Cystoseire stricte

Cystoseira amentacea var. stricta | Montagne

N° 3540

Endémique de Méditerranée

Clé d'identification

Thalles érigés de couleur brune pouvant atteindre 40 cm de hauteur
Base encroûtante étendue, d'où partent plusieurs axes dressés
Rameaux primaires cylindriques souvent sinueux
Rameaux secondaires courts et disposés irrégulièrement
Rameaux couverts de ramules spiniformes
Iridescence bleu-vert
De la surface à 30 cm de profondeur
Sur roche éclairée en mode battu

Noms

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Cystoseira stricta (Montagne) Sauvageau 1911
Cystoseira spicata Ercegovic 1952
Cystoseira spicata subsp. crassa Ercegovic 1952
Cystoseira stricta var. spicata (Ercegovic) Giaccone 1973
Cystoseira amentacea var. spicata (Ercegovic) G.Giaccone 1992

Distribution géographique

Endémique de Méditerranée

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

La cystoseire stricte se rencontre en Méditerranée : dans le bassin nord-occidental (en Provence - Côte d'Azur), aux Baléares, en Corse, en Sicile, dans l'Adriatique, en Grèce et en Afrique du Nord.

Biotope

Cette algue se rencontre sur les substrats rocheux superficiels bien éclairés et exposés aux vagues (mode battu). Elle marque la limite supérieure de l'infralittoral* (le zéro biologique*) et peut se développer jusqu'à 30 cm de profondeur environ. Localement elle peut former une ceinture monospécifique* continue.

Description

La cystoseire stricte est une algue érigée de couleur brune dont les thalles* peuvent atteindre 40 cm de hauteur.
Cette espèce est fixée au substrat* par une base encroûtante étendue, d'où partent plusieurs axes dressés (thalle cespiteux*). Ces axes sont cylindriques à sommet épineux à peine saillant et mesurent de 2 à 15 cm de hauteur. Ils produisent des rameaux primaires caducs, cylindriques et souvent sinueux, pouvant atteindre 30 cm de longueur qui portent des rameaux secondaires beaucoup plus courts, disposés irrégulièrement et eux-mêmes divisés. Tous ces rameaux sont couverts de nombreux ramules* courts spiniformes* assimilés à de petites feuilles.

Les rameaux primaires, très flexibles, suivent le mouvement des vagues. Lorsqu'ils sont émergés, ils s'étalent sur la roche. Les jeunes rameaux et les extrémités de l'algue ont souvent une iridescence bleu-vert.
L'algue est couverte de petites cryptes pilifères* dispersées.

Espèces ressemblantes

Il y a beaucoup d'autres espèces de cystoseires en Méditerranée. Les plus ressemblantes sont C. mediterranea et C. tamariscifolia qui se distinguent de la cystoseire stricte par leur base discoïde ne portant qu'un seul axe dressé.

Alimentation

Les algues fabriquent les sucres de leur biomasse par photosynthèse*. Ce processus de transformation de l'énergie lumineuse en énergie chimique grâce à des pigments de type chlorophylle*, n'est possible que dans une situation d'éclairement. Cependant la quantité de lumière nécessaire est très variable selon l'espèce.

Reproduction - Multiplication

Reproduction sexuée : L'espèce est monoïque* (hermaphrodite*). Les gamètes* mâles et femelles sont produits dans de petites cryptes pilifères* fertiles (conceptacles*) groupées dans la partie terminale renflée des rameaux (réceptacles). Les réceptacles, longs de quelques mm à 2 cm, sont cylindriques, plus ou moins compacts et couverts de ramules épineux. A maturité, les spermatozoïdes* puis les oosphères* passent à l'extérieur par l'ouverture du conceptacle (ostiole*) et la fécondation a lieu dans l'eau.
Les œufs coulent et se collent au substrat dans les 12 heures qui suivent la fécondation, ce qui limite la dispersion de cette espèce et peut expliquer sa vulnérabilité face aux perturbations (faible capacité de recolonisation). Néanmoins, en présence de courants, les thalles* fertiles arrachés du substrat peuvent être disséminés et contribuer à la propagation de cette espèce.

Certains auteurs considèrent le cycle de vie des cystoseires comme étant monogénétique* diplontique* (une génération à 2n chromosomes), mais de plus en plus de scientifiques le classent parmi les cycles digénétiques hétéromorphes haplo-diplontiques*, avec alternance d'un sporophyte* (génération macroscopique à 2n chromosomes) et de gamétophytes* mâles et femelles (génération microscopique à n chromosomes) vivant en parasites dans les conceptacles.

Vie associée

Cette algue forme un tapis végétal sur les petits fonds éclairés en mode battu qui est considéré comme un habitat spécifique pour de nombreux organismes. Elle héberge principalement d'autres algues, des vers polychètes, des mollusques et des crustacés.

Divers biologie

Cette algue est pérenne*, mais les rameaux tombent à l'automne.
La croissance se fait à partir d'une cellule apicale*, invisible à l'œil nu.

Informations complémentaires

Les cystoseires sont considérées comme des « espèces ingénieurs* » de leur habitat, ce qui leur confère une importance écologique considérable. La plupart des cystoseires supportent mal les variations de leur environnement ce qui les rend très vulnérables aux perturbations. Cela a motivé le classement de cinq d'entre elles dans la liste des espèces protégées de la convention de Berne.
La cystoseire stricte est particulièrement menacée par la destruction de son habitat (aménagements littoraux), la pollution et les proliférations de moules.
D'après des études génétiques préliminaires, le genre Cystoseira mériterait d'être scindé en plusieurs genres distincts. Actuellement (2014), 47 taxons de Cystoseira ont été recensés en Méditerranée, dont 30 endémiques.

Réglementation

Cette algue est inscrite à l'Annexe 1 (espèces de la flore strictement protégées) de la Convention de Berne relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l'Europe.

Elle est aussi inscrite sur l'Annexe II (Liste des espèces en danger ou menacées) du Protocole ASP/DB (Aires Spécialement Protégées et la Diversité Biologique en Méditerranée) de la Convention sur la protection du milieu marin et du littoral de la Méditerranée (Convention de Barcelone).

Notons que toutes les cystoseires méditerranéennes sauf C. compressa sont sur cette liste.

Origine des noms

Origine du nom français

Cystoseire stricte : il est d'usage chez les végétaux de franciser le nom scientifique.

Origine du nom scientifique

Cystoseira : du grec [cysto] ou [kustis] = vésicule, vessie et [seira] = série, chaîne : "vésicules ou flotteurs en chaîne" ;
amentacea : du latin [amentum] : courroie, lanière ou amento : lancer (avec une courroie), projeter violement ;
stricta : du latin [strictus] = serré, étroit.
Les rameaux primaires sont érigés et fins, s'élançant vers la surface.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Ochrophyta Ochrophytes ou Hétérokontes, ou Straménopiles: présence d'un stade unicellulaire à 2 flagelles, un lisse et un à poils tubulaires.
Classe Phaeophyceae Phéophycées Algues brunes.
Ordre Fucales Fucales
Famille Sargassaceae Sargassacées
Genre Cystoseira
Espèce amentacea var. stricta

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