Faceline à ponctuations noires

Caloria elegans | (Alder & Hancock, 1845)

N° 304

Méditerranée, Atlantique, mer du Nord

Clé d'identification

Nudibranche de type éolidien
Couleur générale blanc laiteux ponctué de points noirs et blancs sur les cérates
Tentacules labiaux deux fois plus longs que les rhinophores
Fine ligne blanche sur les tentacules labiaux et l'extrémité de la queue
Glande digestive, de blanche à brune, visible par transparence dans les papilles dorsales

Noms

Autres noms communs français

Caloria

Noms communs internationaux

Peper en zoutslak (NL)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Eolis elegans (Alder & Hancock, 1845)
Phidiana elegans (Alder & Hancock, 1845)
Caloria maculata Trinchese, 1888
Acanthopsole quatrefagesi Vaissiere, 1888

Distribution géographique

Méditerranée, Atlantique, mer du Nord

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Méditerranée, Adriatique, océan Atlantique Est, îles Britanniques et mer du Nord.

Biotope

L'espèce est présente à partir d'une dizaine de mètres de profondeur et fréquente éboulis et tombants où elle pourra trouver les colonies d'hydraires qui constituent sa nourriture. On peut la trouver jusqu'à une cinquantaine de mètres.

Description

C'est un petit éolidien qui apparaît grossièrement blanc ponctué de noir, au corps allongé, d'une quinzaine de millimètres en Méditerranée et pouvant atteindre la trentaine de millimètres dans les îles Britanniques. Ce corps est recouvert de "papilles" dorsales, les cérates. Ces cérates montrent à leur apex* respectif une petite tache blanche et, en descendant, sous un petit espace, une macule noire. Ce "pattern" blanc-noir ne concerne que le tiers supérieur des appendices dorsaux qui sont couchés vers l'arrière, plutôt bien rangés, bien répartis et regroupés en 5 panaches de part et d'autre du corps, sauf sur la tête et l'extrémité caudale.
Corps et tête sont d'un blanc laiteux un peu translucide. Les ramifications de la glande digestive apparaissent par transparence, de blanches à jaunâtres, voire brun-clair à bleu très pâle, dans les papilles dorsales (ou cérates).
Au niveau de la tête : sur le dessus, il y a deux rhinophores* lisses, terminés par du blanc opaque. Vers l'avant, et d'une longueur presque double de celle des rhinophores, on trouve deux très longs tentacules buccaux (ou palpes labiaux) plats, également recouverts sur leur extrémité par du blanc immaculé. On distingue enfin, en dessous, deux petits tentacules pédieux recourbés vers l'arrière.
Le bord intérieur des deux tentacules buccaux ainsi que l'extrémité caudale sont parcourus d'une fine ligne blanc opaque.

Espèces ressemblantes

La coloration est assez spécifique et exclut généralement les confusions avec d'autres espèces de nudibranches de distribution commune, sauf dans un cas qui fréquente les mêmes eaux : la faceline de Quatrefages :

  • Facelina quatrefagesi (Vayssière, 1888) a des rhinophores annelés (ce qui n'est pas le cas de Caloria elegans) et ses cérates translucides laissent voir une glande digestive orange appuyé, presque brun, l'apex étant marqué d'un anneau noir puis d'une pointe blanche au niveau des cnidosacs*.

Alimentation

Caloria elegans se nourrit de polypes d'hydraires, probablement et principalement du genre Perigonimus (mais on l'a rencontrée sur d'autres espèces, entre autres du genre Eudendrium), grâce à sa radula*, sorte de râpe dentelée, composée de denticules acérées, se trouvant au fond du larynx.

Reproduction - Multiplication

Ces mollusques sont hermaphrodites*, les individus se reproduisent deux à deux, en s'échangeant simultanément leurs gamètes* en un rapport proximal. Les pontes respectives auront lieu ensuite, probablement sous la forme d'écheveaux fixés sur les branches d'hydraires. Peu d'infos disponibles sur la ponte de Caloria elegans.

Divers biologie

Un des moyens de défense les plus utilisés par les nudibranches, notamment les éolidiens, est la récupération des armes utilisées par leurs proies spécifiques et le recyclage de ces armes à leur propre profit. Ainsi, Caloria, qui mange la tête des polypes* d'hydraires, non seulement n'est pas blessée par l'action fortement urticante des cnidoblastes* de l'hydraire mais fait migrer ces cellules urticantes (une des hypothèses est que ces cnidoblastes sont embryonnaires mais le mécanisme de cette immunité est encore grandement incompris) intactes jusqu'à l'extrémité de son système digestif et les stocke dans ses cnidosacs*, au sommet des cérates. Ces cellules urticantes sont désormais allouées à sa propre protection et se déclencheront si Caloria est attaquée. Dès lors, on ne connaît pas beaucoup de prédateurs à Caloria elegans...
Caloria fait partie de ces éolidiens dont certains des cérates, bien rangés, sont plus longs que les autres mais se font discrets, recourbés, « alignés » sur les autres. Il semble qu'ils se déroulent et s'érigent en cas de dérangement…

Deux traits caractéristiques des éolidiens concernent la présence de papilles dorsales (cérates) ainsi que l'absence du panache branchial visible ou présent dans d'autres sous-ordres. En effet, la respiration des éolidiens se fait non pas au travers de branchies mais directement au travers de la membrane des cérates. On parle de respiration cutanée.

Les rhinophores sont les organes "chimiques" des nudibranches. C'est entre autres grâce à eux que l'animal perçoit son environnement, reconnaît les signaux de ses congénères ou ses proies.
Ces rhinophores sont également utiles à l'orientation car sensibles aux paramètres physiques, comme le sens des courants, la luminosité, la température, etc.

Les palpes labiaux sont, eux, plus précisément destinés à un rapport de contact avec l'environnement.

La radula*, pièce physique primordiale dans la nutrition de la plupart des mollusques opisthobranches, est une sorte de langue râpeuse, située dans le larynx et constituée de nombreux denticules acérées. La forme de la radula, des denticules, leur agencement, sont des éléments spécifiques d'une espèce donnée et sont discriminatifs quant à l'identification et la taxonomie de cette espèce. Son observation exige néanmoins du matériel optique de laboratoire.

Informations complémentaires

Notons qu'un débat a lieu concernant le genre et la famille de l'animal, les auteurs n'étant pas tous d'accord entre eux. D'où des occurrences variées sur ces points. Notamment la famille : Glaucidae (Menke, 1777) vs. Facelinidae (Bergh, 1889).
Pour l'instant, il semble arrêté par certains que la famille Facelinidae (Bergh, 1889) n'existe plus car considérée comme synonyme junior de Glaucidae. Mais on la trouve toujours dans certaines classifications.

Origine des noms

Origine du nom français

Faceline à ponctuations noires.
Faceline : vient de son ancien nom taxonomique de famille, Facelinidae.
Dans la nomenclature des Nudibranches Eolidiens, Facelina est utilisé pour signifier : aspect avec des lignes (B. Picton). En effet, étymologiquement, il s'agirait de fagots dans lesquels Oreste aurait amené la statue de Diane de Scythie en Italie. Facélina est d'ailleurs le surnom de Diane en Sicile (Gaffiot).
Du latin, cela traduit donc un aspect ligné, comme le seraient des fagots de bois.

La suite, notifiant les ponctuations noires, évoque juste la robe de l'animal et les macules sur les cérates.

Origine du nom scientifique

Caloria : nom de genre créé par Salvatore Trinchese en hommage au professeur Luigi Calori (1807-1896), Président de l'Académie Royale des Sciences de Bologne (Italie).
Notons également à titre de curiosité que Calor en latin, c'est la chaleur mais aussi l'impétuosité, l'ardeur. C'est assez évocateur de l'attitude qu'auraient ces facelines qui, face à un danger ou une agression, allongent grandement leurs papilles dorsales, ô combien porteuses de dangers, et les érigent vers le haut à titre de menace...

elegans : du latin [elegans] = délicat et élégant.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Mollusca Mollusques Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies.
Classe Gastropoda Gastéropodes Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules.
Sous-classe Opisthobranchia Opisthobranches Coquille présente, réduite ou absente. Branchies à l’arrière du cœur. Principalement marins ou d’eau saumâtre, rare en eau douce (une dizaine d’espèces, Ordre des Acochlidea).
Ordre Nudibranchia Nudibranches Cavité palléale et coquille absentes chez l’adulte. Lobes pédieux souvent absents aussi. Respiration cutanée, à l’aide de branchies, de cérates ou d’autres appendices. Tête portant une ou deux paires de tentacules, les tentacules postérieurs ou rhinophores peuvent parfois être rétractés dans des gaines. Principalement marins ou d’eau saumâtre.
Sous-ordre Aeolidiina Eolidiens Corps long et effilé portant des cérates simples, alignés ou non sur plusieurs rangées ou en bouquets. Tête avec deux paires de tentacules, la postérieure (rhinophores) sans gaine. Coins antérieurs du pied parfois effilés en tentacule. La majorité consomme des cnidaires mais certains mangent d’autres opisthobranches ou des œufs de poissons.
Famille Facelinidae Facelinidés Eolidiens au corps grêle, aux cérates groupés en faisceaux, sans pédoncule. En général tentacules pédieux, rhinophores à lamelles ou annelés.
Genre Caloria
Espèce elegans

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