Corégone

Coregonus lavaretus | (Linnaeus, 1758)

N° 381

Nord de l'Europe, de l'Asie et de l'Amérique

Clé d'identification

Nageoire adipeuse
Corps allongé, gris argenté, gris bleuté
Nageoire caudale très échancrée
Bouche petite
Ecailles très visibles
Absence de taches sur le corps
Dents très petites ou absentes

Noms

Autres noms communs français
Lavaret, gravenche, bondelle, palée, fera, petite marène, bezoule
Noms communs internationaux
Houting, whitefish (GB), Coregone, lavarello (I), Coregono (E), Blaufelchen, Felchen, Weissfelchen, Albeli (D), Grote marene (NL), Velika ozimica (Croate), Albick, edelfisch, palchen (CH)
Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides
Salmo lavaretus Linnaeus, 1758

Distribution géographique

Nord de l'Europe, de l'Asie et de l'Amérique

Zones DORIS : Eau douce, Atlantique Nord-Ouest

Lacs du nord de l’Europe, à partir du nord-est de la France, et du nord de l’Asie et de l’Amérique.

Biotope

Grégaire, pélagique, le corégone affectionne les lacs oligothrophes assez grands et profonds. Il aime les eaux claires et bien oxygénées. Il se déplace en groupe.
Il se rapproche du fond des lacs (20 à 25 m) au printemps pour remonter en été dans des zones parfois proches de la surface (jusqu’à 6 m).

Description

Il possède la nageoire adipeuse caractéristique des Salmoniformes. Il a un corps allongé, gris argenté, gris bleuté, avec le dos plus ou moins brunâtre avec d’assez grandes écailles. La nageoire caudale est très échancrée. La bouche est petite. Deux détails qui le différencient des salmonidés.
C’est une espèce d’assez grande taille : 40 à 60 cm. Il atteint 70 cm pour 10 kg dans les grands lacs du nord de l’Europe.
Le nombre des branchiospines* (ici 15 à 70) permet de confirmer l’appartenance à une espèce.
Le mâle possède des écailles proéminentes sur la ligne latérale, rugueuses au toucher.

Espèces ressemblantes

Coregonus macrophtalmus, la Bondelle, est une espèce plus petite, se rencontre dans les lacs de Neuchâtel (Suisse) et les lacs du Jura français : Saint-Point, Remoray, Chalain, Ilay. Le frai de cette espèce se fait en janvier février au fond du lac.

Alimentation

Il se nourrit principalement de zooplancton filtré par les branchiospines*, mais aussi de nymphes nageuses, de chironomes en surface, mais aussi de larves d’insectes et de petits mollusques.
Il ne mange que le jour, car il capture ses proies à la vue.

Reproduction - Multiplication

L’espèce a été rencontrée récemment en plongée à Neuchâtel (Suisse), sur les bords du lac en novembre décembre, où elle frayait dans une eau à une température inférieure à 7°C. La période de reproduction dure une quinzaine de jours. Les œufs, déposés sur les fonds caillouteux sous 3 à 5 m d’eau, éclosent au bout de 2 à 3 mois. Ce type de frai en eau peu profonde et en hiver serait typique de l’espèce.
Les mâles portent, pendant cette période, des tubercules nuptiaux.
Le lavaret (Bezoule) du lac d’Aiguebelette remonte la rivière (Le GUA) qui alimente le lac pour frayer de mi décembre à mi janvier. Les œufs sont déposés sur les fonds graveleux et caillouteux sous 0,5 à 1 mètre d’eau, à une température également inférieure à 7°C. Avec une torche puissante on peut les apercevoir de la route.
Les Blaufelchen du lac de Constance se reproduisent, en pleine eau, au dessus de fonds importants.
Les œufs sont petits (2 à 3 mm de diamètre) et nombreux (30.000 par kg de femelle). Ils éclosent au bout de 2 à 3 mois.
La croissance des alevins et des juvéniles est rapide, et certains atteignent la taille de reproduction dès la fin de leur deuxième année.
L’espérance de vie serait d’une dizaine d’années.

Divers biologie

Les poissons du nord de l’Europe ont conservé un caractère migratoire.
Les populations des grands lacs alpins seraient le reliquat de populations isolées par les glaciations de l’ère quaternaire.
Les nombreuses introductions, souvent avec succès, ont favorisé le mélange des types. C’est une espèce très polymorphe : on dénombre plus de 20 types (selon certains auteurs) ou 4 espèces (pour d’autres).
D’après Keith et Allardi, Atlas des poissons d’eau douce de France (MNHD), cette espèce est autochtone dans le lac du Bourget.

Informations complémentaires

Le groupe est riche en sous-espèces et écotypes et il peut prendre différents noms suivant les lacs.
Il a été introduit dans les lacs français du Jura à partir de 1945. Très bien installé dans le lac de Saint-Point (Doubs), avec des adultes repérés de plus de 10 ans, il est activement pêché selon des techniques très particulières. A certaines saisons, les rassemblements de barques peuvent surprendre le promeneur. Voir l’ouvrage "Poissons de la montagne jurassienne" cité dans la bibliographie.
Il a aussi été introduit dans les lacs des Alpes, du Massif central et des Vosges.
L’espèce existe dans le lac Baïkal et en Scandinavie.

Réglementation

Espèce réglementée par la convention de BERNE : convention relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l'Europe.
Communautaire :
  Directive Habitats-Faune-Flore : Annexe V
International :
  Convention de Berne : Annexe III
De portée nationale :
  Poissons protégés : Article 1

Origine des noms

Origine du nom français

Corégone traduction du latin Coregonus.

Origine du nom scientifique

Coregonus : du grec [Koré] = pupille et [gonia] = angles.
lavaretus : mot d’origine savoyarde

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Super classe Osteichthyes Ostéichthyens Vertébrés à squelette osseux.
Classe Actinopterygii Actinoptérygiens Ossification du crâne ou du squelette tout entier. Poissons épineux ou à nageoires rayonnées.
Sous-classe Neopterygii Teleostei Néoptérygiens Téléostéens Poissons à arêtes osseuses, présence d’un opercule, écailles minces et imbriquées.
Super ordre Protacanthopterygii Protacanthoptérygiens
Ordre Salmoniformes Salmoniformes
Famille Salmonidae Salmonidés
Genre Coregonus
Espèce lavaretus

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