Béania réticulé

Beania magellanica | (Busk, 1852)

N° 1128

Cosmopolite

Clé d'identification

Monocouche encroûtante de couleur brune
Surélevé par des rhizoïdes, comme des échasses, à quelques millimètres du substrat
Lophophores, sur une seule face, longs et bien visibles
Zoïdes non jointifs donnant un aspect de grillage à la colonie

Noms

Autres noms communs français

Bryozoaire-échasse

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Diachoris magellanica Busk, 1852
Diachoris buskei Heller, 1867

Distribution géographique

Cosmopolite

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord, Terres antarctiques françaises

Beania magellanica se rencontre dans toutes les mers, aussi bien en Antarctique, que dans les eaux tropicales ou dans l'hémisphère nord, y compris les côtes européennes méditerranéennes. Les observations référencées ont été faites en Méditerranée, dans Adriatique, le détroit de Magellan (d’où son nom), la Nouvelle-Zélande, l'Australie, les Kerguelen…

Biotope

Le béania réticulé se rencontre sur les fonds coralligènes* et à la base des posidonies, entre 10 et 50 m de profondeur. Il a une prédilection pour s'implanter sur des éponges, des algues calcaires mais également sur d'autres bryozoaires encroûtants ou des ascidies.

Description

Beania magellanica est un bryozoaire encroûtant, en forme de lame constituée d'une monocouche de zoïdes*, et faiblement fixé au substrat* par quelques fins filaments chitineux*, les rhizoïdes*. Les colonies ne sont donc pas encroûtantes au sens propre, mais posées sur ses rhizoïdes, comme sur des échasses, à quelques millimètres au dessus du substrat*. Elles sont plus ou moins circulaires, d'un diamètre de quelques centimètres, de couleur jaunâtre à brune et leurs bords légèrement recourbés vers le haut. Elles se chevauchent souvent les unes les autres, et certaines peuvent même se développer perpendiculairement au substrat.

Les zoïdes laissent des espaces entre eux, ce qui donne un aspect de grillage à la colonie. Les lophophores* sont bien développés et largement visibles à l'œil nu en plongée. Ils sont disposés sur une seule face de la colonie (ou zoarium*), le plus souvent celle dirigée à l’opposé du substrat.

Espèces ressemblantes

La principale différence entre Beania magellanica et les autres membres encroûtants du genre Beania est l'absence d'épines sur le corps.

Il existe de très nombreuses autres espèces de bryozoaires encroûtants mais B. magellanica se distingue principalement des autres par ses colonies surélevées de quelques millimètres du substrat par ses rhizoïdes, ses zoïdes non jointifs, qui donne un aspect de grillage à la colonie, et également par sa couleur brune et ses longs lophophores bien visibles en plongée.

Alimentation

Beania magellanica, comme tous les bryozoaires, est un filtreur suspensivore* microphage*. Il se nourrit principalement d'algues unicellulaires planctoniques* (diatomées*) et de particules organiques en suspension. Les cils des lophophores* sont capables de créer des micro-courants permettant l'acheminement des particules alimentaires vers la bouche située au centre du lophophore (dont les fonctions sont aussi celles de respiration et de nettoyage de la colonie).

Reproduction - Multiplication

Chez les bryozoaires, les deux types de reproduction, sexuée et asexuée, concourent au développement de l'espèce.

En Méditerranée, la reproduction sexuée à lieu en mai. Au sein d'une même colonie, des zoïdes mâles et femelles existent, mais on connaît aussi des zoïdes hermaphrodites*. La fécondation conduit à la formation d'œufs incubés dans les ovicelles*. Les embryons sont blanchâtres chez Beania magellanica. Les larves*, qui seront expulsées, ont une vie pélagique* courte permettant la dissémination spatiale de l'espèce. Puis, ces larves se fixent sur un substrat* dur et libre, et se transforment en zoïdes primaires isolés appelés ancestrules*.

Chaque ancestrule forme alors une nouvelle colonie par bourgeonnement* (reproduction asexuée), qui assure la croissance de la colonie. Cela s'accompagne d'une spécialisation de certains individus au sein de la colonie : on parle de polymorphisme* des zoïdes (autozoïdes*, aviculaires*, rhizoïdes*...).

Vie associée

Le béania réticulé se développe souvent en épibionte* sur des éponges ou des algues calcaires foliacées.

En Nouvelle-Zélande, Beania magellanica est la proie du nudibranche Janolus novozealandicus et Caldukia rubignosa.

Divers biologie

Description microscopique :
Les colonies sont faiblement adhérentes au substrat* car seulement reliées par 1 à 4 rhizoïdes chitineux (kénozoïdes*), issus de la face dorsale des cystides*.
Taille des zoïdes : 0,80 mm de longueur environ sur 0,40 mm de largeur.
Chaque zoïde a une forme de barque et est en contact avec 6 autres individus. Il est relié par un très court tubule à celui qui le devance et à celui qui le précède et forme une chaîne. Par contre, il est relié à 2 zoïdes adjacents de chaque côté par 4 (2 de chaque côté) longs tubules d'environ 0,30 mm de longueur.
L'aperture* est semi-circulaire, en position distale.
Le lophophore* en forme de cloche a 25 tentacules* environ.
Les aviculaires* sont grands (environ 0,60 mm), pédonculés et situés près de l'aperture*. Chez les colonies observées en Méditerranée il y a 1 aviculaire par zoïde, toujours du même côté, dans une chaîne de zoïdes. Cependant, il peut y avoir des zoïdes avec 2 aviculaires, un de chaque côté de l'aperture. Les 2 aviculaires par zoïdes semblent être la règle chez les individus observés dans l'hémisphère sud. Ils se terminent par deux mandibules courbes, formant un bec d'oiseau.
Le genre Beania est caractérisé par la présence d'épines sur le corps. Chez B. magellanica, il y a 2 à 4 épines orales mais elles sont à l'état vestigial.
Les ovicelles*, qui sont des poches incubatrices pour les œufs, sont très réduites et peu visibles car elles sont situées à l'intérieur des zoïdes.

Informations complémentaires

Beania magellanica est sensible à la pollution et notamment une augmentation des concentrations en métaux lourds comme le cuivre, entraîne une régression voire une disparition des colonies.

Origine des noms

Origine du nom français

Béania réticulé est une proposition du site DORIS et caractérise l'aspect des colonies, qui avec ses zoïdes espacés les uns des autres, mais quand même reliés entre eux, forment un réseau semblable à un grillage.

Bryozoaire-échasse est également une proposition du site DORIS. Ce bryozoaire encroûtant étant en effet comme porté par des échasses (les rhizoïdes) qui laissent la colonie quelques millimètres au dessus du substrat.

Origine du nom scientifique

Beania : en hommage à William Bean, 1787-1866, politicien anglais et collègue de George Johnston. Il s'intéressa principalement aux coquillages et à la géologie mais également à tous les organismes ayant un squelette calcaire, y compris les bryozoaires.

magellanica : car le premier individu décrit provenait du détroit de Magellan.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Bryozoa / Ectoprocta Bryozoaires / Ectoproctes Petits animaux coloniaux filtreurs aquatiques fixés à un substrat. Tous les zoïdes sont en continuité physique et issus de bourgeonnement à partir d’un individu unique. Chaque zoïde porte un lophophore rétractile et est abrité dans une logette.
Classe Gymnolaemata Gymnolèmes Colonies polymorphes. Les zoïdes sont cylindriques ou aplatis, les lophophores circulaires. Les parois peuvent être calcifiées ou non. Presque tous marins.
Ordre Cheilostomatida Cheilostomes Bryozoaires calcifiés, zoïdes* en forme de boîte obturée par un opercule à charnière. Gymnolèmes les plus nombreux et les plus diversifiés des régions littorales, souples à rigides. Groupe au polymorphisme marqué où l’on trouve des individus différenciés (aviculaires, vibraculaires, ovicelles globuleux…).
Sous-ordre Flustrina Flustrine
Famille Beaniidae
Genre Beania
Espèce magellanica

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