Corail corne de cerf

Acropora cervicornis | (Lamarck, 1816)

N° 538

Zone caraïbe, mais absent du reste de l’Atlantique tropical Ouest

Clé d'identification

Branches en forme de cornes de cerf
En buisson massif jusqu'à 2,5 m
Calices rugueux et saillants, cylindriques
Chaque branche portant un calice terminal blanc

Noms

Noms communs internationaux

Staghorn coral (GB), Coral candelabro (E)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Madrepora cervicornis Lamarck, 1816
Madrepora attenuata Brook, 1893

Distribution géographique

Zone caraïbe, mais absent du reste de l’Atlantique tropical Ouest

Zones DORIS : Caraïbes

Grande Caraïbe, d'est en ouest : du golfe du Mexique jusqu'à la Barbade, du nord au sud : des Bahamas jusqu'au Venezuela.
Absent aux Bermudes et au Brésil.

Biotope

A. cervicornis est présent dans des eaux claires et calmes, de la proche surface jusqu'à une vingtaine de mètres maximum.
On le trouve par exemple dans les lagons, sur zone sableuse et sur la zone peu profonde de pentes externes.

Description

Colonies arborescentes composées de branches longues et grêles en forme de cornes de cerf, enchevêtrées, de couleur claire (blanc crème à beige jaunâtre).
La colonie forme un massif de taille variant de 20 cm à 2,5 m
Chaque branche possède des calices rugueux et saillants, en forme de cylindre, et se termine par un calice blanc tubulaire.

Espèces ressemblantes

Aucune dans la zone géographique ; ressemblance avec Acropora formosa présent dans l’Indo Pacifique.
Acropora palmata, espèce voisine, se différencie par des branches très aplaties qui lui donnent un aspect tabulaire.
Il faut aussi ne pas confondre les Acropora avec d'autres formes branchues : les Porites branchus et les Madracis branchus, dont les branches sont toujours courtes et les calices ne font pas saillie sur la surface de la branche.

Alimentation

Comme tous les madréporaires constructeurs, cette espèce se nourrit, pour les deux tiers de ses besoins alimentaires, de composés carbonés issus de la photosynthèse* grâce à la présence symbiotique* de zooxanthelles* dans ses tissus. Pour le tiers restant, alimentation hétérotrophe* par prédation sur petites proies de type vers, larves, animaux de très petite taille, capturés par les tentacules de l'animal qui délivrent un venin paralysant ses victimes.

Reproduction - Multiplication

Les colonies sont hermaphrodites* (elles portent les deux sexes) et se reproduisent par émission de gamètes* mâles et femelles après les phases de pleine lune, durant la saison cyclonique des Caraïbes (septembre-octobre).
La fécondation a lieu en pleine eau, les œufs se développent en donnant des larves* (planula*) qui après fixation vont créer de nouvelles colonies.

Vie associée

Une relation symbiotique existe avec des algues unicellulaires (zooxanthelles*) : il y a un échange de composés carbonés et de CO2 (dioxyde de carbone) issu de la respiration du polype. Cette symbiose facilite la construction de calcite (calcaire) du squelette de l'animal.

On note souvent la présence de petits poissons récifaux de plusieurs espèces autour de la colonie, afin de trouver refuge en cas d'agression.

Divers biologie

La croissance est extrêmement rapide (10 cm par an) en comparaison des autres scléractiniaires, mais présente une fragilité importante face aux maladies, à l'apport de sédiments et aux agressions mécaniques liées à sa morphologie branchue.

Informations complémentaires

Cette espèce comme tous les scléractiniaires, est sensible aux hausses de température du milieu ; lorsque celle-ci dépasse les 30 °C, les zooxanthelles quittent leur hôte, laissant la colonie corallienne toute blanche (disparition des pigments photosynthétiques) mais encore vivante ; si ce phénomène perdure au delà de plusieurs semaines ou mois, alors l'animal meurt par manque d'apport alimentaire ; ce phénomène est appelé : blanchissement ou mort blanche des coraux.

En 2005, la colonne d'eau abritant les colonies coralliennes de la Caraïbe a subi une température de plus de 29 °C durant une période de 6 mois ; 50 à 60 % des coraux ont blanchi (parfois plus) ; en 2006 la moitié de ces coraux blanchis sont morts, apportant ainsi à la zone Caraïbe son plus fort blanchissement observé.

Actuellement Acropora cervicornis est sans doute une des espèces les plus menacées de la région Caraïbe. La fragilité de ses branches en fait une victime des cyclones et des fortes tempêtes, l'espèce se localise donc dans des secteurs relativement abrités, qui sont aussi les plus touchés par la pollution et la vase en provenance des travaux agricoles et routiers.

Réglementation

Convention de Washington (CITES) annexe 2 : c'est donc une espèce dont la commercialisation, sans être interdite, est soumise à la règlementation des pays signataires :
Arrêté préfectoral pêche de la Guadeloupe (2002).
Statut d'espèce protégée aux Etats-Unis depuis 2003.
Son statut est noté "critique" sur la liste rouge de l'UICN de nov. 2012 : 80 % des populations ont disparu dans les 30 dernières années.

Origine des noms

Origine du nom français

L'aspect branchu de cette espèce fait penser à des cornes de cerf.

Origine du nom scientifique

Acropora : du grec [acros] = pointe, extrémité, et [por-] = passage, détroit pour « extrémité terminée par un tube ».
cervicornis : du latin [cervus] = cerf, et [cornus] = corne. Donc « en forme de cornes de cerf ».

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Cnidaria Cnidaires

Organismes aquatiques (marins pour la plupart) libres ou fixés, carnivores, principalement à symétrie radiaire, caractérisés par des cellules urticantes : les cnidocytes. Deux morphologies principales : le polype et la méduse. La larve est une planula.

Classe Anthozoa Anthozoaires Cnidaires exclusivement marins, solitaires ou coloniaux, uniquement sous la forme polype (jamais de phase méduse dans le cycle de vie).
Sous-classe Hexacorallia / Zoantharia Hexacoralliaires / Zoanthaires Anthozoaires coloniaux ou solitaires, tentacules lisses, polypes à symétrie d’ordre 6.
Ordre Scleractinia Scléractiniaires / Madréporaires Hexacoralliaires coloniaux (quelques espèces solitaires) produisant un exosquelette calcaire abritant de petits polypes.
Sous-ordre Astrocoeniina Astrocoéniinés
Famille Acroporidae Acroporidés
Genre Acropora
Espèce cervicornis

Nos partenaires