Etoile fouisseuse

Archaster typicus | Müller & Troschel, 1840

N° 3355

Indo-Pacifique

Clé d'identification

Etoile de mer très plate de couleur gris beige
Epines aplaties le long des bras
Plaques sur les bras bien alignées
Podia en forme de tube, terminés par une petite ventouse
Vit sur les fonds sablo-vaseux intertidaux

Noms

Autres noms communs français

Etoile de mer commune, étoile nettoyeuse de sable, étoile de mer de sable

Noms communs internationaux

Common sea star, common sand star, sand sifting star, pacific beach star (GB), Stella da sabbia (I), Estrella de la arena (E), Grabender Seestern (D)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Astropecten stellaris Gray, 1840
Archaster nicobaricus Behn in Möbius, 1859

Distribution géographique

Indo-Pacifique

Zones DORIS : Indo-Pacifique

Cette espèce se rencontre dans l'Indo-Pacifique, depuis la mer d'Andaman jusqu'à Hawaï et la Polynésie française et du sud du Japon à la Nouvelle-Calédonie.

Biotope

D'après la littérature, Archaster typicus vit sur les fonds meubles depuis la surface jusqu'à 60 m de profondeur.

Elle est en fait principalement rencontrée sur les fonds sablo-vaseux plats, riches en matière organique et largement découverts à marée basse. Elle est présente également dans les herbiers jusqu'à 1 m de profondeur (à marée basse).
Les observations sur des sédiments plus grossiers ou au delà de la zone intertidale* sont à confirmer, il s'agit probablement d'autres espèces du genre Archaster voire des Astropecten.
Les mangroves sont des nurseries pour les juvéniles, qui, lorsqu'ils seront devenus assez grands et forts, migreront vers le sable ou les herbiers.

Description

Archaster typicus est une étoile de mer aux 5 bras triangulaires allongés, pouvant atteindre 16 cm de diamètre. Le corps, très plat, est de couleur gris beige, parfois brun clair, avec parfois des mouchetures foncées : la face supérieure imite le sable plus ou moins grossier dans lequel vit l’animal.

Les plaques marginales des bras sont larges, bien visibles et forment comme une enfilade de bourrelets le long des bras. Ces plaques portent dans leur partie inférieure une longue épine plate et émoussée disposée perpendiculairement aux bras, en forme de spatule. Sur la face dorsale des bras, les plaques sont alignées, au moins celles de la partie centrale des bras (= plaques carinales), et forment comme une ligne distincte, ce qui est caractéristique du genre Archaster.

La plaque madréporique*, grosse et blanche, est très visible sur le disque central.
Les pédicellaires* sont en forme de pince.
Les podia*, présents sur la face inférieure (orale) sont en forme de tube, terminés par une petite ventouse.

Espèces ressemblantes

Archaster typicus est souvent confondue avec les étoiles-peignes du genre Astropecten, comme A. polyacanthus dans la même zone géographique et sur les mêmes types de fonds. Pourtant ces espèces n'appartiennent pas à la même famille, ni même au même ordre, on peut alors parler de convergence évolutive. Chez les Astropecten les bras sont plus triangulaires et courts ; les plaques sur la face dorsale des bras ne sont jamais disposées régulièrement et ne forment pas de lignes mais un tapis homogène ; les longues épines sur la marges des bras sont rondes et pointues et chez A. polyacanthus il y en a deux par plaque marginale, une dirigée vers le haut et une dirigée vers le bas ; les podia sont pointus, sans ventouse terminale ; enfin l'estomac ne peut pas être dévaginé.

Il existe deux autres espèces dans le genre Archaster , également présentes dans l'Indo-Pacifique, A. angulatus (océan Indien et mer Rouge) et A. lorioli (Seychelles et Mascareignes), mais ces deux espèces possèdent 2 ou 3 épines plates plus courtes par plaque marginale, ont une couleur tirant plus vers le brun rouge, et fréquentent des fonds moins vaseux et plus profonds.

Les espèces du genre Luidia, comme L. savignyi et L. maculata que l'on trouve également dans la même zone géographique et sur les mêmes types de fonds, ont elles aussi des épines le long des bras, généralement au nombre de 7 ou plus, le corps est moins aplati et plus granuleux. Elles sont beaucoup plus grandes, souvent plus de 20 cm de diamètre et leurs podia sont pointus, sans ventouse.

L’espèce Crapidaster hesperus partage les caractéristiques communes des Luidia et Astropecten : podia pointus, face aborale couverte de paxilles indifférenciées (petites piquants situés au bout d'une épine ), malgré ses grosses plaques marginales.

L’espèce Stellaster equestris a des piquants similaires mais plus clairsemés, et un disque central bien plus étendu et pentagonal ; les grosses plaques marginales recouvrent presque totalement les bras.

Alimentation

L'étoile fouisseuse est une espèce détritivore* qui se nourrit de matière organique et de détritus, animaux ou végétaux, présents sur et dans le sable. Elle dévagine son estomac verdâtre pour se nourrir. Du fait de son abondance, elle joue un rôle très important dans le nettoyage et l'aération du sable.

Reproduction - Multiplication

C'est une espèce gonochorique* c'est-à-dire qu'il existe des individus mâles et des individus femelles. Les gamètes* sont libérés en été dans la colonne d'eau où a lieu la fécondation.
Cette étoile de mer vivant le plus souvent dans très peu d'eau, a développé un mode de reproduction bien particulier et très rare chez les échinodermes. En effet, des couples se forment et l'on observe des pseudocopulations. Le mâle, plus petit, part à la recherche d'une femelle qu'il repère grâce à des phéromones. Il grimpe alors sur la femelle, ses bras alternant avec ceux de sa partenaire. Il est possible de voir des empilements de 2 mâles ou plus sur une même femelle. Il n'y a pas d'accouplement à proprement parler, chaque individu se contente de libérer ses gamètes dans l'eau directement au contact de l'autre. Mais cette proximité augmente la probabilité de rencontre des spermatozoïdes et des ovules. Les œufs puis les larves* ont une vie planctonique*.

De nombreuse étoiles de mer peuvent se reproduire de façon asexuée par scissiparité*. Cette reproduction n'a pas encore été observée pour cette espèce. Cependant, elle est capable de régénérer ses bras endommagés.

Vie associée

De petits gastéropodes de la famille des Eulimidés vivent parfois en parasites sur l'étoile fouisseuse, de même que des vers polychètes Ophiodromus sp que l'on peut retrouver près de la bouche ou dans les sillons ambulacraires sous les bras..

Divers biologie

Il n'est pas rare de trouver des individus avec seulement 4 bras ou au contraire 6, voire 7.

Cette espèce peut atteindre une vitesse de 43 m/h. Ses podia étant pourvus d'une ventouse, cette étoile peut escalader des obstacles ou grimper le long de la paroi en verre d'un aquarium.

Les pédicellaires ont un rôle très limité dans le nettoyage de la peau. A la place, cette étoile sécrète des substances antifouling* empêchant la fixation d'organismes sur sa peau.

Sa croissance est assez rapide et atteint jusqu'à 7 mm par mois la première année. L'étoile mesure alors 4 cm de diamètre. La croissance diminue par la suite et ne dépasse pas 2 mm par mois chez les individus au-delà de 6 cm de diamètre, une partie de l’énergie s’investissant alors dans la reproduction.

L'activité de l'étoile fouisseuse dépend de la marée. A marée haute pratiquement tous les individus sont ensablés et inactifs pour éviter principalement les prédateurs marins. Ils sortent du sable à la recherche de nourriture ou d'un partenaire pour la reproduction, un peu avant la marée basse et ne se ré-ensablent qu'un peu après, quand l'eau recouvre à nouveau le sable.
Pour s'enterrer, cette espèce utilise ses podia et ses piquants comme des petites pelles et s'enterre sur place. Elle ne rentre donc pas progressivement dans le sédiment en avançant comme le font les oursins ou certains poissons.

Quand une zone lui convient, elle peut être très abondante et représenter plusieurs dizaines d'individus par mètre carré.

Informations complémentaires

Abondante, facile d'accès et robuste, c'est l'étoile de mer la plus étudiée au monde après la couronne du Christ (Acanthaster plannci)

Sur le sable vaseux découvert à marée basse, l'étoile fouisseuse laisse des marques caractéristiques en forme d'étoiles après s'être enterrée.

De nombreux stéroïdes sont isolés à partir d'échinodermes et notamment d'Archaster typicus. Ces composés ont un intérêt médical pour l'homme, avec des propriétés anti-fongiques, anti-bactériennes, anti-virales et bien d'autres.

Réglementation

Il n'y a pas de réglementation concernant cette espèce. Cependant, elle se raréfie dans certaines régions d'Asie du Sud-Est où elle est ramassée en masse. En effet, il est très facile de la récolter à marée basse et elle se conserve très bien une fois séchée. Ainsi, elle est très souvent vendue comme souvenir aux touristes, autant en Amérique qu’en Europe : c’est l’une des espèces qu’on retrouve le plus sur les étals de souvenirs, avec Protoreaster nodosus.
Elle est également menacée par les activités humaines et l'aménagement du littoral qui se fait souvent au détriment de son habitat (notamment à Singapour).

Origine des noms

Origine du nom français

Le nom d'étoile de mer commune (et common sea star en anglais) est le plus utilisé pour cette espèce, mais il n'est pas pertinent : en effet dans chaque pays ou région, il y a des étoiles appelées « étoile de mer commune » et qui n'ont rien à voir avec Archaster typicus (rien qu’en France, ce sera Echinaster sepositus sur la côte méditerranéenne et Asterias rubens sur la côte atlantique). De même, l’expression « étoile de sable » ne la distingue pas des nombreuses Astropecten et Luidia, qui partagent le même mode de vie. C'est pourquoi sur DORIS nous avons préféré utiliser le nom d'étoile fouisseuse, qui caractérise plus cette espèce.

Origine du nom scientifique

Archaster : du latin [arch] = chef ou ancien et [aster] = étoile, que l'on peut traduire par chef des étoiles, dans le sens d'étoile la plus importante, la plus commune.

typicus : du latin [tipicus] = typique, car la forme de cette étoile à 5 branches est une forme typique d'étoile.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Echinodermata Echinodermes Symétrie radiale d'ordre cinq (chez les adultes). Squelette de plaques calcaires bien développé sous le derme. Présence d'un système aquifère auquel appartiennent les podia souvent visibles extérieurement.
Sous-embranchement Asterozoa Astérozoaires Echinodermes de forme étoilée. Les bras, simples et parfois absents, sont en nombre variable, et contiennent des organes.
Classe Asteroidea Astérides Organismes en forme d’étoile, libres. 5 à 50 bras, squelette réduit, estomac dévaginable. Ce sont les étoiles de mer.
Super ordre Valvatacea Valvatacés
Ordre Valvatida Valvatides Etoiles de mer à 5 bras arrondis et souples. Papules* respiratoires réparties sur la face dorsale.
Famille Archasteridae Archastéridés
Genre Archaster
Espèce typicus

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