Copépode

Copepoda spp. | Milne-Edwards, 1840

N° 4725

Toutes les zones DORIS

Clé d'identification

Petit crustacé (de 0,3 à 8 mm de long)
Présent en grand nombre dans le plancton, les algues, les sédiments, ...
Corps fusiforme en 3 parties
Grandes antennules (souvent perpendiculaires au corps)
Un seul œil

Noms

Autres noms communs français

Ces organismes de petite taille, peu visibles à l'œil nu, n'ont pas de nom commun autre que "copépode".

Noms communs internationaux

Copepod (GB), Ruderfußkrebse (D), Copépodos (E), Copepoda (I), Eenoogkreeftjes, roeipootkreeften (NL), Copépode (P), Hoppkräftor (S)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Il s'agit d'un vaste groupe d'organismes (une sous-classe) aux multiples familles comprenant au moins 12 000 espèces.

Distribution géographique

Toutes les zones DORIS

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord, Eau douce, Atlantique Nord-Ouest, Caraïbes, Indo-Pacifique

Cosmopolite.

Biotope

Les copépodes sont présents dans les eaux marines, saumâtres ou douces. Nombreux sont ceux qui sont pélagiques*, d’autres sont benthiques* (sur le fond ou dans les sédiments superficiels), certains vivent dans les mousses ou la litière (débris végétaux à la surface du sol dans une forêt par exemple).
De très nombreuses espèces sont parasites* ou commensales*.

Description

Les copépodes ont un corps de petite taille, le plus souvent fusiforme, enveloppé d’un tégument* chitineux*. Ils mesurent de 0,3 à 8 mm de long (voire beaucoup plus pour certaines espèces parasites). Leur corps est constitué de trois parties : la tête ou céphalosome, le thorax ou métasome et l’abdomen ou urosome.

  • le céphalosome, ou tête, est constitué de 6 segments portant ventralement des appendices transformés en organes natatoires, préhensiles ou masticatoires (rostre*, labre*, paire de mandibules*, de maxillules*, de maxilles* et de maxillipèdes*). En avant du labre sont insérées deux paires d’antennes : les antennules* et les antennes* (plus petites). Dorsalement, entre les antennules, on observe l’œil nauplien unique à la surface du cerveau et caractéristique des copépodes.
  • Le métasome, ou thorax, est constitué de 5 segments tous porteurs ventralement d’appendices natatoires ou préhensiles. Si le premier segment est soudé au céphalosome, on l’appelle alors céphalothorax. Le cinquième segment peut être soit réduit, soit soudé au quatrième. La paire d’appendices correspondante peut être réduite, atrophiée ou soudée au segment qui la porte.
  • L’urosome, ou abdomen, est composé de quatre segments (dont le segment génital et le segment anal) souvent soudés et sans appendices. Sur le dernier est inséré le telson pour former la furca* (deux branches parallèles ou plus ou moins divergentes) dont la disposition, la forme et la structure servent dans l’identification des espèces et des genres. Chaque branche furcale porte 6 soies.

Les copépodes sont le plus souvent pâles et transparents, mais il existe des espèces rouges, orange, pourpres, bleues ou noires. Quelques espèces sont bioluminescentes*. L’emplacement des organes lumineux est variable selon les espèces.

On peut distinguer trois types principaux de copépodes selon la forme du corps et les particularités des segments et des appendices :

- calanoïde, correspondant à des copépodes le plus souvent planctoniques* ;
- cyclopoïde, correspondant à des animaux soit planctoniques soit benthiques* ;
- harpacticoïde, benthique et colonisant la plupart des milieux humides, voire les litières, terreaux, etc.

Espèces ressemblantes

Dans le plancton, de très nombreux taxons* d’arthropodes sont présents, mais peu d’organismes peuvent être confondus avec les copépodes pélagiques.

Alimentation

Le régime alimentaire des copépodes varie selon le groupe et le stade de développement. Mais en général, les copépodes pélagiques et benthiques se nourrissent de diatomées*, de péridiniens, de divers protozoaires*, de bactéries*, de débris organiques divers, œufs, larves de différents invertébrés, voire de nauplius*.
Les aliments sont amenés à la bouche par un courant d’eau provoqué et canalisé par le jeu des antennules et des pièces buccales. Ils sont agglomérés en boulette que l’animal ingurgite.

Reproduction - Multiplication

Les sexes sont séparés et les deux sexes peuvent se ressembler beaucoup, mais le plus souvent, le dimorphisme sexuel est assez prononcé, parfois même considérable (par exemple chez les copépodes parasites). La femelle est, en général, plus grande que le mâle.
Le plus souvent il y accouplement. Le mâle maintient la femelle, grâce à ses antennules préhensiles et sa 5ème paire de pattes souvent modifiée, pour déposer un spermatophore à proximité de l'orifice génital.
Les œufs fécondés sont libérés directement dans le milieu ou transportés par la femelle dans un ou plus souvent deux sacs ovigères*.
Chaque œuf donne une larve* appelée nauplius*.
Pendant la phase nauplienne, cette larve va d'abord faire 5 ou 6 mues* pendant lesquelles elle va grandir et acquérir des appendices.
Ensuite pendant la phase copépodite*, elle fera encore 6 mues (les stades copépodites ou cyclopoïdes) qui se traduiront par un allongement du corps et l’acquisition, un à un, des segments du corps. Les caractères sexuels apparaissent progressivement, pour arriver à un individu adulte (le stade copépodite VI) qui, comme chez les insectes, ne muera plus (mue terminale).
Les copépodes pélagiques sont des organismes holoplanctoniques* : leur cycle de vie est entièrement planctonique.
En général, seuls les adultes peuvent être identifiés du fait de la variation de la morphologie pendant la croissance.

Vie associée

Les copépodes pélagiques* font partie du zooplancton dans lequel de très nombreux embranchements, ou phylums, sont représentés.

Les copépodes constituent une part importante du régime alimentaire de nombreux animaux marins. Ils sont la proie de beaucoup de poissons adultes et alevins, des chétognathes, des cnidaires (comme les siphonophores) et cténaires pélagiques, des cirripèdes par exemple.

Les copépodes parasites* ont comme hôtes presque tous les groupes d’animaux marins (des spongiaires aux cétacés). Les relations avec leurs hôtes vont de la simple épibiontie*, à l’endoparasitisme* en passant par le commensalisme* et toutes les possibilités intermédiaires.
- l’épibionte se sert de l’hôte comme d’un support ;
- les commensaux consomment les débris alimentaires de l’hôte (ascidies, échinodermes, annélides polychètes comme Sabelliphilus) ;
- les parasites externes (ou ectoparasites*) se fixent sur le tégument de l’hôte (au moyen de crochets et/ou d’une ventouse) et se nourrissent aux dépens de l’hôte. Ils peuvent se trouver dans la cavité branchiale, voire dans le tube digestif de leur hôte ;
- chez certains parasites, comme Pennella , seule la tête est fichée dans les tissus de l’hôte et le reste du corps est visible à l’extérieur ;
- d’autres vivent à l’intérieur de l’hôte (endoparasites*), dans la cavité générale ou dans un organe ; parfois, comme les Splanchnotrophus, les femelles ne ressemblent plus à un copépode.

Les copépodes peuvent également servir de support à des épibiontes comme des protistes.
Dans leur cavité générale ou dans leur tube digestif ou leurs œufs, ils peuvent aussi être les hôtes de nombreux parasites. Les individus parasités sont souvent de couleur blanc mat ou jaunâtre, parfois noire.
Les spermatophores* portés par les femelles peuvent être confondus avec des parasites.

Les copépodes peuvent être les vecteurs de parasites unicellulaires (par exemple le choléra) et multicellulaires.

Divers biologie

Les copépodes sont un des constituant les plus importants de la biomasse* du plancton et sont le principal et essentiel lien entre les producteurs primaires* et les consommateurs* dans les réseaux trophiques*.

Les copépodes se rassemblent en masses plus ou moins grandes, séparées par des espaces plus ou moins vides. Ces masses, parfois immenses, sont appelées "essaims".

Beaucoup de copépodes effectuent des migrations verticales régulières.
- Les unes sont journalières : les animaux s’enfoncent plus ou moins pendant le jour, pour remonter en surface pendant la nuit.
- D’autres sont saisonnières et souvent liées à la reproduction. Les espèces peuvent ainsi se succéder assez régulièrement au cours de l’année.

Les courants marins interviennent dans la distribution géographique des espèces, ce qui est vrai pour tous les organismes pélagiques*.

Informations complémentaires

On connaît au moins 12 000 espèces de copépodes. L’identification des espèces est particulièrement délicate, car ces organismes de petite taille nécessitent l'utilisation d'un microscope. Elle est fondée sur des différences de forme du corps et des appendices (antennules*, pattes, furca*..). En général, cette identification demande une dissection de l’animal. De plus, les nombreuses formes immatures compliquent beaucoup l’identification.

Les copépodes accumulent des lipides souvent de couleur jaune orangé dans des sacs huileux logés dans le céphalothorax.

Les copépodes sont divisés en deux grands groupes (taxons*) :
- les Gymnopléens : le corps est divisé en deux parties, la séparation passe en arrière du dernier segment thoracique. Le corps postérieur est réduit à l'abdomen et ne porte aucun appendice (comme les calanoïdes) ;
- les Podopléens : le corps est divisé en deux parties, la séparation passe en avant du dernier segment thoracique. Le corps postérieur est formé de l'abdomen et du 5ème segment thoracique qui porte une paire d'appendices (pattes) à la face ventrale (comme les cyclopoïdes et les harpacticoïdes).

Les copépodes sont aussi répartis dans dix groupes mais trois sont plus importants :
- Calanoides : largement planctoniques* ; il n’y a que des formes libres (comme : Calanus finmarchicus (Gunnerus, 1770)).
- Cyclopoides : planctoniques et épibenthiques* ; des formes libres (comme Oithona similis Claus, 1866) mais aussi des formes commensales et d’autres parasites.
- Harpacticoides : 50 % des espèces, plutôt benthiques* mais aussi des formes libres (comme Euterpina acutifrons (Dana, 1847)) avec quelques espèces commensales*.

Origine des noms

Origine du nom français

Francisation du mot grec.

Origine du nom scientifique

Copepoda : du grec [cope] = rame et du grec [pous, au génitif :podos] = pied, soit pied en forme de rame. Le nom copépode a été créé en 1840 par Henri Milne-Edwards (1800-1885).

Les origines des noms ci-dessous sont ceux correspondant aux planches anciennes illustrant la diversité des copépodes :
Calanus : du grec [Kalanos] = nom d'un philosophe des Indes de l'armée d'Alexandre le Grand. Nom de genre créé par Leach en 1816.
finmarchicus : latinisation du nom d'une région, le Finmark, qui s'étend du nord de la Norvège à la Russie. Nom d'espèce créé par Gunnerus en 1770.
Cyclops : du latin [cyclops] = cyclope, à cause de l'œil unique. Nom de genre créé par O.F. Müller en 1785.
Oithona : la "vierge de la vague" en grec, nom de genre donné par Baird en 1843 sans explication.
similis : du latin [similis] = semblable, certainement du fait de la ressemblance avec une autre espèce du genre. Nom d'espèce créé par Claus en 1866.
Harpacticus : du grec [harpax] = rapace, nom de genre créé par Milne-Edwards en 1840 pour des copépodes parasites.
Euterpina : diminutif probable d'Euterpe, la muse de la musique. Nom de genre créé par Norman en 1903, Euterpe ayant déjà été attribué à un autre genre.
acutifrons : du latin [acutus] = pointu et du latin [frons] = le front, à front pointu. Nom d'espèce créé par Dana en 1847.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Arthropoda Arthropodes Animaux invertébrés au corps segmenté, articulé, pourvu d’appendices articulés, et couvert d’une cuticule rigide constituant leur exosquelette.
Sous-embranchement Crustacea Crustacés Arthropodes à exosquelette chitineux, souvent imprégné de carbonate de calcium, ayant deux paires d'antennes.
Super ordre Podoplea Podopléens

Le corps est divisé en deux parties, la séparation passe en avant du dernier segment thoracique. Le corps postérieur est formé de l'abdomen et d'un segment thoracique et porte une paire d'appendices à la face ventrale.(Rose, 1933)

Ordre Cyclopoida Cyclopoides

Première paire d'antennes plus courtes que la tête et le thorax, la deuxième paire est parfois uniramée.

Genre Copepoda
Espèce spp.

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