Oyat

Ammophila arenaria | (L.) Link

N° 3982

Europe de l'Ouest et du Nord, Méditerranée

Clé d'identification

Plante érigée, de 0,5 à 1,2 m de hauteur
Feuilles longues (80 cm) et étroites, souvent enroulées sur elles-mêmes
Ligule longue, membraneuse et glabre, divisée en deux pointes aiguës
Inflorescence en épi d'épillets, de 7 à 30 cm de longueur
Une seule fleur par épillet
Rhizomes longs, se développant horizontalement et verticalement
Sur substrat sableux, souvent dunes mobiles

Noms

Autres noms communs français

Roseau des sables, gourbet, jonc des dunes, ammophile des sables, orge des sables

En Normandie, cette plante a différents noms locaux, tous dérivés du scandinave Melgras (herbe des sables) : melgreu (Barfleur), milgré (Agon Coutainville), milgreu (Dielette), milgru (Gatteville).

Noms communs internationaux

European beachgrass, marram grass (GB), Sparto pungende (I), Grama de las dunas, barrón (E), Gewöhnlicher Strandhafer, Meer-Sandgrass (D), Helm (NL), Marehalm (N), Sandrör (S)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Arundo arenaria L., 1753
Calamagrostis arenaria (L.) Roth, 1788
Ammophila arundinacea Host, 1809
Psamma littoralis P.Beauv., 1812
Psamma areneria Roem. et Sch., 1817
Phalaris maritima Nutt., 1818
Phalaris ammophila Link, 1821
Diarrhena littoralis (P.Beauv.) Raspail, 1825
Psammites arenaria (L.) St.-Lag., 1880
Psammites littoralis St.-Lag., 1880

Distribution géographique

Europe de l'Ouest et du Nord, Méditerranée

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord, Atlantique Nord-Ouest, Méditerranée française, Façade atlantique française

L'oyat est une espèce européenne. Elle comprend 2 sous-espèces qui n'ont pas la même répartition géographique et se distinguent par des caractères morphologiques subtils :

  • La sous-espèce arenaria est présente en Europe de l'Ouest et du Nord. En France, elle est visible sur le littoral de la façade atlantique française, Manche et mer du Nord.
  • La sous-espèce arundinacea (Husn.) H. Lindb. est présente au Portugal, sur le littoral méditerranéen, Corse incluse, et la mer Noire.

Elle a été introduite intentionnellement dans plusieurs pays, dont les USA, où elle est aujourd'hui considérée comme une espèce invasive.

Biotope

L'oyat est une espèce psammophile* (qui aime le sable). On la trouve naturellement sur les dunes mobiles et semi-fixées, où elle a aussi été largement plantée pour les stabiliser.

Cette plante se développe sur des sols bien drainés, pauvres en matières organiques et contenant moins de 1 % de sel. Elle supporte de grandes variations de température (de 10 à 40 °C).

Description

Ammophila arenaria est une plante érigée, presque glabre, ayant une tige raide. Elle mesure de 50 cm à 1,2 m de hauteur. La couleur est verte puis jaune pâle.

Les feuilles mesurent jusqu'à 80 cm de longueur et 6 mm de largeur, leur extrémité est piquante. Elles sont luisantes et lisses sur leur face inférieure, et marquées de nervures saillantes et pubescentes sur leur face supérieure. Ces feuilles sont raides et souvent enroulées sur elles-mêmes, mettant à l'abri la face supérieure quand l'air est sec.
La ligule* (petite languette à la jonction du limbe* et de la gaine) est très longue, membraneuse et glabre, divisée en deux pointes aiguës.

L'inflorescence* est un épi d'épillets* dense mesurant de 7 à 30 cm de longueur, de couleur blanc jaunâtre. Les épillets sont pédicellés*. Ils mesurent de 12 à 14 mm et sont comprimés latéralement. Ils portent une fleur unique, blanche, entourée de poils courts. Les glumes* (2 parties qui protègent les épillets) sont presque égales. La glumelle* (ou lemme) inférieure est velue, elle porte à sa base une touffe de poils de plus de 2 mm de longueur. La différentiation entre les 2 sous-espèces arenaria et arundinacea est basée sur la forme de cette glumelle :

  • subsp. arenaria : glumelle inférieure fertile longue de 7 à 10 mm, entourée de poils de 1,5 à 3 mm,
  • subsp. arundinacea : glumelle inférieure longue de 9 à 12 mm, entourée de poils de 2 à 5 mm.

Les fruits sont des akènes* dont la graine est soudée à la paroi (caryopses*). Ils sont glabres et de forme oblongue.

Les rhizomes* sont longs et se développent horizontalement et verticalement. Leur chair est blanche. Les jeunes pousses aériennes, principalement formées à partir des rhizomes verticaux, forment des touffes denses. Quand elles sont enfouies dans le sable, leur tige se transforme en rhizomes verticaux.

Les jeunes racines sont blanches et charnues, puis brunissent avec l'âge. On en décompte jusqu'à 4 par nœud.

Espèces ressemblantes

Les Poaceae (Poacées ou Graminées) sont nombreuses et parfois difficiles à différencier. Parmi celles que l'on peut rencontrer sur les sables du littoral, et qui possèdent un long rhizome, notons :

  • Elytrigia juncea, le chiendent à feuilles de jonc : plante herbacée vivace formant des touffes de 30 à 80 cm de hauteur. Les feuilles sont de couleur vert-glauque, de 10 à 30 cm de long et 4 mm de large, souvent enroulées sur les bords. La ligule est courte. L'inflorescence est formée d'épillets aplatis de 20 à 25 mm de longueur, contenant de 5 à 8 fleurs (floraison de juin à août). Cette espèce est présente sur toutes les côtes de métropole.
  • Sporobolus pungens, le sporobole piquant : plante herbacée vivace ayant des tiges de 10 à 30 cm de hauteur. Les feuilles sont de couleur vert-glauque, enroulées et pointues, de 2 à 10 cm de long et 2 à 5 mm de large. Elles sont nombreuses et disposées sur 2 rangées. La ligule est remplacée par des poils. L'inflorescence est formée d'épillets mesurant 3 mm de longueur, portant une fleur de couleur verte ou rose (floraison de juillet à octobre). Cette espèce est uniquement présente en Méditerranée.

Aucune de ces deux espèces ne présente à la fois une hauteur atteignant près d’un mètre de haut, un port en grosse touffe dense, de longues feuilles raides et de longues inflorescences denses, en épis.

Juncus acutus, le jonc aigu, est une Poale de la famille des Juncacées, qui peut se rencontrer sur les plages du littoral, bien qu'il ne soit pas spécifique de ce lieu de vie. C'est une plante vivace, pouvant atteindre 1,5 m de hauteur, formant de gros bouquets de tiges brun vert, nues et épaisses. Les feuilles sont très pointues. L'inflorescence est formée d'épillets de 4 à 6 mm de longueur. On le reconnaît facilement à ses fruits formant des grappes de capsules ovales de couleur marron. Cette espèce est subcosmopolite. Elle est présente notamment sur la façade de l'océan Atlantique, de la Manche, et des côtes méditerranéennes de France.

Alimentation

Comme tout végétal, l'oyat élabore sa matière organique carbonée par photosynthèse* à partir de dioxyde de carbone, en utilisant la lumière comme source d'énergie. Son système racinaire lui permet d'absorber l'eau et les éléments minéraux.

Reproduction - Multiplication

L'oyat est une plante vivace*, hermaphrodite* protandre* (d'abord mâle, puis femelle). Le pollen est disséminé entre les individus par le vent (pollinisation anémogame). Les graines tombent à proximité de la plante mère (dissémination barochore). La plante produit des inflorescences* au minimum 2 ans après la germination, puis fleurit chaque année (de mai à août) jusqu'à ce qu'elle n'ait plus qu'une existence végétative.

L'oyat se propage surtout de manière végétative par son rhizome*, qui se développe horizontalement sous la surface des sables colonisés.

Vie associée

Ammophila arenaria vit en communauté avec d'autres plantes du littoral sableux, présentes sur les dunes mobiles telles que l'anthémis maritime (Anthemis maritima), le liseron des sables (Convolvulus soldanella), le cakilier maritime (Cakile maritima), le chiendent à feuilles de jonc (Elytrigia juncea), le panicaut maritime (Eryngium maritimum), la giroflée des dunes (Matthiolia sinuata), l'euphorbe des sables (Euphorbia paralias), le sporobole piquant (Sporobolus pungens) ...

Les insectes profitent de l'abri que la plante constitue contre la chaleur et la sécheresse et se nourrissent des fleurs, des graines ou de la sève. Certains ont leur cycle de vie lié à l'oyat : le diptère Meromyza pratorum se nourrit principalement de l'oyat, les racines de l'oyat servent de refuge à la larve du coléoptère Zabrus inflatus. De petits mammifères peuvent aussi se nourrir de la plante.

Divers biologie

Les feuilles se déploient par temps humide puis s'enroulent sur elles-mêmes pour éviter la déshydratation en cas de sécheresse.

L'oyat est très tolérant à la mobilité du sable et peut supporter d'être enseveli jusqu'à 1 m de profondeur. Dans ce cas, les rhizomes développent rapidement des pousses verticales. Les racines se situent souvent à 1 m de profondeur, voire 2 m.

La partie aérienne agit en coupe-vent et favorise le dépôt de sable, elle permet ainsi la « construction » de la dune.

Informations complémentaires

L'oyat est planté depuis le XVIIe siècle pour fixer les dunes.

Réglementation

Cette espèce n'est pas réglementée et est souvent plantée intentionnellement. Néanmoins, elle est notée dans la liste des espèces invasives par l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) car il est difficile de contrôler sa propagation une fois qu'elle est installée. Dans les zones où elle est introduite, elle peut entrer en compétition avec les plantes locales et les éliminer.

Origine des noms

Origine du nom français

La plupart des noms français font référence au milieu sableux et aux dunes où cette plante se rencontre. Ammophile des sables est la francisation du nom scientifique de cette espèce.

L'étymologie du nom oyat n'est pas connue. Ce nom est d'origine picarde.

Origine du nom scientifique

Ammophila : du grec [ammos] = sable et [philos] = qui aime.
arenaria : du latin [arena] = sable, lieu de vie de cette plante.

L'affinité de cette plante pour le sable est doublement notée dans son nom.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Magnoliophyta Angiospermes Plantes à fleurs dont les graines fécondées sont renfermées dans un fruit.
Classe Liliopsida Monocotylédones Un seul cotylédon* dans la graine. Les nervures des feuilles sont parallèles.
Sous-classe Commelinidae Commélinidées
Ordre Poales Poales
Famille Poaceae Poacées Graminées.
Genre Ammophila
Espèce arenaria

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