Petite astérie naine

Asterina phylactica | Emson & Crump, 1979

N° 1332

Manche, Méditerranée

Clé d'identification

Petite étoile (15 mm maximum)
Aire dorsale étoilée de couleur foncée (rouge à noire)
Touffes épineuses dorsales régulièrement espacées
Cinq bras toujours plus ou moins individualisés
Espèce rare

Noms

Autres noms communs français

Petite astérie bossue

Noms communs internationaux

Tiny cushion star (GB)

Distribution géographique

Manche, Méditerranée

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

De découverte relativement récente, la distribution de cette espèce demeure mal connue.
Elle a été observée le long des côtes de la Manche (en Angleterre et en France) jusqu'en Irlande, ainsi qu'en Méditerranée occidentale. On suppose qu'elle est aussi présente sur la façade atlantique.

Il s'agit d'une espèce rare, peu observée.

Biotope

Cette étoile de mer affectionne le domaine intertidal en zone rocheuse exposée au ressac. On la trouvera au pied des algues, sur la face supérieure des pierres, et dans les cuvettes littorales.
Elle tolère un fort ensoleillement : alors que Asterina gibbosa ne supporte pas plus de 5 000 lux, Asterina phylactica en supporte plus de 10 000. Ainsi, en été, lorsque l'ensoleillement est maximal et que A. gibbosa se cache sous les pierres, l'astérie naine arpente la face supérieure des rochers en quête de nourriture !
On pourra l'observer jusqu'à une vingtaine de mètres au maximum.

Description

Asterina phylactica est une minuscule étoile de mer dont la taille n'excède pas les 15 millimètres.
Sa surface est recouverte de petites touffes épineuses régulièrement espacées et montre dorsalement une aire étoilée superposée de couleur plus foncée, en général rouge à noire. Le centre et les bords de l'étoile sont plus clairs (blancs à bleu-vert).
Les cinq bras (plus rarement six) sont toujours plus ou moins individualisés : cette espèce ne présente pas la forme pentagonale. Les extrémités des bras, porteurs de tentacules sensoriels plus longs et plus fins, sont fréquemment retroussés vers le haut. La face ventrale est claire.

Espèces ressemblantes

Asterina gibbosa Pennant, 1777 : cette espèce d'étoile, avec laquelle l'astérie naine est fréquemment confondue, est plus grande (jusqu'à 7 cm), et arbore souvent une couleur verte, mais elle peut également être de jaune à brun, avec toutes les nuances intermédiaires. Celle-ci peut de plus avoir une forme pentagonale.

Asterina pancerii (Gasco, 1870) : plus aplatie et légèrement plus grande (jusqu'à 30 mm), de couleur verte ou rouge à taches blanches est inféodée aux herbiers de posidonies. Cette espèce endémique de Méditerranée est protégée.

Alimentation

Asterina phylactica est un prédateur omnivore et se délecte aussi bien de restes animaux que de minuscules proies vivantes (bivalves, vers, gastéropodes, crustacés) qui arpentent la surface de la roche.

Reproduction - Multiplication

C'est au niveau de la reproduction que les différences avec Asterina gibbosa seront les plus flagrantes.
Asterina phylactica est hermaphrodite simultané (gonades mâles et femelles sont matures en même temps). Elle pond beaucoup moins d'œufs que l'astérie bossue (100 fois moins), mais les couve et les surveille jusqu'à leur éclosion. Ces œufs ressemblent énormément à ceux de l'astérie bossue (voir photo sur la fiche en ligne). Il n'y a pas de stade pluteus* planctonique, l'ensemble du développement larvaire ayant lieu dans l'œuf. L'incubation dure environ trois semaines. Les jeunes étoiles sont minuscules et immédiatement benthiques.

Il semble, d'après des expériences menées en laboratoire, que le taux de survie des jeunes astéries naines soit très faible... Ceci explique peut-être que cette espèce soit relativement peu observée.

Divers biologie

L'astérie naine est la proie de sa cousine, Asterina gibbosa, ainsi que de petits poissons comme les blennies.

Les juvéniles de Asterina gibbosa et Asterina phylactica sont impossibles à distinguer. Chez cette dernière, l'étoile dorsale foncée n'apparaît qu'au stade adulte.

Son espérance de vie est de 4 ans.

Origine des noms

Origine du nom français

Petite astérie naine, à cause de sa petite taille (15 millimètres maximum). Cette espèce est ainsi la plus petite espèce d'étoile métropolitaine et la présence des deux mots, petite et naine, insiste sur ce fait, la distinguant de l'astérie naine des posidonies Asterina pancerii, un peu plus grande.
Petite astérie bossue, en comparaison à Asterina gibbosa, l'astérie bossue, qui est plus grande.

Origine du nom scientifique

Asterina : du grec [aster] = étoile,
phylactica : du grec [phulaxis] = protection : la couleur dorsale foncée de cette étoile lui permet de se camoufler et de passer inaperçue à la surface des rochers, entre les crampons d'algues.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Echinodermata Echinodermes Symétrie radiale d'ordre cinq (chez les adultes). Squelette de plaques calcaires bien développé sous le derme. Présence d'un système aquifère auquel appartiennent les podia souvent visibles extérieurement.
Sous-embranchement Asterozoa Astérozoaires Echinodermes de forme étoilée. Les bras, simples et parfois absents, sont en nombre variable, et contiennent des organes.
Classe Asteroidea Astérides Organismes en forme d’étoile, libres. 5 à 50 bras, squelette réduit, estomac dévaginable. Ce sont les étoiles de mer.
Ordre Spinulosida Spinulosides Podia* avec ventouses. La surface aborale* porte de petites épines, plaque marginale et pédicellaires* absents.
Sous-ordre Leptognathina Leptognathes
Famille Asterinidae Astérinidés Epiderme mince, plaques squelettiques apparentes et imbriquées et porteuses de piquants courts groupés ou isolés.
Genre Asterina
Espèce phylactica

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