Ascidie coloniale ovoïde

Aplidium proliferum | (Milne-Edwards, 1841)

N° 384

Méditerranée et Atlantique Nord-Est

Clé d'identification

Forme ovoïde ou en forme de champignon
Surface lisse et transparente
Large et court pédoncule
Trois points rouges sur chaque zoïde
Dominante jaunâtre
50 mm de haut au maximum

Noms

Noms communs internationaux

Colonial ascidian, colonial seasquirt (GB), Ascidia pennello (I), Ascidia colonial (E), Koloniebildende Seecheide (D)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Aplidium albicans
Aplidium commune
Aplidium nodiferum, très peu usité (ouvrage Mojetta A., Ghisotti A. et quelques sites Web italiens)
Amaroucium genre souvent retrouvé dans la littérature

Distribution géographique

Méditerranée et Atlantique Nord-Est

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Relativement fréquent dans toute la méditerranée, cet Aplidium est rencontré en Atlantique Nord-Est, de Gibraltar aux îles Britanniques, jusqu'aux côtes ouest de la Norvège. Mais pour les plongeurs elle reste une espèce méditerranéenne.

Biotope

C'est une espèce des fonds rocheux. On la rencontrera aussi dans l'herbier de posidonie, sur des algues et des coquilles. Elle affectionne les endroits peu éclairés de quelques mètres jusqu'à 30 mètres, rarement plus profond.

Description

La validité de cette espèce est contestée, Aplidium proliferum est un synonyme possible de A. nordmanni. Néanmoins, nos observations naturalistes nous font conserver ces deux déterminations pour ce qui est peut être pour les spécialistes une seule et même espèce (trés forte similitude de l'anatomie des zoïdes) rencontrée sous deux formes notablement différentes pour l'observateur sous-marin (voir la fiche Aplidium nordmanni).

Cette Aplidium forme des colonies ovoïdes, compactes en lobes un peu pédonculés de couleur jaunâtre à rougeâtre (parfois blanche), de consistance ferme et à la surface lisse. Elle prend fréquemment la forme d'un champignon au pied massif. La tunique commune est transparente, la taille peut atteindre 50 mm de haut. Alors que les petites (jeunes) colonies sont parfaitement lisses et semblent ne pas posséder d'ouverture à la surface, les colonies plus grosses (anciennes) montrent clairement les siphons buccaux et cloacaux sur toute la surface de la masse gélatineuse, à l'exception du large et court pédoncule basal. Les orifices inhalants bordés de six languettes forment des dessins polygonaux ou plus rarement méandriformes. Trois points rouges sont bien visibles autour de chaque siphon inhalant, deux points rouges sont rapprochés et orientés vers le siphon cloacal commun, le troisième est à l'opposé des deux premiers. Les siphons exhalants ne regroupent qu'un nombre réduit de zoïdes (6 généralement), ils sont répartis sur tout la surface de la colonie ovoïde, et sont bordés de belles languettes translucides issues de chacun des zoïdes associés (une languette par siphon cloacal, donc par zoïde). Les zoïdes sont jaunes ou rouges, ils sont souvent bien visibles sous la tunique commune qui est claire et translucide.

Espèces ressemblantes

Avertissement : les différentes espèces ascidies ne peuvent pas être déterminées avec certitude sur des photos, aussi bonnes soient-elles. Les éléments d'anatomie interne sont absolument nécessaires, même au niveau du genre. Si un plongeur averti, dans une localité limitée, peut grouper des spécimens dans une espèce donnée, cela n'est plus valable pour un autre individu et une autre région. D'où les innombrables confusions dans la littérature et les sites WEB. Ceci est particulièrement vrai pour cette espèce, Aplidium proliferum. D'autre part, seuls des représentants méditerranéens illustrent cette fiche. Vous trouverez sur le site de Bernard Picton des photos et des descriptions des formes Atlantique de certaines ascidies, mais A. proliferum n'y est pas décrite. ( Encyclopedia of Marine Life of Britain and Ireland ).

Aplidium conicum plus grand et en forme de cône (jusqu'à 200 mm) ressemble beaucoup à A. proliferum et s'en distingue par des rangées de perforations branchiales moins nombreuses. Les orifices inhalants forment des dessins nettement méandriformes et des pigments jaune/orange vif colorent la colonie. Mais bien que décrit comme présent en Méditerranée occidentale et en Adriatique, Aplidium conicum n'est vraiment fréquent que dans l'Adriatique septentrional sur des fonds sableux ou coquillers.

Aplidium elegans (Sidnyum elegans) : Les colonies de taille similaire (de 20 à 60 mm) forment des masses sans lobes marqués (petit coussinet). La couleur est vive, à dominante rose. L'implantation des zoïdes forme des méandres à la surface de la colonie. Les orifices inhalants sont surmontés d'une couronne blanche bordée de 8 languettes de couleur blanche. Atlantique, Manche et Méditerranée.

Morchellium argus espèce pédonculée, plus petite, à dominante jaune orangé et aux ponctuations rouges caractéristiques. Contrairement à A. proliferum, c'est en Atlantique qu'on la rencontrera en plongée.

Aplidium punctum espèce pédonculée, plus petite, plus claire (blanchâtre), souvent en groupe. Contrairement à A. proliferum, c'est en Atlantique qu'on la rencontrera en plongée.

Alimentation

Ces animaux sont des filtreurs microphages. Les Ascidies créent un courant d'eau (rentrant par les petits orifices inhalants individuels) grâce au mouvement des cils du pharynx pour attraper les particules en suspension (organismes suspensivores). Ce courant est aussi utilisé pour les échanges gazeux. Les particules sortent par le siphon exhalant.

Reproduction - Multiplication

La reproduction des ascidies coloniales présente une alternance de cycles sexués et asexués. Elles sont hermaphrodites, la fécondation est interne et le développement indirect.
Les périodes de reproduction sexuée pour cette espèce sont mal connues, les larves sont conservées dans l'atrium cloacal jusqu'à la fin de leur développement.
C'est par la reproduction asexuée que se forme la colonie (bourgeonnement à partir de l'individu souche).

Vie associée

Les colonies sont propres, sans épibiontes.

Divers biologie

Au toucher, ces ascidies composées se rétractent légèrement, elles sont fermes et lisses (gélatineuses).

Informations complémentaires

Cette ascidie (nommée Aplidium albicans et décrite comme méditerranéenne dans cette étude) fait l'objet de recherches dans le domaine médical. Il en a été extrait une molécule, l'aplidine (Dehydrodidemnin B commercialisée sous le nom Aplidin®), à la propriété anti-tumorale (antiviral, antiprolifératif).
L'aplidine est un agent inducteur de la mort cellulaire (des cellules leucémiques), caractérisé par une faible toxicité hématologique et une spécificité envers les cellules tumorales. Cette molécule fait actuellement l'objet d'essais cliniques poussés.

Origine des noms

Origine du nom scientifique

Aplidium : du grec [apl-] = simple et [-idium] = petit,
proliferum : du latin [proles], lignée et [facere], faire, et donc proliférer ou prolifique.
albicans : du latin [albico], être blanc. Certaines colonies sont très claires sur fond rose, d'où l'origine de l'ancien nom, A. albicans.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Chordata Chordés Animaux à l’organisation complexe définie par 3 caractères originaux : tube nerveux dorsal, chorde dorsale, et tube digestif ventral. Il existe 3 grands groupes de Chordés : les Tuniciers, les Céphalocordés et les Vertébrés.
Sous-embranchement Urochordata / Tunicata Urochordés / Tuniciers Chordés marins fixés (ascidies) ou pélagiques (thaliacés), solitaires ou coloniaux. Epaisse tunique cellulosique. Deux siphons, pharynx bien développé, la chorde larvaire régresse chez l'adulte (sauf chez les Appendiculaires).
Classe Ascidiacea Ascidies / Ascidiacés Tuniciers fixés. Solitaires ou coloniaux (seuls capables de bourgeonnement). Chorde uniquement au stade larvaire. Siphon inhalant au sommet, proche du siphon exhalant latéral. Souvent en eau peu profonde.
Ordre Aplousobranchia Aplousobranches Ascidies coloniales.
Famille Polyclinidae Polyclinidés Aplousobranches avec thorax, abdomen et post abdomen (où se trouvent les gonades et le cœur). Tunique sans incrustation calcaire.
Genre Aplidium
Espèce proliferum

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