Bouvière

Rhodeus amarus | (Bloch, 1782)

N° 1325

Centre et est de l'Europe, nord de l'Asie Mineure

Clé d'identification

Petit poisson aplati, brillant
Taches colorées rouges sur les nageoires dorsale et anale
Ligne bleue latérale sur l’arrière du corps

Noms

Autres noms communs français
Pèteuse, cyprin amer, rosière, bitterling (Alsace)
Noms communs internationaux
Bitterling (GB), Rodeo amaro (I), Gewöhnlicher Bitterling (D)
Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides
Rhodeus sericeus (Pallas, 1776)
Rhodeus sericeus amarus (Bloch, 1782)
Cyprinus amarus (Bloch, 1782)

Distribution géographique

Centre et est de l'Europe, nord de l'Asie Mineure

Zones DORIS : Eau douce

Elle est surtout répandue dans le quart nord-est de la France et la vallée du Rhône. La population est en régression sur le haut bassin de la Garonne.
En Europe cette espèce est présente au centre et à l’est, en eaux douces riches en végétation et en présence de gros lamellibranches unionidés.

Biotope

La bouvière préfère les eaux calmes des cours inférieurs de rivières, étangs, zones rivulaires*, bords de lacs. La présence de mollusques bivalves des genres Unio, Anodonte … est indispensable à sa reproduction.
Consommateur de diverses algues et de petits invertébrés, ce petit poisson a une longévité de 3-4 ans en moyenne.

Description

La bouvière a l'aspect d’un petit rotengle ou d’une petite brème d'une taille maximale de 50 à 70 mm pour un poids de 10 à 15 g.

Le corps est comprimé latéralement, assez élévé.
La ligne latérale est incomplète (5-6 écailles).
Gris verdâtre sur le dos, avec des flancs argentés, ce poisson présente une bande bleutée latérale sur la partie postérieure du corps.

En phase de reproduction le mâle développe une coloration rose irisé. Le bleu de la bande latérale s’intensifie.
Les nageoires dorsale et anale se pigmentent de rouge.
Chez les femelles un long tube de ponte (oviscapte ou ovipositeur*) se développe au niveau du cloaque, modification de la papille génito-urinaire ; il peut mesurer jusqu'à 6 cm.

Espèces ressemblantes

Elle peut être confondue, en dehors de la période de reproduction, avec des juvéniles de brème et de rotengle.

Alimentation

La bouvière, surtout herbivore, se nourrit de phytoplancton, débris de végétaux, mais aussi de mollusques, larves d’insectes...

Reproduction - Multiplication

Elle a lieu dans une eau dont la température varie de 15 à 20° C.
Les femelles sont attirées par les moules qu'elles vont utiliser pour leur reproduction.
Le territoire proche de la moule choisie pour la ponte, est défendu par le mâle.
Les ovules sont pondus par la femelle dans le siphon inhalant (qui aspire l’eau) du mollusque à l’aide d’un tube de ponte de 5 à 6 centimètres (ovipositeur*). Le mâle émet son sperme (laitance) dans l’eau aspirée vers les branchies. Les œufs (alors d'une taille de 3 mm) se collent aux filaments branchiaux où ils se développent. L'incubation dure de 2 à 3 semaines. Les alevins restent un certain temps dans la cavité palléale avant d’être expulsés en eau libre par le siphon exhalant (lorsque la taille atteint 8 mm).
Chaque moule peut contenir juqu'à 14 ou 15 œufs.

Vie associée

Dépendance étroite au niveau de la reproduction de gros lamellibranches (Unio, Anodonte, …).

Divers biologie

Compte tenu de sa petite taille, la Bouvière n’est pas prélevée par les pêcheurs (exception faite des concurrents de concours de pêche !).
Sa raréfaction suit celle des Unionidés sensibles au colmatage des fonds de graviers et à la pollution chimique.

Informations complémentaires

Cette espèce passe souvent inaperçue, n’étant pas pêchée, mais est d’un intérêt patrimonial certain car témoin de la disparition des gros lamellibranches, eux-mêmes victimes de la pollution organique et chimique.

Réglementation

Annexe II de la directive européenne habitats.
Annexe III de la Convention de Berne.
Liste rouge nationale, mention LC= préoccupations mineures et mondiale (UICN)
Liste rouge régionale en Franche Comté, mention VU= vulnérable, au vu des risques subits par les populations de moules d'eau douce.

Origine des noms

Origine du nom français

De bouvier : qui garde les bœufs, par sa présence près des abreuvoirs rivulaires.
A été appelé aussi : cyprin amer, à cause de sa chair amère non consommable.

Origine du nom scientifique

Rhodeus : du grec [rhodeos] = de couleur rose, fait référence à sa couleur rouge
amarus : du latin [amarus] = amer, à cause de sa chair amère.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Super classe Osteichthyes Ostéichthyens Vertébrés à squelette osseux.
Classe Actinopterygii Actinoptérygiens Ossification du crâne ou du squelette tout entier. Poissons épineux ou à nageoires rayonnées.
Sous-classe Neopterygii Teleostei Néoptérygiens Téléostéens Poissons à arêtes osseuses, présence d’un opercule, écailles minces et imbriquées.
Super ordre Ostariophysi Ostariophysaires
Ordre Cypriniformes Cypriniformes Presque tous d’eau douce.
Sous-ordre Cyprinoidea Cyprinoïdes
Famille Cyprinidae Cyprinidés
Genre Rhodeus
Espèce amarus

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