Peigne operculé

Aequipecten opercularis | (Linnaeus, 1758)

N° 2298

Atlantique Nord-Est, Manche, Mer du Nord, Méditerranée

Clé d'identification

Valves convexes, circulaires et de même taille (9 cm d'envergure)
2 oreilles de longueur inégale
Entre 16 et 20 côtes rayonnantes à section arrondie
Couleur extrêmement variable : rose, violet, orange, jaune, brun...
Teinte unie ou agrémentée de bandes, de rayures ou de taches

Noms

Autres noms communs français

Pétoncle blanc, pétoncle operculaire, vanneau

Cette espèce a beaucoup de noms vernaculaires, selon les régions : amande, caouquilla, caouquilla de magelouna, grand pétoncle, noix de St-Jacques, olivette, olivette de mer, olivier, pageline, pèlerine, petite palourde, petite vanne, pétoncle, pétoncle du large, pétoncle vanneau, picheline, sillette, vannette, vanne, vannet... Attention, certains de ces noms s'appliquent à plusieurs espèces du genre Chlamys.

Noms communs internationaux

Queen scallop (GB), Reisemantel, kleine Pilgermuschel (D), Volandeira, xelet (E), Wijde mantel (NL)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Pecten opercularis
Chlamys opercularis
Linnaeus, 1758
Ostrea opercularis Linnaeus, 1758
Pecten subrufus Pennant, 1777
Ostrea solaris Born, 1778
Pecten lineatus Da Costa, 1778
Pecten pictus Da Costa, 1778
Ostrea dubia Gmelin, 1791
Ostrea elegans Gmelin, 1791
Ostrea radiata Gmelin, 1791
Ostrea regia Gmelin, 1791
Ostrea versicolor Gmelin, 1791
Pecten audouinii Payraudeau, 1826
Pecten cretatus Reeve, 1853
Pecten daucus Reeve, 1853
Pecten vescoi Bavay, 1903

Distribution géographique

Atlantique Nord-Est, Manche, Mer du Nord, Méditerranée

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

La distribution du peigne operculé s'étend sur les côtes de l'Atlantique Est depuis la Norvège et les îles Féroé jusqu'à l'Espagne, les Canaries et les Açores. L'espèce est également présente en Manche ainsi qu'en Méditerranée.

Biotope

Les juvéniles (jusqu'à 2 cm de diamètre) restent fixés par leur byssus* sur des cailloux, des rochers, ou d'autres coquilles. Les adultes vivent librement sur des fonds meubles (sable, graviers) ou détritiques. On les trouve depuis la surface (marées basses de vive eau) jusqu'à 100 m de profondeur, parfois 200 m.

Description

Aequipecten opercularis ressemble à une coquille Saint-Jacques en plus petit : son envergure ne dépasse pas les 9 centimètres. Les 2 valves sont convexes et de même taille, la valve gauche (supérieure) étant légèrement plus convexe que la droite (inférieure), plus plate. Au niveau de la charnière on observe 2 oreilles de longueur inégale, avec une petite encoche pour le passage du byssus*, filament secrété par l'animal pour se fixer. La forme de la coquille est presque circulaire. Sur chaque valve, on distingue entre 16 et 20 côtes rayonnantes à section arrondie. L'animal possède un double manteau* blanchâtre marbré de gris, de brun ou de noir dont le bord est frangée de cils et de longs tentacules entre lesquels on trouve 35 à 40 petits yeux bleus. Le pied est assez développé et permet à l'animal de s'enfouir dans le sédiment. La couleur des valves est extrêmement variable et souvent vive : du blanc crème au rose pâle en passant par le rose, le violet, l'orange, le jaune, ou le brun clair. De plus, on peut rencontrer sur certains individus des bandes en zigzag, des rayures ou des taches de teintes plus claires ou plus foncées.

Espèces ressemblantes

Aequipecten opercularis peut être confondu avec les coquilles Saint-Jacques (Pecten maximus et Pecten jacobeus) mais la coquille de ces dernières peut atteindre 16 centimètres, leur valve gauche est plate et non convexe et les oreilles situées au niveau de la charnière sont égales et symétriques.

Citons également les chlamys (comme Mimachlamys varia) dont les coquilles sont cependant symétriques, bombées et écailleuses.

Alimentation

Cette espèce a un régime suspensivore : elle se nourrit exclusivement de matière organique et de plancton en filtrant l'eau grâce à ses branchies.

Reproduction - Multiplication

Aequipecten opercularis est une espèce hermaphrodite* protandre*, c'est-à-dire qu'elle porte les organes des deux sexes, qu'elle change de sexe au cours de sa vie et qu'elle est d'abord mâle puis ensuite femelle. Dans le cas du peigne operculé, le changement de sexe peut avoir lieu plusieurs fois au cours de sa vie. La reproduction se fait grâce à l'émission en pleine eau des œufs et des spermatozoïdes, au printemps et en été. Après la fécondation éclosent des larves nageuses qui, après une courte vie pélagique*, se posent sur le fond et se fixent. Elles se transforment alors en juvéniles ayant déjà la forme des adultes. Quand ils ont atteint une taille de 1,5 à 2 cm, les juvéniles se détachent et deviennent libres.

Vie associée

La coquille des peignes operculés est souvent colonisée par des éponges qui lui assurent un camouflage et une relative protection contre les étoiles de mer. En se déplaçant, le peigne operculé évite aux éponges d'être broutées par des nudibranches.
Elle peut aussi servir de support à de nombreux autres organismes : algues, hydraires, bryozoaires, synascidies, balanes, spirorbes, pomatocères, crépidules...

Divers biologie

Les prédateurs de cette espèce sont les étoiles de mer, les poulpes et certains crustacés.

L'espérance de vie varie entre 4 et 8 ans en fonction des conditions du milieu.

Les petits yeux du peigne operculé ne distinguent que la lumière mais aucun détail ; ce sont les tentacules qui détectent les vibrations de l'eau et ordonnent la fermeture des valves.

Le muscle adducteur* est très puissant : en "claquant" des valves, le pétoncle peut nager vigoureusement.

Informations complémentaires

Aequipecten opercularis est très recherché pour sa valeur gustative, il est pêché par chalutage et par dragage et est fréquemment vendu sur les étals des poissonniers.

Il est aussi ramassé sur l'estran en pêche à pied lors des grandes marées.

Origine des noms

Origine du nom français

Peigne operculé est la traduction directe du nom scientifique.
Pétoncle blanc : du latin [pectunculus] = petit peigne, dérivé lui même de [pecten] qui signifie peigne, en référence aux rainures de la coquille qui évoquent un peigne.
Attention : le mot pétoncle peut être employé pour désigner plusieurs espèces différentes.

Origine du nom scientifique

Aequipecten : du préfixe [aequi] = semblable, identique, et du latin [pecten] = peigne, en référence aux rainures de la coquille qui évoquent un peigne ;

opercularis : du latin [operculum] = couvercle, soit un mollusque dont les 2 valves sont pectinées, identiques, et dont une sert de couvercle.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Mollusca Mollusques Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies.
Classe Bivalvia / Lamellibranchia / Pelecypoda Bivalves / Lamellibranches / Pélécypodes Mollusques aquatiques, filtreurs, au corps comprimé latéralement. Coquille composée de 2 valves articulées disposées de part et d’autre du plan de symétrie. Absence de tête, de pharynx, de radula et de glande salivaire.
Sous-classe Pteriomorphia Ptériomorphes Muscle adducteur postérieur développé, antérieur réduit.
Ordre Pectinida Pectinides
Famille Pectinidae Pectinidés

Coquille plate, arrondie, avec des côtes ou des plis radiaux. De part et d'autre du crochet, des "oreilles". Le bord du manteau porte de nombreux tentacules sensoriels et des yeux. Un seul grand muscle adducteur.

Genre Aequipecten
Espèce opercularis

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