Bucarde hérissée

Acanthocardia spinosa | (Lightfoot, 1786)

N° 3452

Méditerranée

Clé d'identification

Coquille cordiforme, ventrue, à valves symétriques
Couleur fauve
33 à 37 côtes rayonnantes à crête axiale
Epines nombreuses, courtes et fines
Umbos centrés et renflés
Intérieur blanc
Profondes cannelures radiales internes

Noms

Autres noms communs français

Bucarde hérissonnée, bucarde à côtes serrées, bucarde épineuse

Noms communs internationaux

Sand cockle (GB), Berberecho espinosa (E)

Autres noms scientifiques parfois utilisés, mais non valides

Cardium spinosum Lightfoot, 1786
Cardium erinaceum Lamarck, 1819
Cardium erinaceus
Lamarck, 1819

Distribution géographique

Méditerranée

Zones DORIS : Méditerranée, Atlantique, Manche et mer du Nord

Acanthocardia spinosa est présente dans tout le bassin méditerranéen. Elle vit également en Algarve sur la côte sud du Portugal.

Biotope

Cette bucarde préfère les fonds de sédiments mixtes à teneur plus forte en vase. Sa distribution bathymétrique s’étend de l’étage infralittoral* à l’étage circalittoral* jusqu’à 250 m de profondeur environ.

Description

Cette grande bucarde, cordiforme et ventrue, peut atteindre 95 à 100 mm de diamètre. La coquille, assez épaisse et lourde, est formée de deux valves symétriques munies de 33 à 37 côtes radiales, légèrement bombées et munies d’un sillon médian ; très serrées, elles sont séparées par un petit canal. Le bord ventral est bien arrondi alors que le bord dorsal est plus tronqué que chez les autres espèces d’Acanthocardia lui donnant un aspect plus quadrangulaire.

Les umbos* sont centrés et renflés et le ligament externe corné apparaît pratiquement rectiligne. Le bord extérieur de chaque valve est très nettement crénelé. Les épines sont plus nombreuses, plus courtes et plus fines que chez les autres bucardes ; elles sont réparties plus uniformément sur la coquille, cependant on observera que celles du côté antérieur ont tendance à s’élargir plus ou moins en spatules.

La couleur de la coquille est plutôt claire : fauve, blanchâtre à brunâtre. On note quelques cas d’albinisme décrits sous la variété alba. La coquille est recouverte d’un fin périostracum*. L’intérieur de la coquille est de couleur blanche avec de profondes cannelures radiales de la marge ventrale jusqu’au creux du sommet. Les empreintes des deux muscles adducteurs* sont pratiquement égales de forme et la ligne palléale* est continue sans sinus*.

On observe sur la valve gauche deux dents cardinales de taille identique, une dent latérale antérieure proéminente et une latérale postérieure plus faible. Sur la valve droite on observe deux petites dents cardinales qui se superposent et deux dents latérales antérieures et une postérieure.

Le pied de l'animal qui se situe à la base de la masse viscérale est comprimé latéralement et bien développé (il peut mesurer jusqu’à deux fois la longueur de la coquille) ; il sert à l’enfouissement. Il a la particularité de se gonfler ou de se dégonfler grâce à un afflux de sang.

Espèces ressemblantes

Acanthocardia aculeata (Linnaeus, 1758) : les deux valves symétriques sont sculptées d'une vingtaine (20 à 26) de côtes rayonnantes, sans sillon médian. Les épines de forme triangulaire sont pointues et blanches. Elles peuvent atteindre 1 cm de haut. Elle est présente en Atlantique Nord-Est et en Méditerranée

Acanthocardia echinata Linnaeus, 1758 : la bucarde rouge possède 18 à 23 côtes rayonnantes à crête axiale et des épines coniques et pointues reliées par des arêtes concaves. Elle est présente sur toutes les côtes françaises métropolitaines de la frontière belge à la frontière italienne.

Acanthocardia deshayesii (Payraudeau, 1826) : la bucarde de Deshayes est de grande taille (65 mm), a une coloration claire (blanchâtre à brunâtre) et possède 16 à 19 côtes et des épines en forme d'écaille creuse. Méditerranée uniquement.

Acanthocardia tuberculata (Linnaeus, 1758) : la bucarde tuberculée a une épaisse coquille, de couleur inégalement brun brillant, et des épines courtes et trapues, parfois noduleuses nettement séparées les unes des autres. Elle peut atteindre une taille maximum de 9 cm. Présente en mer du Nord, en Manche, en Atlantique Nord-Est et en Méditerranée.

Alimentation

La bucarde est un filtreur* suspensivore* microphage* qui se nourrit de phytoplancton* et de minuscules particules organiques. Enfouie dans le sédiment, elle utilise son siphon* inhalant qui en dépasse pour filtrer l'eau qui lui apporte oxygène et nourriture créant ainsi un courant qui circule dans sa cavité palléale*. Les déchets non métabolisés* sont rejetés par le siphon exhalant.

Reproduction - Multiplication

Bien que la reproduction chez cette espèce soit très peu documentée, il semble qu’Acanthocardia spinosa soit une espèce constituée d’individus mâles et femelles (espèce gonochorique*). La fécondation a lieu dans l’eau de mer.
Les œufs donnent naissance à des larves* véligères* qui après quelques jours dans le plancton* et après plusieurs métamorphoses* vont se déposer sur le fond et se transformer en individus juvéniles identiques en tous points à leurs parents.

Vie associée

Son ennemi principal est l’étoile de mer ; pour échapper à ce prédateur sa seule fuite est l’enfouissement favorisé par son pied musculeux puissant ou par des séries de sauts en raidissant brusquement son long pied sur le fond.

Divers biologie

On a observé dans des récoltes au sud du Portugal un phénomène d’hybridation avec Acanthocadia aculeata.

Les siphons sont courts et légèrement séparés. Ils portent autour de l’orifice de fins tentacules blancs. Ils présentent peu de différence avec les autres familles de Cardiidés.

Les petits points colorés que l’on peut observer sur le bord du manteau et sur les siphons sont de petits yeux rudimentaires photorécepteurs.
Chez les vieux individus les épines peuvent être usées.

Informations complémentaires

Cette bucarde est comestible. Bien que sa chair ne soit que d’un intérêt culinaire moyen elle peut être consommée seule ou agrémentée de pâtes, blancs de poireaux ou champignons.
Elle est également utilisée comme appât notamment pour la pêche à la dorade ou au baliste.

Cette espèce, comme d’autres Acanthocardia, peut être récoltée à l’état fossile dans des terrains sédimentaires du Pliocène (- 5 Ma) en Italie par exemple. Les Acanthocardia sont présentes de l’Oligocène supérieur (-23 Ma) à l’époque actuelle.

Origine des noms

Origine du nom français

Bucarde : du grec [bous] = bœuf et [kardia] = cœur ; le nom décrit la forme générale de la coquille ressemblant à celle d'un cœur de bœuf.
hérissée : les valves sont hérissées d’épines pointues.

Origine du nom scientifique

Acanthocardia : du grec [akantha] = épine et du grec [kardia] = cœur ; le nom fait donc référence à la fois aux épines des côtes et à la forme de cœur de la coquille.
spinosa
: du latin [spinosus] = couvert d’épines, épineux comme la coquille de cette espèce.

Classification

Termes scientifiques Termes en français Descriptif
Embranchement Mollusca Mollusques Organismes non segmentés à symétrie bilatérale possédant un pied musculeux, une radula, un manteau sécrétant des formations calcaires (spicules, plaques, coquille) et délimitant une cavité ouverte sur l’extérieur contenant les branchies.
Classe Bivalvia / Lamellibranchia / Pelecypoda Bivalves / Lamellibranches / Pélécypodes Mollusques aquatiques, filtreurs, au corps comprimé latéralement. Coquille composée de 2 valves articulées disposées de part et d’autre du plan de symétrie. Absence de tête, de pharynx, de radula et de glande salivaire.
Sous-classe Heterodonta Hétérodontes Charnière à dents dissociées. Siphon bien développé permettant aux organismes de se nourrir et de respirer tout en restant enfouis.
Ordre Cardiida Cardiides
Famille Cardiidae Cardiidés

Coquille fermée en forme de cœur. Côtes radiales fortes avec parfois présence de longs tubercules. Bord des valves crénelé.

Sous-famille Cardiinae Cardiinés
Genre Acanthocardia
Espèce spinosa

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