Carassin commun, carassin argenté et carassin doré

Carassius spp. |

N° 2552

Asie et Europe (y compris Russie)

Clé d'identification

Le carassin commun :
Corps haut, latéralement compressé et trapu
Petite tête, sans barbillons
Nageoire dorsale convexe
Grosses écailles, 31 à 36 écailles sur la ligne latérale
Couleur verdâtre et reflets dorés sur les flancs

Le carassin argenté :
Corps allongé, latéralement compressé, moyennement haut
Tête dépourvue de barbillons
Nageoire dorsale concave ou droite
29 à 33 écailles sur la ligne latérale
Couleur grise et argentée

Le carassin doré :
Corps allongé, latéralement compressé et légèrement haut
Tête dépourvue de barbillons
Nageoire dorsale concave ou droite
Nageoire caudale grande et échancrée
26 à 31 écailles sur la ligne latérale
Couleur jaunâtre, dorée ou bronze

Noms

Autres noms communs français

Carassius carassius (Linnaeus, 1758), Carassin commun : cyprin, carreau, gardon carpé, gibèle, meule
Carassius gibelio (Bloch, 1752), Carassin argenté : giebele, carpe prussienne
Carassius auratus (Linnaeus, 1758), Carassin doré : poisson rouge

Noms communs internationaux

Carassin commun : Bronze carp, crucian carp (GB), Carassio (I), Carpin (E), Bauernkarpfen, Burretschel, Karausche, Moorkarpfen (D), Kroeskarper (NL), Auksinis karosas, pimpao (P), Funa (Japonais)



Carassin argenté : Prussian carp (GB), Giebel, Silberkarausche (D)



Carassin doré : Goldfish (GB), Carassio dorato (I), Pez rojo (E), Goldfisch (D), Kin-buna (Japonais)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Carassius carassius :
Cyprinus carassius
Linnaeus, 1758
Carassius vulgaris Nilsson, 1840
Cyprinus moles Valenciennes, 1842
Carassius pekinensis Basilewsky, 1855
Carassius oblongus Heckel & Kner, 1858
Carassius linnei Malm, 1877

Carassius gibelio :
Carassius auratus gibelio
(Bloch, 1782)
Cyprinus gibelio Bloch, 1782
Carassius ellipticus Heckel, 1848
Carassius vulgaris ventrosus Walecki, 1863
Carassius vulgaris kolenty Dybowski, 1877
Carassius auratus gibelio vovkii Johansen, 1945



Carasius auratus :
Carassius carassius auratus (Linnaeus, 1758)
Cyprinus auratus Linnaeus, 1758
Cyprinus langsdorfii Valenciennes, 1842
Carassius encobia Bonaparte, 1845
Carassius chinensis Gronow, 1854
Carassius auratus cantonensis Tchang, 1933

Distribution géographique

Asie et Europe (y compris Russie)

Zones DORIS : Eau douce, Atlantique Nord-Ouest

Le carassin commun :
Originaire d'Asie, il a été progressivement introduit en Russie, puis dans le reste de l'Europe.
Aujourd'hui, on le retrouve dans presque toutes les eaux douces européennes sauf en Suède, où les eaux sont trop fraîches, et au sud de l'Espagne et de l'Italie, où la température de l'eau est trop élevée. Il est également présent au Japon.
Cette espèce n'a pas été observée sur le continent américain.
Le carassin argenté :
Originaire d'Europe centrale, le carassin argenté a progressivement été introduit en Asie et à l'ouest de l'Europe. Il est cependant très difficile de connaître sa distribution exacte en raison des fréquentes confusions avec les espèces C. carassius et C. auratus.
Le carassin doré :
Originaire de l'est de l'Asie, le carassin doré a d'abord été introduit en Russie, puis au Japon et en Europe. Aujourd'hui, l'espèce domestique est présente partout dans le monde.

Biotope

Les carassins commun, argenté et doré occupent les mêmes niches écologiques. On les trouve principalement dans les lacs, les étangs, les bras morts et eaux stagnantes des rivières. Le carassin doré que l'on observe dans la nature est généralement issu d'aquariums ou de bassins de jardin. Il s'adapte remarquablement bien à son environnement.
D'une manière générale, les 3 espèces préfèrent les habitats de faible profondeur et riches en végétaux. Ce sont des espèces rustiques qui résistent à de très faibles taux d'oxygène, à des températures élevées (jusqu'à 30 °C), au gel pour le carassin commun, ainsi qu'aux eaux polluées. Ils peuvent également vivre en eaux saumâtres et peuvent donc être observés dans les estuaires. C. auratus est, lui, plus sensible aux températures inférieures à 4 °C.
En milieu naturel, leur durée de vie peut dépasser 10 ans. La forme ornementale du carassin doré peut vivre jusqu'à 20 ans en aquarium ou bassin.

Description

Phylogénétiquement, C. carassius, C. auratus et C. gibelio sont des espèces très proches. De plus, C. auratus serait apparu suite à un isolement de populations de C. gibelio par la domestication. Les ressemblances entre les trois espèces, et particulièrement entre C. gibelio et C. auratus, sont donc très nombreuses et, à l'état naturel, ils sont régulièrement confondus.

Le carassin commun :
L'aspect général du carassin commun est ovoïdal, trapu et latéralement compressé. Le dos protubérant lui confère un corps haut. Les spécimens les plus courants ont une taille moyenne de 15 cm pour un poids d'environ 250 g, mais ils peuvent atteindre plus de 50 cm et un poids de 4 kg.
La tête, petite et conique, ne dispose pas de barbillon. Les nageoires pectorales et ventrales ainsi que l'anale sont légèrement arrondies et ont une couleur rougeâtre. La nageoire dorsale se caractérise par une ligne convexe. Enfin la caudale est faiblement échancrée, et compte 20 rayons mous.
De grosses écailles recouvrent le corps et 31 à 36 écailles parcourent la ligne latérale.
Globalement, il est de couleur verdâtre, sombre sur le dos, avec des reflets dorés sur les flancs, et plus clair sur le ventre.
Une tache noire à la base de la nageoire caudale caractérise les juvéniles de cette espèce. Cette tache disparaît avec l'âge.

Le carassin argenté :
Le corps du carassin argenté est allongé, latéralement compressé et moyennement haut. Les individus moyens mesurent 25 à 30 cm pour un poids variant de 300 à 500 g. Des spécimens de plus de 45 cm et d'un poids supérieur à 1 kg ont déjà été observés.
La tête conique est dépourvue d'écailles et de barbillons. La nageoire dorsale a une forme concave ou droite. La caudale, formée de 17 à 19 rayons mous, est haute et échancrée. Les nageoires ventrales et pectorales ainsi que l'anale sont petites et fines.
Le corps est recouvert de petites écailles plus marquées que chez C. auratus et 29 à 33 écailles composent la ligne latérale.
C. gibelio arbore des couleurs plus grises et argentées que C. auratus. Le dos est gris sombre, le ventre plus clair.

Le carassin doré (poisson rouge) :
A l'état sauvage, l'espèce C. auratus a un corps allongé, latéralement compressé et légèrement haut.
La petite tête triangulaire est dépourvue d'écailles et de barbillons.
La nageoire dorsale, de forme concave ou droite, débute au sommet du corps et se termine au niveau du pédoncule* caudal. La nageoire caudale, plus grande et plus échancrée que celle de C. carassius, compte 17 à 20 rayons mous. Les nageoires ventrales et pectorales ainsi que l'anale sont petites et fines.
Le corps est recouvert de petites écailles. On peut dénombrer 26 à 31 écailles sur la ligne latérale.
Les couleurs du carassin doré varient beaucoup avec l'environnement dans lequel il évolue, du jaunâtre au doré lumineux en passant par le bronze. Son dos est généralement plus sombre et le ventre plus clair.
Les principaux caractères distinctifs de la forme ornementale sont sa couleur rouge flambloyante ainsi que ses très nombreuses formes et aberrations morphologiques.

Espèces ressemblantes

Pour différencier les espèces C. gibelio, C. auratus et C. carassius, il faut faire appel à des caractères cryptiques tels que le nombre de branchiospines*.
Carassius carassius : le carassin commun a une coloration verdâtre et n’a pas de barbillon. Il possède de 23 à 33 branchiospines.
Carassius gibelio : le carassin argenté a une coloration gris argenté. Les écailles sont plus grosses et marquées. On peut compter 37 à 52 branchiospines.
Carassius auratus : le carassin doré a une forme plus allongée et dispose de couleurs plus claires, plutôt argentées ou dorées. La nageoire dorsale est concave. Il est pourvu de 38 à 47 branchiospines.

Cyprinus carpio Linnaeus, 1758 : contrairement aux carssins, la carpe commune a des barbillons au bas de la bouche. Elle est généralement plus grande.
On peut aussi trouver des carpes koï dans les étangs français, suite à des relâchements ou échappements de bassins. Elle est définie comme appartenant à la sous-espèce Cyprinus carpio carpio.

Alimentation

Les carassins sont omnivores : ils consomment des végétaux, divers détritus, ainsi que de petits invertébrés benthiques. Ils affectionnent les larves de chironomes.

Reproduction - Multiplication

Chez le carassin commun, les adultes atteignent la maturité sexuelle au bout de 2 à 3 ans pour les mâles et 3 à 4 ans pour les femelles, ce qui équivaut à une dizaine de centimètres pour un poids d'environ 100 g. Ils se reproduisent de mai à juin, lorsque la température de l'eau avoisine les 16 °C. Un dimorphisme sexuel est alors visible chez les mâles qui portent des "tubercules nuptiaux" sur la tête.
Chez le carassin argenté, la maturité sexuelle est atteinte au bout de 1 à 2 ans pour les mâles et les femelles dans le sud de l'Europe, et 3 à 4 ans dans le centre et l'est de l'Europe. La période de reproduction s'étale sur plus de 4 mois lorsque la température de l'eau est comprise entre 16 et 18 °C.
Enfin, le carassin doré peut se reproduire à partir de sa première année, lorsque la température de l'eau s'élève, entre 20 et 25 °C.
Les carassins se reproduisent plusieurs fois au cours de la même année et les pontes sont multiples. Elles se déroulent dans des lieux riches en végétaux sur lesquels la femelle dépose des ovocytes visqueux et adhérents, de 1,2 à 1,7 mm. Plusieurs mâles viendront ensuite les féconder. Ce caractère est dit "phytophile". Une femelle peut pondre entre 100 000 et 250 000 œufs par saison de reproduction pour le carassin commun, de 50 000 à 180 000 pour le carassin argenté et 10 000 à 80 000 pour le carassin doré.
L'incubation est rapide : en moins d'une semaine, l'alevin éclot. Il mesure alors 5 mm. La croissance varie selon l'environnement et l'espèce. On remarque néanmoins une croissance plus lente du carassin commun par rapport au carassin argenté.

Vie associée

Les carassins ont de nombreux prédateurs tel que le brochet (Esox lucius), la perche (Perca fluviatilis), le sandre (Sander lucioperca) ou encore le silure (Silurus glanis).
Dans son habitat, le carassin commun est en forte compétition avec le carassin argenté. Cette espèce, introduite dans les années 1950, est beaucoup plus prolifique au point d'être une menace pour le carassin commun. En présence de prédateurs, le carassin commun aura une croissance plutôt en hauteur qu'en longueur et choisira des habitats plus protégés.

Divers biologie

L'hybridation du carassin commun est possible avec : la carpe commune Cyprinus carpio, le carassin argenté Carassius gibelio, le carassin doré Carassius auratus et le rotengle Scardinius erythrophtalmus.

On distingue deux types de population de carassin argenté : une population diploïde (2n chromosome) et une population triploïde (3n chromosome) également appelée gynogénétique*. Cette population est constituée uniquement de femelles. Le développement embryonnaire est activé par le sperme d'autres cyprinidés mais le matériel génétique du mâle est détruit. En France, on retrouve les 2 populations, mais la population triploïde serait la plus répandue grâce à la stratégie reproductrice adoptée. C'est aussi cette stratégie de reproduction qui rend l'espèce C. gibelio la plus abondante en France.
Les trois espèces de carassins présentes en France sont des espèces allochtones*.
Le carassin commun aurait été introduit en France, en Lorraine au XVIIIe siècle par le roi Stanislas, puis beaucoup plus tard en Corse dans les années 1970.
En parallèle, le carassin argenté a été introduit en Europe au XIXe siècle avec le développement de la carpiculture. La population gynogénétique est apparue dans la seconde partie du XXe siècle. C'est seulement dans les années 1950 que le carassin argenté a été implanté en France. Le carassin doré est issu d'une sélection de carassins argentés qui a débuté en Chine vers l'an 1000. Il a été ramené des Indes par les Portugais à la fin du XVIIe siècle. Introduit d'abord en Angleterre, puis en France, il s'est rapidement acclimaté aux eaux closes des bassins et des étangs, puis dans certaines rivières. Aujourd'hui, il est présent dans toute la France. Même s'il est très difficile de distinguer les trois espèces de carassins, il semble que le carassin argenté soit l'espèce la plus répandue au point de supplanter les deux autres.
Il existe plusieurs variétés de carassins dorés d'ornement aux formes et couleurs très variées, parfois obtenues par mutagénèse* puis reproduits. Parmi les plus répandus, nous pouvons mentionner la tête de lion, la queue de voile, le télescope, l'uranoscope, la voile double, ...
Contrairement à une idée reçue, une étude scientifique a démontré que le poisson rouge possède une mémoire de 3 mois et non pas de 3 secondes.
Sa robustesse et sa capacité d'adaptation font du poisson rouge un modèle utilisé en laboratoires de recherches.

Informations complémentaires

Comme la plupart des Cyprinidés, le carassin commun est robuste, ce qui en fait une espèce facile à élever.
La Chine, avec 2 millions de tonnes en 2008, représente plus de 99 % de la production aquacole mondiale de carassin commun.
Malgré sa chaire fine et riche en nutriments, le carassin commun est peu apprécié en Europe à cause de ses nombreuses arrêtes.

Bien que ce soit une espèce robuste, le poisson rouge a besoin d'espace, d'oxygène et d'une eau de bonne qualité pour vivre. Il ne doit pas vivre dans un bocal ! Le poisson rouge est une espèce domestique qui oblige son propriétaire à le placer dans un environnement adapté à ses besoins biologiques.

Origine des noms

Origine du nom français

Carassin : nom directement issu du nom scientifique.

Origine du nom scientifique

Carassius : ce mot serait la latinisation du nom allemand [Karas] ou [Karausche] qui désigne cette espèce.
gibelio : mot latin signifiant gibele, autre nom donné au carassin argenté.
auratus
: mot latin signifiant doré, orné d'or.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Super classe Osteichthyes Ostéichthyens Vertébrés à squelette osseux.
Classe Actinopterygii Actinoptérygiens Ossification du crâne ou du squelette tout entier. Poissons épineux ou à nageoires rayonnées.
Sous-classe Neopterygii Teleostei Néoptérygiens Téléostéens Poissons à arêtes osseuses, présence d’un opercule, écailles minces et imbriquées.
Super ordre Ostariophysi Ostariophysaires
Ordre Cypriniformes Cypriniformes Presque tous d’eau douce.
Sous-ordre Cyprinoidea Cyprinoïdes
Famille Cyprinidae Cyprinidés
Genre Carassius
Espèce spp.

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