastinaca olivacea Swainson, 1839

Distribution géographique

Méditerranée, Atlantique Est

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

On la rencontre tout autour de la Méditerranée et le long des côtes de l'Atlantique Est, de la mer du Nord au golfe de Guinée, y compris autour des îles principales de cette zone.

Biotope

C'est une espèce côtière qui ne dépasse pas les 100 m de profondeur. Elle est plutôt fréquente entre 5 et 60 m. On la trouve sur les fonds sableux ou sablo-vaseux, mais aussi dans les estuaires, de préférence dans les eaux calmes et abritées.
Comme elle vit plutôt sur un fond meuble, elle a développé un système de respiration particulier : elle absorbe l'eau par ses évents sur la tête et la rejette par les fentes branchiales de la face ventrale. Cela lui évite de « s'ensabler ».

Description

Le corps de la pastenague est aplati, en forme de losange, pointu à l'avant, avec de grandes nageoires pectorales : il est aussi large que long. La longueur totale de cette raie est généralement supérieure à 1 m, pour un poids de 15 à 20 kg. La longueur maximale connue est de 2,50 m. La queue, représentant 60% de la longueur totale, a une allure de fouet et, à un tiers de sa base, elle possède une épine dentelée, reliée à des glandes venimeuses sous la peau. La face dorsale est de couleur gris bleuâtre ou roussâtre, avec parfois des taches blanches. Ce dos est lisse, sans tubercule. La face ventrale est claire. La pastenague n'a pas de nageoire dorsale, ni de nageoire caudale et ses nageoires pelviennes sont très réduites.
Les yeux sont situés sur la face dorsale alors que la bouche, les narines et les fentes branchiales (cinq fentes de chaque côté) sont sur la face ventrale. Les yeux sont saillants ce qui lui donne un champ de vision très large. A côté des yeux, une valve inhalante, appelée spiracle*, amène l'eau dans les branchies. La bouche est située assez en retrait. Les dents sont nombreuses et petites, pointues chez les mâles, en forme de molaire chez les femelles.
La queue agit comme un simple gouvernail et ne sert pas au déplacement. Ce sont les grandes nageoires pectorales qui s'en chargent, par battement. Ces nageoires servent aussi à l'enfouissement dans le sable.

Espèces ressemblantes

Raja clavata (Linnaeus, 1758), la raie bouclée, bien que plus petite, ressemble à la pastenague. Elle s’en distingue cependant par une série d’épines centrées sur le dos et la queue et des taches sombres sur la face dorsale. Elle ne dépasse pas 90 cm de longueur totale.
Dasyatis centroura (Mitchill, 1815), la pastenague épineuse, a des protubérances sur le dos. Elle est souvent plus grande et grisâtre. Sa répartition est plus étendue en Atlantique.
Dasyatis tortonesei Capape, 1977, la pastenague de Tortonese, est une espèce très ressemblante et qui fréquente les mêmes zones géographiques. Cependant, elle est généralement plus petite et la proportion de sa queue, comparativement à la longueur globale, est moindre.

Alimentation

La pastenague commune se nourrit de crabes, crevettes et autres crustacés vivant sur le fond mais aussi de petits poissons plats. Elle chasse à l'affût, enfouie dans le sable, puis elle immobilise sa proie, et sa mâchoire et ses dents la broient.
Les jeunes ne se nourrissent que de crustacés.

Reproduction - Multiplication

La fécondation est interne. Les nageoires pelviennes du mâle sont transformées en appendices copulateurs, appelés ptérygopodes*, avec des crochets qui agrippent la femelle pendant l'accouplement. Une fois le transfert du sperme effectué, le mâle sécrète une autre substance qui ferme l'orifice génital de la femelle : ainsi, aucun autre accouplement ne pourra avoir lieu.
La pastenague est ovovivipare* : l'embryon se développe d'abord à partir des réserves de l'œuf, puis il est alimenté par une sécrétion de liquide des papilles utérines.
Le long des côtes, la femelle met bas de 4 à 7 petits, en été, après 4 mois de gestation. Les petits mesurent une dizaine de centimètres à la naissance.

Informations complémentaires

L'appareil venimeux de la pastenague est formé d'un dard armé de deux rangées de pointes inversées, recouvert d'une enveloppe, relié à deux glandes latérales. L'aiguillon peut donc pénétrer facilement la proie et son retrait, comme un harpon, est bloqué. Les muscles de la queue pressent alors les poches à venin pour activer l'injection.
Le venin a des propriétés hémolytiques, neurotoxiques et des impacts cardio-vasculaires. Il est thermolabile. La douleur provoquée par la piqûre est immédiate et croît rapidement, avec irradiation et formation d'un œdème. La cicatrisation est très lente, parfois avec surinfection.
Ce n'est pas un animal agressif, sauf s'il se sent attaqué.
Les plus grandes pastenagues se trouvent sur les côtes du Maghreb.
La chair rouge foncé de la pastenague est peu prisée.

Réglementation

La pastenague commune est classée dans la liste rouge 2010 UICN sous le statut DD (data deficient). Cela veut dire que l'on ne dispose pas assez d'informations pour évaluer directement ou indirectement son risque d'extinction.

Origine des noms

Origine du nom français

Pastenague : issu du nom latin ou provençal pour désigner localement le poisson.

Origine du nom scientifique

Dasyatis : du grec [dasus] = velu,
pastinaca : du latin [pastinaca] = pastenague.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Classe Chondrichthyes Chondrichthyens Squelette cartilagineux, deux nageoires dorsales et une anale (primitivement), nageoire caudale hétérocerque*, deux paires de nageoires paires, bouche disposée sur la face ventrale.
Sous-classe Elasmobranchii Elasmobranches Squelette des nageoires pectorales tribasal. Deux nageoires dorsales. 5 ou 6 paires de fentes branchiales et des spiracles.
Super ordre Euselachii Sélaciens Raies et requins.
Ordre Rajiformes Rajiformes Les Rajiformes regroupent l'essentiel des raies. Poissons cartilagineux sans vessie natatoire, très plats mais apparentés aux requins.
Famille Dasyatidae Dasyatidés Famille des raies pastenague.
Genre Dasyatis
Espèce pastinaca

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