Eolis sanguine

Aeolidiella sanguinea | (Norman, 1877)

N° 4326

Atlantique Nord-Est jusqu'aux Açores

Clé d'identification

Ensemble du corps jaune pâle, orange ou rouge
Pointes des rhinophores et des cérates blanches
Cérates de la même couleur tout le long du corps
Nombreux cérates courts et en rangées serrées
Sole pédieuse blanche

Noms

Noms communs internationaux

Verborgen vlokslak (NL)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Eolis sanguinea Norman, 1877
Aeolis croisicensis Labbé, 1923

Distribution géographique

Atlantique Nord-Est jusqu'aux Açores

Zones DORIS : Atlantique, Manche et mer du Nord françaises, Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Cette espèce a été observée sur la côte atlantique française (île de Ré, Le Croisic, Fouras, ria d'Etel, La Tranche sur mer...). Elle a également été observée en Irlande (première description par Norman en 1877), dans le sud de l'Ecosse, au Portugal et aux Açores.

Biotope

Cette espèce peut être trouvée sous les pierres, à faible profondeur où elle se nourrit d'anémones de mer.

Description

C'est certainement la plus rare des Aeolidiella de notre côte atlantique, et la plus grande : elle peut mesurer jusqu'à 56 mm.
L'ensemble du corps, y compris les cérates*, les rhinophores*, les tentacules* buccaux et les tentacules pédieux*, est jaune pâle, orange ou rouge (selon le régime alimentaire), seules les pointes des rhinophores et des cérates sont blanches. La sole* pédieuse est également blanche. Il n'y a pas de collerette blanche derrière les rhinophores.
Les tentacules oraux et les rhinophores sont lisses et pas très longs. Les rhinophores sont un peu plus courts que les tentacules. A la base des rhinophores, on peut distinguer deux petits points noirs : les taches oculaires. Les tentacules pédieux sont bien visibles.
Les cérates sont assez nombreux, plutôt courts. Ils sont à peu près tous de la même taille et implantés en rangées serrées de part et d'autre du corps, tout en laissant généralement (mais pas toujours) voir celui-ci sur sa partie médiane.

Espèces ressemblantes

Les Aeolidiella sont assez difficiles à distinguer les unes des autres, mais certains caractères sont déterminants.

Il existe deux autres Aeolidiella sur nos côtes :

  • Aeolidiella glauca (Alder & Hancock, 1845) : blanche à brune ; cérates serrés laissant une zone libre sur l'avant du dos ; pas de "collerette" claire derrière la tête ; tentacules oraux et rhinophores lisses avec des pointes blanches. Elle peut supporter une légère dessalure* et semble absente de Méditerranée.
  • Aeolidiella alderi: (Cocks, 1852) : cette espèce est un peu plus petite et surtout elle présente une "crinière blanche" (des cérates plus petits sur les premiers rangs derrière les rhinophores, avec de grands cnidosacs* blancs). La présence de cette collerette blanche distingue A. alderi de A. sanguinea qui n'en possède pas. L'éolis d'Alder vit en eau peu profonde (jusqu'à 10 m) et pond sous les pierres. A. alderi pond de gros œufs et ses larves* ont un développement direct (pas de phase planctonique*).

Il existe également deux espèces plus grandes et plus aplaties : Aeolidia papillosa et A filomenae.

  • Aeolidia papillosa (Linnaeus, 1761) : le corps est large, peu élevé et peut mesurer jusqu'à 120 mm de long. Les cérates sont nombreux (jusqu'à 25 rangées de 8 à 12), ils sont allongés et minces, jamais aplatis. Leur diamètre est uniforme sur la plus grande partie de leur longueur. Leur coloration est plus sombre que le reste du corps. Leur extrémité est blanc-beige. Le gonopore* est localisé entre le 6ème et le 8ème rang de cérates du côté droit.
  • Aeolidia filomenae Kienberger, Carmona, Pola, Padula, Gosliner & Cervera, 2016 : cette nouvelle espèce décrite en 2016 est très proche d'Aeolidia papillosa. Quelques différences peuvent être notées : les cérates de A. filomenae sont plus aplatis, légèrement en forme de crochet et présentent une coloration plus pâle que le reste du corps. Le gonopore est situé entre le 4ème et le 5ème rang.

Alimentation

Aeolidiella sanguinea se nourrit d'anémones de mer comme : la tomate de mer Actinia equina (Linnaeus, 1758) qu'elle semble préférer et de la sagartie des vases Sagartia troglodytes (Price in Johnson, 1847), la sagartie élégante Sagartia elegans (Dalyell, 1848), le sagartiogéton blanc Sagartiogeton undatus (Müller, 1778), l'anémone flammée Diadumene cincta (Stephenson, 1925), l'anémone solaire Cereus pedunculatus (Pennant, 1777) et l'aiptasie verte Aiptasia mutabilis (Gravenhorst, 1831).
Comme la grande majorité des éolidiens, l'espèce possède une radula*.

Reproduction - Multiplication

Comme tous les éolidiens, cette espèce est hermaphrodite*. Sa ponte consiste en un fin cordon enroulé, lisse, avec des interruptions à intervalles réguliers, adhérant étroitement au substrat*. Pour les individus plus âgés, les derniers tours de ponte sont festonnés.
Des larves véligères* éclosent et partent dans le plancton*. Les larves sont planctotrophiques*.

Vie associée

Comme les autres Aeolidiella, l'éolis sanguine est l'hôte de copépodes* ectoparasites* comme Doridicola agilis Leydig , 1853 et certainement de Splanchnotrophus angulatus Hecht, 1893.
En général, on remarque d'abord les sacs d'œufs de ces parasites parmi les cérates du nudibranche.

Divers biologie

La coloration des individus dépend de leur alimentation.

Dans les genres Aeolidiella et Aeolidia, la radula présente des conformations très proches et ne permet généralement pas une discrimination interspécifique sur ce simple point.

Informations complémentaires

Cette espèce semble rare.

Origine des noms

Origine du nom français

Eolis sanguine : traduction du nom scientifique de cette espèce. Proposition de l'équipe DORIS.

Origine du nom scientifique

Aeolidiella : diminutif de Aeolidia, du grec [Aeolis] = fille d'Eole, dieu grec du vent.

sanguinea : du latin [sanguineus] = sanglant, teinté de sang, de couleur du sang, ceci en référence à la couleur que l'animal peut présenter.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Mollusca Mollusques Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies.
Classe Gastropoda Gastéropodes Mollusques à tête bien distincte, le plus souvent pourvus d’une coquille dorsale d’une seule pièce, torsadée. La tête porte une ou deux paires de tentacules dorsaux et deux yeux situés à la base, ou à l’extrémité des tentacules.
Ordre Nudibranchia Nudibranches Cavité palléale et coquille absentes chez l’adulte. Lobes pédieux souvent absents aussi. Respiration cutanée, à l’aide de branchies, de cérates ou d’autres appendices. Tête portant une ou deux paires de tentacules, les tentacules postérieurs ou rhinophores peuvent parfois être rétractés dans des gaines. Principalement marins ou d’eau saumâtre.
Famille Aeolidiidae Eolidiidés Éolidiens au corps large, rhinophores et tentacules buccaux simples sans lamelles, pas de tentacule pédieux, cérates nombreux (non groupés) laissant le milieu du dos libre.
Genre Aeolidiella
Espèce sanguinea

Nos partenaires