Chorizopore de Brongniart

Chorizopora brongniartii | (Audouin, 1826)

N° 1685

Cosmopolite des eaux chaudes et tempérées

Clé d'identification

Bryozoaire formant une croûte mince, translucide et brillante
Souvent ponctué de rose-rouge : présence d'embryons
Individus convexes, lisses, non perforés et fripés par des stries transversales
Individus (zoïdes) séparés entre eux par une zone perforée à l’aspect de mosaïque

Noms

Autres noms communs français
Flustre de Brongniart (nom utilisé par Audoin)
Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides
Flustra brongniarti(i) Audouin, 1826
Cellepora brongniartii Audouin, 1826
Lepradia brongniarti(i) Waters, 1879

Rq : brongniartii est souvent trouvé avec un seul "i".

Distribution géographique

Cosmopolite des eaux chaudes et tempérées

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord, Indo-Pacifique, Caraïbes, Atlantique Nord-Ouest

Chorizopora brongniartii est quasiment cosmopolite, excepté les mers polaires où elle semble absente. Les nombreuses observations dans diverses localités (océans Indien, Pacifique Est et Ouest, Atlantique, Méditerranée etc.) semblent bien correspondre à l'espèce, mais aucune étude approfondie n'a été menée à ce jour.
Ce bryozoaire encroûtant est surtout répandu dans l'Atlantique Ouest et en Méditerranée.

Des espèces du genre Chorizopora sont aussi retrouvées à l'état fossile en Europe (Miocène, Pliocène, Postpliocène).

Biotope

Chorizopora brongniartii vit sur divers substrats* comme les algues (Flabellia petiolata, Halimeda tuna, Fucus spp., etc.), les feuilles de posidonies, les coquilles, les coraux, les pierres, les substrats nouvellement disponibles et sur tous les types de fonds, ceci dans les 150 premiers mètres sous la surface de la mer.
En Méditerranée où cette espèce est très abondante, le plongeur observera ce petit bryozoaire en priorité sur les feuilles caduques et vertes de l'herbier à posidonie.

Description

Chorizopora brongniartii est un bryozoaire encroûtant, formant des croûtes minces, rarement de grande étendue, de couleur translucide à blanchâtre et d'aspect brillant. Les colonies propres, sans épibionte*, sont difficiles à apercevoir sous l'eau tellement leur translucidité est grande, et ce n'est qu'une fois sorties de l'eau qu'elles sont parfois découvertes.
La présence d'embryons dans les ovicelles* ponctue souvent la colonie de rose-rouge.
Les bords de la colonie sont arrondis et lobés. Leur taille habituelle est réduite, de l'ordre du centimètre, mais parfois bien plus grandes. Les individus (zoïdes*) lisses et bombés sont séparés les uns des autres par une zone perforée à l'aspect de mosaïque caractéristique.

Voir la description microscopique dans la rubrique "Divers biologie".

Espèces ressemblantes

Du point de vue microscopique, Haplopoma spp. ou Trypostega spp. peuvent êtres confondues avec certaines colonies de Chorizopora brongniartii où le réseau interzoïdal ajouré est particulièrement réduit.

Alimentation

Comme chez tous les bryozoaires, la nutrition est assurée par la capture de particules alimentaires (phytoplancton*, en particulier) par les tentacules* du lophophore*, dont la sortie est assurée par une augmentation de la pression du liquide interne, phénomène obtenu grâce à la compression musculaire.
Une fois la gaine du lophophore* dévaginée, un mouvement pendulaire et circulaire des tentacules ciliés composant le panache de ce lophophore va permettre le brassage de l’eau environnante et favoriser ainsi la capture des micro-organismes composant le régime alimentaire de la colonie.
Ces animaux sont dits filtreurs actifs c’est-à-dire, des filtreurs suspensivores* microphages*. Les diatomées* (algues unicellulaires) et les bactéries sont la base de l'alimentation de ce type de bryozoaire.

Reproduction - Multiplication

La croissance de la colonie se fait par bourgeonnement* périphérique de nouvelles zoécies* (= zoïdes*). La reproduction est sexuée et la colonie est hermaphrodite*. Les œufs fécondés produits par un zoïde femelle sont incubés dans les ovicelles* suboraux.
Après maturation, il va y avoir émission de larves* ciliées, qui vont être dispersées par les courants. Après une courte vie dans la colonne d’eau, la larve va se fixer sur un substrat adéquat et se métamorphoser en un zoïde primaire ou ancestrule*. Celui-ci bourgeonnera deux à trois zoïdes, qui bourgeonneront eux-mêmes.
Chez Chorizopora brongniartii les ovicelles*, les embryons de couleur rouge et les larves sont observés toute l'année en Méditerranée, les ancestrules d'avril à août dans la même mer.

Divers biologie

Description microscopique :
Les zoïdes* sont de forme elliptique à ovale allongé, convexe, relativement peu calcifiés et la face frontale porte très souvent de fines stries transversales donnant un aspect fripé aux zoïdes, le plus souvent, lisses et non perforés.
L'ouverture est semi-circulaire à bord bas (proximal) droit.
Il n'y a pas d'ascopore*. Un umbo* suboral est parfois présent.
Un réseau interzoïdal caractéristique, perforé de quelques pores, relie les zoïdes entre eux. Il est formé de sortes de petits tubules (kénozoïdes*).
Les aviculaires* sont très petits, placés entre et au-dessus (en distal) des zoïdes ; leurs mandibules triangulaires sont orientées vers le haut (en direction distale).
Les ovicelles* allongées, lisses, non perforées et de forme arrondie, sont placées au dessus des zoïdes. Elles portent un aviculaire terminal apical et sont closes par l'opercule* de l'ouverture.
La taille approximative d'un zoïde est de 0,50 x 0,35 mm.
Les lophophores sont très clairs et portent 12 à 13 tentacules.

Informations complémentaires

Chorizopora brongniartii est l’espèce-type* du genre Chorizopora Hincks (1879).

Origine des noms

Origine du nom français

Chorizopore de Brongniart est une traduction du nom scientifique actuel.

Origine du nom scientifique

Chorizopora : du grec [chorizo] = séparer et du grec [pora] = pore, orifice. Donc individus (zoïdes) séparés par une série de pores.

brongniartii : en l'honneur de Alexandre Brongniart (1770-1847), naturaliste français, collaborateur de Cuvier et contemporain d'Audouin au début du XVIIIe siècle.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Bryozoa / Ectoprocta Bryozoaires / Ectoproctes Petits animaux coloniaux filtreurs aquatiques fixés à un substrat. Tous les zoïdes sont en continuité physique et issus de bourgeonnement à partir d’un individu unique. Chaque zoïde porte un lophophore rétractile et est abrité dans une logette.
Classe Gymnolaemata Gymnolèmes Colonies polymorphes. Les zoïdes sont cylindriques ou aplatis, les lophophores circulaires. Les parois peuvent être calcifiées ou non. Presque tous marins.
Ordre Cheilostomatida Cheilostomes Bryozoaires calcifiés, zoïdes* en forme de boîte obturée par un opercule à charnière. Gymnolèmes les plus nombreux et les plus diversifiés des régions littorales, souples à rigides. Groupe au polymorphisme marqué où l’on trouve des individus différenciés (aviculaires, vibraculaires, ovicelles globuleux…).
Sous-ordre Neocheilostomatina/Ascophora Ascophores Paroi frontale calcifiée sous laquelle un sac flexible invaginé s'ouvre sur l’extérieur par un pore médian situé derrière le péristome et nommé ascopore.
Famille Chorizoporidae Chorizoporidés Colonies encroûtantes. Ouverture semicirculaire. Parois frontale fne, non perforée. Aviculaires petits, indépendants. Ovicelles suboraux, proéminents, clos par l'opercule de l'ouverture. Communication interzoïdale par des extensions tubulaires ajourées, présence de petits kénozoïdes.
Genre Chorizopora
Espèce brongniartii

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