Tourne-pierre à collier

Arenaria interpres | (Linnaeus, 1758)

N° 1556

Cosmopolite

Clé d'identification

Petit échassier d'aspect assez trapu de 44 à 49 cm d'envergure
Plumage bigarré, noir, blanc et marron-roux
Bec court, noir et un peu retroussé
Dos noir et marron en contraste avec poitrine noire et ventre blanc
Pattes assez courtes et rouge orangé

Noms

Autres noms communs français

Tourne-brette, trétin, trotin, titi (Normandie)
Pluvier des salines (Martinique)

Noms communs internationaux

Ruddy turnstone (GB), Voltapietre (I), Vuelvepiedras, vuelvepiedras rojizo (E), Steinwälzer (D), Steenloper (NL)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Sous espèces :
Arenaria interpres interpres (Linnaeus, 1758)
Arenaria interpres morinella (Linnaeus, 1766)

Distribution géographique

Cosmopolite

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord, Eau douce, Indo-Pacifique, Caraïbes, Atlantique Nord-Ouest

A la fin du printemps et en été, il s'établit sur son site de nidification en Alaska, dans le nord-est du Canada et sur le littoral arctique, du Groenland à la Sibérie orientale. A l'automne, il migre sur son site d'hivernage le long des rivages de l'Europe occidentale et peut aller même jusqu'en Afrique.
Sa présence est signalée pendant cette même période sur les côtes américaines jusqu'au Chili et en Argentine mais également aux Antilles Françaises (Guadeloupe et Martinique).

Biotope

Cet oiseau fréquente le littoral toute l'année. Sur son site d'hivernage, on le rencontre surtout sur les parties de littoral rocheux et aussi le long des côtes et dans les estuaires. On peut aussi le trouver le long des rivières et des lacs dans l'intérieur des terres.

Description

Le tourne-pierre à collier est un petit échassier limicole* d'aspect assez trapu dont la taille peut atteindre 21 à 24 cm pour une envergure de 44 à 49 cm et un poids de 80 à 110 g. Il n'y a pas de dimorphisme* sexuel.
En hiver et en automne, le plumage internuptial présente un dos brun noir, avec la poitrine et le ventre blanc, et un collier noir sous la tête.
Le plumage nuptial est plus bigarré, noir, blanc et marron roux, et pour le dessous, d'un blanc plus pur. La tête et le cou présentent des dessins en noir et blanc.
Le plastron* est noir et le dessus du corps est blanc. Les ailes noires, blanches et marron, forment un V quand elles sont déployées pour le vol. Les sus-caudales sont dans les mêmes teintes. Le bec conique, assez court, est noir et retroussé. Les pattes assez courtes sont rouge-orange.
Les poussins sont gris jaunâtre avec des petits points noirs sur le dessus. Les juvéniles ressemblent à l'adulte internuptial mais avec un dessus plus écailleux (liserés jaune brunâtre ou blanchâtres).

Espèces ressemblantes

Arenaria melanocephala : le tourne-pierre noir, sensiblement de même corpulence mais vivant en Alaska et à l'ouest des Etats-Unis et du Canada.

Alimentation

Le tourne-pierre à collier soulève et retourne les pierres, les algues humides, les coquillages par des mouvements saccadés et rapides afin de dénicher les petits invertébrés qui pourraient se réfugier en dessous. Pour ce faire, il fréquente notamment les laisses de mer. Son régime varie selon son habitat et selon les saisons. Il se nourrit de puces de mer, de mollusques, de crustacés, d'échinodermes, de vers, d'insectes mais également de graines, de poissons et de petits mammifères morts qu'il prélève dans le sol sablonneux.

Reproduction - Multiplication

Fin mai, début juin, il arrive sur les sites de reproduction dans les terres arctiques. Il est très fidèle à son territoire et en général, occupe le même endroit que l'année précédente. La femelle construit son nid sur un îlot rocheux ou dans l'herbe. C'est une simple cuvette garnie de débris végétaux. Elle pond 3 à 5 œufs de 37 à 44 mm de long par 27 à 31 mm de large, gris verdâtre, bleu verdâtre pâle, chamois ou vert olive foncé, mouchetés de brun. Elle les couve entre 22 et 24 jours. Les jeunes sont élevés par les deux parents et quittent le nid après quelques heures ; ils prennent leur envol dès le 20e jour.

Vie associée

On rencontre souvent le tourne-pierre en compagnie d'autres petits échassiers limicoles coureurs de grèves comme les gravelots et les bécasseaux.
Espèce de mœurs grégaires, il vit en petits groupes de 6 à 10 individus en se mélangeant à d'autres espèces fréquentant les mêmes milieux. Ces limicoles ont une structure sociale claire, et les hiérarchies de dominance sont établies entre eux, ce qui génère parfois des combats très violents pouvant aller jusqu'à la mort d'un des antagonistes.

Divers biologie

A la fin du printemps et en été, il est sur son site de nidification dans les terres arctiques, ensuite il migre sur son site d'hivernage et peut aller jusqu'en Afrique tropicale. Ce petit oiseau est donc capable de parcourir des milliers de kilomètres en quelques semaines chaque année.
En France, le dernier relevé réalisé par l'Office National de la faune sauvage estime à près de 24400 le nombre d'individus sur le littoral de la Normandie, de la Bretagne, du Centre-Ouest et du Sud-Ouest.
Pour trouver sa nourriture cet oiseau ne retourne pas que des pierres mais tout ce qui peut dissimuler des petits invertébrés, algues, galets, coquilles, bois d'épave, cadavres de poissons échoués.
Leurs cris dominent ceux des autres limicoles ; leurs bavardages incessants sont coupés d'appels roulés "trru-drru ou dru-dru" tremblés qui sont brusquement remplacés par des "Hhi-kikikik" stridents et rapides surtout au moment de l'envol quand ils sont en groupes.
L'espérance de vie de cet oiseau est généralement de 20 ans.
C'est une espèce monogame.

Informations complémentaires

Espèce sensible à la grippe aviaire.

Réglementation

Au niveau national l'espèce est protégée : article 1er, arrêté modifié du 17/04/1981 et article 5.
Au niveau international elle est inscrite à l'Annexe II de la Convention de Berne et à l'annexe II de la Convention de Bonn.

Origine des noms

Origine du nom français

Le nom de tourne-pierre à collier fait référence à la manière qu'a cet oiseau de retourner les pierres ou les algues pour chercher sa nourriture.

Origine du nom scientifique

Arenaria du latin [arena] = sable,
et interpres en latin signifie médiateur, agent entre deux parties, interprète, celui qui retourne les paroles comme cet oiseau retourne les pierres pour chercher sa nourriture.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Vertebrata Vertébrés Chordés possédant une colonne vertébrale et un crâne qui contient la partie antérieure du système nerveux.
Classe Aves Oiseaux Vertébrés à plumes, ovipares. Les membres antérieurs sont transformés en ailes.
Ordre Ciconiiformes Ciconiiformes Grands oiseaux échassiers avec de longues pattes et un long cou, vivant en général dans des lieux humides, d'où ils extraient leur nourriture.
Famille Scolopacidae Scolopacidés
Genre Arenaria
Espèce interpres

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