Codium fragile

Codium fragile subsp. fragile | (Suringar) Hariot

N° 1283

Cosmopolite

Clé d'identification

Thalles cylindriques fermes et élastiques
Dichotomie régulière
Très poilue
Présence d'un mucron apical

Noms

Autres noms communs français

Codium orvet, algue chou-fleur

Noms communs internationaux

Fragile codium, dead man's fingers, oyster thief (GB), Codio fragil (E), Shui-sung (China)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Codium mucronatum var. tomentosoides van Goor
Codium fragile subsp. tomentosoides (van Goor) P.C. Silva

Distribution géographique

Cosmopolite

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord, Indo-Pacifique, Caraïbes, Atlantique Nord-Ouest, Terres antarctiques françaises

Codium fragile subsp. fragile est considéré comme hautement invasif. Cette espèce originaire du Pacifique a été introduite dans nombre de mers chaudes et froides. En Europe, elle s'est d'abord répandue en Méditerranée (côtes espagnoles et françaises, Corse incluse, dans l'Adriatique et la partie européenne de la Turquie), puis dans l'Atlantique Nord-Est, de la Scandinavie au golfe de Gascogne et aux Canaries. Son introduction en Méditerranée date des années 1940.

Elle est aussi présente sur les côtes atlantiques et pacifiques d'Amérique du Nord (Alaska, Colombie Britannique, du golfe du Saint-Laurent à la Caroline du Nord) où elle s'installe dans les biotopes des laminaires, en Guadeloupe, en Amérique du Sud (Chili, Argentine), Afrique (Namibie), Asie, Australie et Antarctique !

En Atlantique Nord-Est, le codium fragile tend à remplacer l'algue native Codium tomentosum Stackhouse.

Biotope

Cette espèce photophile se rencontre dans l'étage infralittoral supérieur, depuis la surface jusqu'à 10 m de profondeur. Le codium fragile est très présent dans les étangs littoraux et peut continuer à vivre et se multiplier même arraché de son substrat. On le rencontre souvent, noirci, dans les laisses de mer.

Description

Le codium fragile a des thalles cylindriques et dichotomes, se ramifiant régulièrement et pouvant atteindre une longueur totale de 30 cm. Elle peut former des massifs de 40 cm de large.
Elle est de couleur vert plus ou moins foncé selon son implantation. La consistance est souple, ferme et élastique. Les poils, caractéristiques des Codium, peuvent être très visibles et abondants.
Les utricules* poilus sont terminés par une pointe caractéristique, visible à la loupe, le mucron apical.

Espèces ressemblantes

Codium vermilara (Olivi) Delle Chiaje est une espèce très ressemblante. Ses ramifications dichotomes sont moins régulières et ses utricules ne portent pas de mucron. A tendance sciaphile, on rencontre cette dernière jusqu'à 50 m de profondeur. Sa distribution est limitée à la Méditerranée et à l'Atlantique Nord-Est et partiellement Ouest.

Alimentation

Les algues fabriquent les sucres de leur biomasse par photosynthèse. Ce processus de transformation de l'énergie lumineuse en énergie chimique grâce à des pigments de type chlorophylle, n'est possible, comme pour toutes les algues vertes, que dans une situation d'éclairement.

Reproduction - Multiplication

Cette algue se reproduit principalement de manière asexuée, par fragmentation du thalle.

La reproduction, peut aussi être sexuée, par organes spécialisés. Certaines utricules* produisent latéralement deux organes reproducteurs ou gamétocystes* où se différencient soit des gamètes mâles, soit des gamètes femelles. La partie interne du gamétocyste se gonfle et rejette à l'extérieur les gamètes en nuage. Il y a copulation entre le gamète mâle, petit, et le gamète femelle, plus gros. Le zygote* germe en un filament qui donne naissance à un nouvel individu.

Informations complémentaires

Cette algue est comestible et a un intérêt pour l'alimentation humaine et animale. Elle a aussi un potentiel en médecine en raison de son action antibactérienne et antibiotique.

Il existe dix sous-espèces de Codium fragile (Brodie et al. 2007), qui se distinguent par leurs séquences ADN.

L'algue Codium fragile subsp. fragile, très documentée dans de nombreux ouvrages et sites web, est très tolérante aux variations de salinité et de température. Elle est considérée comme une algue au potentiel invasif extrêmement élevé. Son impact économique négatif est important. Ainsi, elle peut causer de gros dégâts dans les parcs à huîtres, en s'installant sur les coquilles des bivalves, et en les détachant de leur support au fur et à mesure qu'elle grandit. Elle peut aussi colmater et endommager les filets des pêcheurs. Enfin, les accumulations sur les plages et aménagements littoraux sont désagréables à maints visiteurs, surtout quand l'algue se décompose. Mais le plus grave est que, contrairement aux laminaires qu'elle tend à remplacer en Atlantique Nord, elle ne procure que peu d'espace à la faune, ce qui fragilise les espèces qui ont besoin de la protection des frondes.

Origine des noms

Origine du nom scientifique

Du grec [codion] = petite toison, du fait de sa surface feutrée.
Du latin [fragile] = fragile, cassant, bien que cette algue n'ait rien de vraiment fragile !

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chlorophyta Chlorophytes

Embranchement très vaste et hétérogène de plus de 7000 espèces d'algues vertes. Unicellulaires (flagellées ou non), coloniales, filamenteuses, thalles* siphonés* ou non. Benthiques* et fixées ou planctoniques*. Subaériennes, eaux douces, saumâtres et marines.

Classe Ulvophyceae Ulvophycées

Organismes multicellulaires. Zoïdes et spores possèdent généralement 2 et 4 flagelles respectivement. Cycle de reproduction variable. Habitat essentiellement marin et benthique.

Ordre Bryopsidales Bryopsidales Thalles* siphonnés*. Cycles de reproduction diphasiques*, haplodiplontiques*, algues monogénétiques majoritairement haplontiques (n chromosomes, le genre Codium serait une exception) ou digénétiques*. Majoritairement marines (un genre d'eau douce).
Famille Codiaceae Codiacées
Genre Codium
Espèce fragile subsp. fragile

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